Calais : la justice ordonne des mesures d’aide, maire et préfet veulent faire appel

Le juge des référés ordonne la mise en place de dispositifs pour venir en aide aux migrants de Calais, « pour éviter que les personnes concernées soient exposées à des risques de traitements inhumains et dégradants ».

http://www.lavoixdunord.fr/183541/article/2017-06-26/la-justice-ordonne-des-mesures-d-aide-maire-et-prefet-veulent-faire-appel

Le juge des référés du tribunal administratif de Lille a été saisi la semaine dernière par onze associations d’aide aux migrants qui lui demandaient d’enjoindre les autorités à prendre des mesures pour mieux prendre en charge les migrants de Calais. Dans sa décision rendue ce lundi soir, il refuse d’ordonner la création à Calais d’un centre d’accueil d’urgence pour les migrants, mais ordonne des mesures pour leur venir en aide : création de points d’eau, de sanitaires ou encore autorisation des distributions de repas.

« Laisser les associations continuer à distribuer les repas »

Il ordonne ainsi le renforcement des maraudes à destination des mineurs, la création, «  selon des modalités qui restent à déterminer entre l’ensemble des acteurs concernés  », de plusieurs points d’eau et de sanitaires, et le renforcement du dispositif d’accès à des douches «  réservé jusqu’à présent aux personnes malades et en particulier à celles atteintes de la gale  ».

Il oblige aussi les autorités «  à laisser les associations continuer à distribuer les repas  » dans les conditions déjà fixées par le juge des référés, dans une ordonnance du 22 mars dernier. Il ordonne enfin l’organisation de départs vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO), pour une mise à l’abri d’urgence.

«  Ces mesures doivent commencer à être exécutées dans un délai de dix jours  », précise le tribunal administratif de Lille.

Pour rappel, onze associations avaient saisi le juge des référés il y a une dizaine de jours. L’audience s’était déroulée au tribunal administratif de Lille mercredi dernier, en présence de nombreux associatifs, mais aussi de représentants de la préfecture du Pas-de-Calais et de la maire LR de Calais Natacha Bouchart. Ce jugement intervient alors que les bénévoles qui viennent en aide aux migrants font part des difficultés rencontrées ces dernières semaines par les associations pour distribuer de la nourriture, mais aussi des propos tenus par le Défenseur des droits Jacques Toubon, la semaine dernière (celui-ci avait dénoncé une atteinte aux droits «  inédite et d’une exceptionnelle gravité  »).

 

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Sur l'incohérence et la contradiction du discours de l'exécutif :

Libération : A Calais, la politique de Gérard Collomb : la fermeté sans l'humanité et Migrants: Macron appelle «à la plus grande humanité»

 

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France culture : Accueil des migrants, loi antiterroriste : le Défenseur des droits passe à l’offensive

" Pour ce qui concerne les droits fondamentaux, la situation à Calais était d’une gravité inédite et sans précédent. Jusqu’à la fin de la semaine dernière, tout était fait pour que ces personne soient privées de nourriture et de boisson. J’ai entendu le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dire « Nous en viendrons à bout ». Nous sommes dans une politique qui refuse l’application des droits fondamentaux à ces personnes, alors que ces droits sont universels et d’application inconditionnelle. "

 

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Migrations: des associations demandent une conférence nationale

Par Carine Fouteau

Lors d'une réunion à l'Élysée, lundi, des associations ont mis en garde l'État contre les réponses « à court terme ». Le même jour, le tribunal administratif de Lille a ordonné la mise en œuvre, à Calais, de mesures visant à « éviter que les migrants soient exposés à des traitements inhumains et dégradants ».

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