Souvenirs de Saigon

Ce matin là, il faisait très chaud à Ho Chi Mihn City. Dans la moiteur, la chaleur tropicale, je prenais mon pdj à l’hôtel continental Saigon, ancien fief, QG des journalistes écrivains. Albert Londres, Jacques Chancel, Lucien Bodard, Jean Larteguy, Premier contact avec la population, une élégante demoiselle aux yeux en amandes, cheveux longs, noirs lisses.

Saigon © agence vietnamienne d'informations

Ce matin là, il faisait très chaud à Ho Chi Minh City. Dans la moiteur, la chaleur tropicale, je prenais mon pdj à l’hôtel continental Saigon, ancien fief, QG des journalistes écrivains. Albert Londres, Jacques Chancel, Lucien Bodard, Jean Larteguy. Premier contact avec la population une élégante demoiselle aux yeux en amandes, cheveux longs, noirs lisses, en queue de cheval qui me servit un café à la vietnamienne, dans un cadre raffiné, de style coloniale, avec une délicatesse, une précision hors normes, avec un Français châtié.

Premier jour au Vietnam, au travers de son regard, je ne pouvais oublier ce qui fut les plus atroces guerre de l’histoire, Indochine, Dien Bien Phu en 1954.Viet Cong,Viet Minh, le nord contre le sud 1955 à 1975, le napalm ,l’agent orange,  toutes ces images filmées avec talents dans le film Apocalypse Now de Coppola.
je voulais comprendre pourquoi ? comment ? qui ? pour quelles raisons ? cela s’imposait il fallait me rendre à travers le pays du Sud au Nord en passant par le Centre, rencontrer toutes les générations, savoir ce qu’était le Vietnam d’hier,d’aujourd’hui, de demain.
Saigon, ville moderne, bruyante, une fourmilière,  scooters, vélos , jeunes, vieux qui vont, qui viennent, sans arrêts, de jour comme de nuit, ici c’est le commerce ,le business, pas de temps à perdre avec l’autre, on avance, on oublie, on prépare le futur, comme son voisin fraternel la Chine.

Hanoi © pcompas

On construit l’avenir à coup de building, à plusieurs étages, le moindre m2 est exploité.On ne parle pas, on est pressé. Je me dirigeais donc vers Can Tho au Sud, vers le delta du Mékong, embarquais sur un sampan, vers les villages flottants,  une immersion totale. Premiers obstacles, la langue, ici pas de français, pas d’anglais,  je sors un lexique vietnamien et j’essaye de baragouiner, pas facile, on se moque, on refuse de me répondre, j’insiste, soudain les langues se lâchent, on me demande d’où je viens ? de quel pays ? quelle ville ? Paris France. Les regards se figent, s’expriment ,s’illuminent, la discussion commence alors, autour d’une cigarette.
"A quoi sert de parler du passé ?" une vielle me répondit , on a souffert de ces conflits,ce qui nous importent à présent,c’est l’avenir de nos enfants,un monde meilleurs,comme le disait Ho Chi Minh,le grand architecte du Vietnam ».
Pas simple d’aborder des sujets qui fâchent, je partais donc sur le champ,vers le nord,vers Hué ancienne capitale impériale,Dalat, Nha Trang ancienne capitale du royaume des Chàm, Danang ville nouvelle,en traversant le col des nuages,la rivière aux parfums,afin d’arriver à Hanoï puis la baie d’Halong.
C’est dans le silence des rizières puis à bord d’une jonque,que j’en apprendrai plus sur ce pays,empreint d’un système communiste bien roder ,envers ceux qui posent trop de questions seulement voilà,il y a toujours des résistants qui parlent,pour exprimer un certain désarroi à propos d’un gouvernement qui fatigue,une Chine envahissante,la pollution,la corruption,la différence de mentalité qui divisent,subsistent encore entre le Nord puis le Sud,les problèmes économiques, politiques, avec le Cambodge,la jeunesse qui efface le passé,se moquent des coutumes,des règles,des traditions ,ne désirent qu’une chose vivre en paix,faire évoluer le pays pour rivaliser Hong-Kong, Bangkok, Singapour. je quittais Hanoi,son quartier colonial,ses rues animées,dynamiques,authentiques,sa jeunesse fougueuse,avec un sentiment de doutes,quand à l’avenir de ce pays,pris dans le souffle du grand Dragon.

 Vietnam femme soldat © Avi

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