Mine à ciel ouvert et village en péril au Portugal pour les voitures électriques

La voiture électrique est la cause du projet minier d'extraction de 200 000 T de lithium/an. Les terres menacées sont détenues collectivement par les villageois et reconnues comme patrimoine agricole mondial par les Nations Unies. " Il y a de l'eau partout ! Quand on commence à mélanger l'eau avec la roche, la pierre, c'est une forme de destruction ". Les investisseurs sont britanniques.

https://fr.euronews.com/2021/04/23/une-region-agricole-du-portugal-menacee-par-le-boom-des-batteries

"Nous voulons bien entendu sortir des énergies fossiles, mais nous devons connaître les impacts réels de cette transition énergétique et l'un d'eux concerne l'exploration minière du lithium," estime Paula Nunes da Silva, présidente de Quercus (association nationale pour la préservation de la nature).

"Le lithium sera nécessaire, mais qu'allons-nous faire de ces batteries et de la transformation du lithium ? En tant qu'ONG environnementale, nous avons certains doutes," insiste-t-elle.

Le sort de Covas do Barroso dépend désormais de l'accord final du gouvernement. Bien que l'étude d'impact environnemental ait été validée, le projet de mine doit encore passer par une consultation populaire. Selon la municipalité de Boticas qui englobe le village, la majorité des citoyens sont contre le projet malgré les promesses de la société minière d'offrir 200 emplois directs.

"95% de la population est contre la mine car nous n'avons pas beaucoup de chômeurs : ceux qui vont y travailler seront des gens qui viennent d'ailleurs, qui arrivent le matin en camionnette et qui repartent vers d'autres municipalités à la fin de la journée," assure Fernando Queiroga, maire de Boticas. "Cela ne créera pas de richesse, cela détruira les emplois que nous avons dans le tourisme rural, la gastronomie, l'agriculture."

Le gouvernement portugais pourrait surmonter les oppositions à la mine en invoquant l'intérêt national et exproprier les propriétaires terriens.

Le berger Paulo Pires estime lui que Covas do Barroso paie les conséquences des ambitions climatiques de l'Europe. "Je ne suis pas contre le lithium, mais je ne suis pas d'accord pour que l'on vienne polluer mon village et d'autres villages comme le mien afin de dépolluer les villes."

Si du lithium est un jour extrait de ses pâturages, le berger affirme qu'il n'aura d'autre choix que de quitter son village.

Un village qui illustre l'un des paradoxes de la transition énergétique européenne où des communautés rurales et durables sont sacrifiées au nom de la protection de l'environnement.

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