Un Brexit sans accord pourrait mener à une réunification de l'Irlande

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar met en garde son homologue britannique Boris Johnson. Un retour à une frontière «dure» entre les deux Irlande pourrait pousser ces dernières à unir leur destin AFP/LT

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Un Brexit sans accord pourrait mener à une réunification de l'Irlande du Nord et mettre à mal le Royaume-Uni, a déclaré le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

«L'une des choses qui pourrait vraiment nuire (au Royaume-Uni), paradoxalement, c'est un Brexit dur, tant pour l'Irlande du Nord que pour l'Ecosse«, a déclaré Leo Varadkar vendredi lors d'une université d'été dans le comté de Donegal. «C'est un problème qu'il leur faudra affronter», a-t-il ajouté, cité samedi par plusieurs médias dont le quotidien The Irish Independent.

Abolition du «backstop»

Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson réclame de l'Union européenne un nouvel accord de divorce avec notamment «l'abolition» du "filet de sécurité" irlandais, une demande aussitôt jugée «inacceptable» par le négociateur de l'Union européenne (UE) Michel Barnier.

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Le «filet de sécurité», auquel tient Leo Varadkar, vise à éviter après le Brexit le retour de contrôles à la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et sa voisine la République d'Irlande, membre de l'UE.

"Des gens que l'on pourrait qualifier de nationalistes modérés ou de catholiques modérés, qui se satisfaisaient plus ou moins du statu quo, regarderont davantage vers une Irlande unifiée", a poursuivi M. Varadkar.

«Et de plus en plus vous verrez des protestants libéraux, des unionistes libéraux commencer à se demander où ils se sentent le plus chez eux», a-t-il ajouté. «Est-ce dans un Royaume-Uni nationaliste qui discute de rétablir éventuellement la peine de mort et ce genre de choses? ou bien est-ce dans la maison commune européenne et l'Irlande?»

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Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a accusé vendredi à Belfast Boris Johnson de mettre «délibérément» le Royaume-Uni sur «la voie d'un choc frontal» avec l'UE.

Retour des violences?

En 1998, la signature de l'accord «du Vendredi saint» avait mis fin à trois décennies de "troubles" en Irlande du Nord, des violences opposant républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l'Irlande, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique.

L'Irlande redoute qu'en cas de sortie sans accord de l'UE la réapparition d'une frontière terrestre et de contrôles entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande provoque une résurgence des violences.

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