Rencontre avec une Signare.

« Je me souviendrai toujours, des paroles de cette vielle femme de la ville de Saint Louis, au Sénégal, descendante des Signares, fumant une pipe, vêtue d’une robe très élégante, avec une grande coiffe de forme conique, rencontrée près d’un Tamarinier: je la cite: « Nous ne voulons plus jamais revoir, ces maudites goélettes, trois mats, ou bien galions, en escale devant l’ile de Gorée ».

femme signare © archives ile de Gorée Senegal

« Je me souviendrai toujours des paroles, de cette vielle femme de la ville de Saint Louis au Sénégal, descendante des Signares, fumant une pipe vêtue d’une robe très élégante, avec une grande coiffe de forme conique, rencontrée près d’un Tamarinier: je la cite:
« Nous ne voulons plus jamais revoir, ces maudites goélettes, trois mats, ou bien galions, en escale devant l’ile de Gorée ».que pouvais je répondre à cela pris dans l’émotion ?
La France a trés longtemps refusé d’admettre, qu’elle a été directement impliquée dans le commerce triangulaire, l’esclavage, puis la traite négriere, car sans aucun doute, elle en a été l’un des principaux acteurs.
Au fil de mes voyages en Afrique, j’ai pu en faire le constat déplorable, insupportable, car il subsiste et demeure encore de nos jours, sous d’autres formes.
j’ai donc été amené à me poser la douloureuse question : qu’en est il aujourd’hui de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière ?
Je constate que le processus persiste toujours, d’un point de vue politique, puis économique. Les pays occidentaux, en particulier l’Europe, plus précisement la France, pratiquent une domination sur certains pays afin de preserver leurs intérêts. L’Afrique est il encore le grenier de la France ?
En sociologie: l’asservissement est la mise en servitude, en esclavage, en domination ou en aliénation, d'un peuple,d'un pays, d'une civilisation, de ses richesses, qu’elles soient environnementales, pétrole, gaz, uranium, diamant, schiste, charbon, phosphate, or, ou biens culturelles, pillage du patrimoine, masques, statues, objets sacrés, profits sur la main d’œuvre, celui ci impose une attitude un comportement d’asservissement donc rend le second à l’état d’esclave.
Notre pays protège ses intérêts, en permettant à des chefs d’états d’être élus d’office, en profitant de leurs peuples, en imposant une dictature par l’intermédiaire de guerres, de conflits en tous genres. Alors me direz vous, rien à changer ? si bien sure: la forme mais certainement pas le fond. Alors comment palier à cette problématique à l’avenir ?
L’indépendance des états, la création des états unis d’Afrique, la création de la ligue des pays méditerranéens, la réévaluation des alliances entre les pays du Nord et ceux du Sud, réétudier le concept: France Afrique.
Mais surtout, sociologiquement et humainement, revoir la manière dont on traite les peuples, à leurs justes valeurs, tout simplement pour ce qu’ils sont, et non pour ce à quoi ils pourraient nous servir. » 

Patrick Compas: En hommage à l'Afrique, aux Caraïbes, Antillais puis Africains morts durant la période de l'esclavage puis coloniale .

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.