La pugnacité de la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez

Les USA ont-ils du attendre l'élection d'une femme pour montrer l'exemple et défendre la démocratie, l'Etat de droit ? Fin octobre, la démocrate a interrogé au Congrès le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, le laissant sans voix. Un exemple à suivre pour d'autres pays.

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Ce n'est pas une partie de plaisir pour ses interlocuteurs. Depuis qu'elle a été élue représentante d'une circonscription de New York, en 2018, la jeune démocrate Alexandria Ocasio-Cortez ne cesse de briller devant le Congrès. A plusieurs reprises, elle a notamment mené des interrogatoires incisifs.

Le 23 octobre dernier, c'était face à Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. "A quelle date avez-vous appris pour Cambridge Analytica ?", lui demande-t-elle d'emblée. S'ensuit une succession d'indécisions de la part du patron du réseau social. "Vous ne savez pas... C'est le plus gros scandale de données personnelles qu'a connu votre société, ça a eu des conséquences catastrophiques sur l'élection présidentielle de 2016 et vous ne savez pas...", lui répond alors Alexandria Ocasio-Cortez.

Quelques mois plus tôt, en février, elle avait fait face au Comité d'éthique, leur proposant "un rapide jeu" pour dénoncer la corruption chez les élus. "Je vais faire le méchant", commence-t-elle dans une séquence diffusée par CNN (en anglais). "Je veux m'en tirer avec le plus de choses mauvaises possibles, idéalement pour m'enrichir et faire avancer mes intérêts, même si cela signifie les faire passer avant le peuple américain. Si je veux lancer une campagne qui est entièrement financée par les comités d'action politique des entreprises, y a-t-il quelque chose qui m'en empêche légalement ?", pose-t-elle. "Non", lui répond-on. 

"Maintenant je suis élue. J'ai le pouvoir de faire du lobbying et de construire les lois qui régissent les Etats-Unis. Fabuleux. Y a-t-il une limite claire, en ce qui concerne la législation que je suis autorisée à toucher ? Y a-t-il des limites aux lois que je peux écrire ou influencer ?", continue la représentante. "Il n'y a pas de limites." Dans cet extrait comme dans d'autres, Alexandria Ocasio-Cortez enchaîne les questions, appelant à des réponses claires.

"Poser des questions aux experts présents dans ces comités, c'est une façon de dépolitiser son propos", commente pour L'Obs un spécialiste de la rhétorique, Adrien Rivierre. De quoi déstabiliser ses interlocuteurs. Dans le dernier exemple, ils en viennent à certifier que le petit jeu de rôle proposé par Alexandria Ocasio-Cortez pourrait "s'appliquer au [gouvernement américain] actuel".

 

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