Harry Potter, un roman plus militant qu'il n'y paraît

Vingt ans déjà qu'Harry Potter est devenu le plus célèbre des sorciers. Le 26 juin 1997 sortait "Harry Potter à l'école des sorciers", premier roman d'une saga qu'on ne présente plus. Un succès d'édition qui a repoussé les frontières entre littératures adolescente et adulte.

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Loin de s'astreindre à un genre littéraire, J. K. Rowling a préféré emprunter à plusieurs d'entre eux, à commencer par les contes de fées et la fantasy. Harry Potter n'est ainsi rien d'autre que le traditionnel héros à l’enfance malheureuse, orphelin, qui va s’accomplir en devenant “le héros qui est un élu, qui est prédestiné, qui a une quête qui lui fait incarner le bien contre le mal, précise Béatrice Bomel-Rainelli. Mais ce qui est frappant c’est la transformation de cela : alors que la fantasy a une idéologie aristocratique sur le thème de l’élection, Rowling, qui est une femme de gauche, se moque de cette tradition et va la miner. Elle amène une critique de ce thème. La résolution de l’énigme qu’est Harry Potter montre qu’il n’a rien de spécial : ce qui a fait son élection c’est qu’il a été choisi comme étant son ennemi par Lord Voldemort. Harry Potter n’est un élu que parce qu’il a été cru un élu.”

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Plus qu’un roman qui s’attache à ne pas être manichéen - une rareté dans le domaine de la fantasy-, Harry Potter est un roman politique. Hermione Granger, personnage féminin fort et probablement le moins faillible du trio de héros, dont l’influence sur une génération de jeunes lectrices n’est plus à prouver, est ainsi considérée comme un personnage féministe. Elle est d’ailleurs une des seules à dénoncer les mécaniques d’oppression, subies ici par les autres créatures magiques, dont les deux autres héros se désintéressent totalement.

Le féminisme est représenté par Hermione Granger, mais il y a également les combats contre ce que représentent les Serpentards, c’est-à-dire le nazisme, toute idéologie raciste qui veut la domination d’un groupe sur l’autre par revendication d’un sang pur, poursuit Béatrice Bomel-Rainelli. _Il y a chez elle la dénonciation politique de l’obéissance par principe : je repense à une phrase d’Harry Potter qui, quand il va obéir, rétorque qu’il faut qu’on mérite qu’il obéisse, alors qu’on est dans un roman de pensionnat, et dans les romans de pensionnat traditionnels, comme chez Kipling, il y a le "fitting", qui consiste à casser les personnalités en grande partie pour que les gens puissent s’adapter au monde tel qu’il est._"

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