Boeing 737 Max : Quand l'informatique fait tomber les avions (qui piquent)

Un constructeur d'avion ajoute des ligne de code au programme d'aide au pilotage d'un avion dont la conception déséquilibrée le fait piquer du nez. Ces lignes de code n'ont pas été validées et elles ne garantissent pas la pertinence des commandes qu'elles donnent automatiquement. C'est ainsi que se vendent des millions des appareils qui tuent pilotes et passagers.

https://www.franceculture.fr/emissions/superfail/le-boeing-737-max-8-est-il-dangereux

L'avion vole déjà mal sans informatique. On lui a greffé des moteurs trop gros qui obligent de les placer en avant des ailes plutôt que dessous. Ce qui déplace le centre de gravité vers l'avant et le déséquilibre au point de piquer.

Boeing a donc pensé pouvoir remédier à l'affaire grâce à l'ingénierie informatique, qui n'est toutefois pas capable de modifier les lois de la physique.

Un ordinateur ne sera jamais capable de faire voler un fer à repasser par l'effet de seuls algorithmes.

Mais voilà qu'en plus, cette informatique n'est pas au point et qu'elle prive même les pilotes de pouvoir reprendre la main s'il l'avion tombe (sur instruction de cette informatique).

Enfin, pour être sur d'en vendre un peu plus et un peu mieux, le constructeur aurait oublié de préciser à ses candidats acquéreurs que son avion est déséquilibré et que le système informatique de base n'est pas le système complet prévu pour le rééquilibrer, présentant ce dernier système complet comme une option, au prix d'une option.

La sécurité étant devenue une option dans l'esprit des constructeurs d'avions et les Etats n'étant pas très pressés de poursuivre les vendeurs, il ne reste plus qu'à se souhaiter Bon voyage Bonne chance...

 

Mise à jour :

Reuters : La FAA juge "adaptée" la mise à jour du logiciel du 737 MAX

16 avril 2019 Par Agence Reuters

à rapprocher de :

- " l’incorporation du moteur est moins évidente que pour Airbus. D’abord parce que l’avion est issue d’une architecture dessinée dans les années 60 mais aussi parce que les trains d’atterrissage du 737 étant plus petits que ceux de l’A320, ils obligent à légèrement aplatir le dessous de la nacelle, l’enveloppe qui protège le moteur. En outre, les moteurs étant plus grands et plus lourds que les précédents, il faut pour rétablir l’équilibre aérodynamique installer un dispositif pour contrebalancer leur poids : le fameux MCAS. " (Usine nouvelle).

- " Pour Gregory Travis, un ingénieur logiciel chevronné et un pilote expérimenté, qui a piloté des simulateurs d’aéronefs aussi gros que le Boeing 757, le MCAS, qui a été ajouté à l’origine dans un esprit de sécurité accrue n’a pas besoin d’être corrigé avec plus de complexité ou de logiciels. Il doit être purement et simplement supprimé. L’ingénieur souligne également que cet avion est défectueux. Pour le réparer, il n’est pas possible de le faire sans déplacer les moteurs et sans les éloigner de leur position actuelle. Cela signifie qu’il faudrait revoir la conception de l’appareil. Et donc sortir des mises à jour logicielles ne changerait pas grand-chose au défaut de conception de l’appareil. " (Boeing 737 MAX, pourquoi une mise à jour logicielle ne peut pas compenser son défaut de conception)

Une enquête judiciaire fédérale est en cours :

" Des procureurs fédéraux et des fonctionnaires du ministère des Transports examinent attentivement le développement des avions de transport 737 MAX de Boeing", affirme le quotidien américain. Et de souligner : "Aux États-Unis, il est très inhabituel pour les procureurs fédéraux d’enquêter sur les détails de l’approbation réglementaire concernant la conception des avions commerciaux et de passer par une enquête criminelle pour examiner en profondeur les relations entre la FAA et le plus grand constructeur d’avions ". (Usine nouvelle)

 

Il y a une obligation de résultat en matière de sécurité dans les transports : Obligation de sécurité de résultat du transporteur – Gazette du Palais

Tout constructeur d'avion doit donc démontrer et garantir contractuellement que son produit tient l'air et vole sans ordinateur avant d'évoquer une mise à jour informatique.

Le vendeur a une obligation d'information à l'égard des compagnies.

Cette obligation n'a pas été respectée puisque le constructeur n'a pas conseillé efficacement aux compagnies d'acquérir les avions avec le système de sécurité complet.

 

La presse ne peut pas se contenter de rapporter des déclarations qui méprisent la sécurité des consommateurs sans s'en rendre complice.

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