Smaïn Laacher : " Pas de vraie crise migratoire, mais une crise du droit d'asile "

Après une semaine critique sur la question migratoire, de L'Aquarius aux Etats-Unis en passant par la Hongrie et l'Italie, un mini-sommet doit se tenir demain, à Bruxelles. Enjeu: éviter la fracture européenne sans tomber dans les peurs identitaires et les fausses perceptions.

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L’Aquarius, avec à son bord les 629 migrants vivants, est donc arrivé dimanche 17 juin à Valence en Espagne. Mais mercredi 20 juin, journée mondiale des réfugiés, le HCR (l'agence des Nations Unies pour les réfugiés) indiquait que deux cents migrants avaient péri en mer au large des côtes libyennes, l’Italie annonçait vouloir expulser les Roms, la Hongrie votait un arsenal législatif visant à punir d’un an de prison l’aide aux migrants, Donald Trump, aux Etats-Unis, assumait la décision de séparer 2300 enfants de leurs parents entrés illégalement sur le sol américain, et quittait le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. 

Ce dimanche doit se tenir à Bruxelles un mini-sommet sur « la crise migratoire » que les pays d’Europe centrale vont boycotter. Comment répondre autrement que par la peur et le rejet?

Notre invité est Smain Laacher, sociologue, professeur à l’université de Strasbourg. Il a  travaillé sur l’immigration et les déplacements de populations. Il évoque avec nous le fonctionnement de la Cour nationale du droit d'asile à laquelle il a siégé quatorze ans en tant que juge assesseur : 

J'ai longtemps pensé qu'il ne fallait pas y chercher la vérité, inaccessible, mais chercher à croire, ou à faire confiance, dans une configuration où prime la défiance. 

Pour aller plus loin : 

Le site du Haut commissariat de l'ONU au réfugiés (HCR). 

L'article des "Décodeurs" du Monde "Comprendre la hausse des demandes d’asile en quatre graphiques". 

Musique de fin : la chanson Ye Ye Ye du chanteur Geoffrey Oryema dont a appris la disparition cette nuit à l'âge de 65 ans. 

Il avait fuit l'Ouganda du régime d'Amin Dada en 1977. Il avait confié en 2002 « je ne pourrai plus vivre ailleurs qu’en France, ce pays m’a tendu les deux bras ». En 2016 il a donné son nom et son soutien à un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile à Bobigny.

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