Hace : de l’énergie avec les petites vagues mais Macron n'y croit pas

La société girondine Hace a mis au point une machine capable de produire de l’hydrogène vert avec la force des vagues. Elle fournira l'énergie la moins chère au monde, la plus décarbonée et la plus stable assure son fondateur Jean-Luc Stanek mais il lui manque les fonds pour lancer la production. Par Anabelle Grelier

https://www.franceculture.fr/economie/hace-produit-de-lenergie-avec-les-petites-vagues-mais-la-france-ny-croit-pas-encore

Reconnus par une dizaine de prix internationaux, le projet Hace est aujourd’hui au point mort. La start-up a organisé une levée de fonds, mais elle ne parvient pas à boucler son budget pour passer à la prochaine étape. Il lui manque deux millions d’euros pour fabriquer un démonstrateur pré-industriel.

Hace n’est pas le seul à travailler sur la force de la houle. Mais la plupart des autres projets nécessitent d'aller chercher au large les plus fortes vagues quand Hace peut produire de l’électricité avec des petites vagues de faible amplitude :

" Aujourd’hui on peut prouver qu’on produit l’énergie la moins chère de la planète, moins de deux centimes d’euros du Kwh, la plus décarbonée à 0,5 grammes, c’est 20 fois moins que le nucléaire ou l’éolien. C’est aussi la plus stable : des petites vagues, il y en a tout le temps et les vagues sont plus fortes le soir et en hiver donc en parité avec la consommation des ménages. Elle est parfaite pour produire de l’hydrogène et de l’eau douce. Parfaite donc pour répondre aux besoins de base de l’humanité ! "   

Jean-Luc Stanek -  prix 2019 de l'innovation des assises européennes de la transition énergétique

La technologie houlomotrice n’aurait pas atteint sa maturité selon les hauts fonctionnaires de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) qui dépend du ministère de la Transition écologique et ils ne l'ont donc pas  inscrite dans la programmation pluriannuelle de l’Energie, la PPE qui court de 2019 à 2028.

Exclue de la feuille de route de l’Etat français pour le développement des énergies renouvelables, l’énergie houlomotrice est donc exclue des financements et d'avenir sur notre territoire alors que 350 brevets ont été déposés dans le monde sur la technologie houlomotrice.

La question est donc de savoir si la France sera capable de retenir ses talents ou si elle ratera le train comme avec l’éolien off-shore.

La puissance publique porte une grande responsabilité dans la réussite d’une filière qui doit pouvoir industrialiser pour diminuer ses coûts.

Les hauts fonctionnaires du ministère de la Transition écologique changeront-ils d’avis sur l’énergie houlomotrice ?

Réponse en 2023, date prévue de la prochaine revoyure du plan de programmation de l’énergie.

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