GAZA ET L'ANTISEMITISME

L'interdiction de manifestations de solidarité à l'égard du peuple Palestinien décrétée par le ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, sous le couvert de l"'antisémitisme" prêté aux manifestants, est un exemple unique en Europe, alors que la bande de Gaza est à nouveau victime de bombardements meutriers des forces armées d'Israël.

La bande de Gaza a fait l'objet depuis 2009 de quatre attaques israéliennes: en 2009, en 2012, en 2014  et, maintenant,à partir du 11 mai 2021. Et avec quels résultats?

En 2009, en l'espace de 22 jours (27 décembre 2008-18 janvier 2009), 1 434 Palestiniens sont tués dont 1 259 civils parmi lesquels 288 enfants; parmi les Israéliens, 3 civils et 6 soldats. En 2012, en l'espace de 7 jours (14 novembre-21 novembre 2012), 103 Palestiniens dont 30 enfants, et 4 civils israéliens sont tués. En 2014, en l'espace de 50 jours (8 juillet-26 août), 2 251 Palestiniens sont tués parmi lesquels 1 462 civils dont 551 enfants et 11 231 sont blessés dont 7 000 femmes et enfants avec des pertes israéliennes de 67 soldats et 6 civils dont un enfant. Depuis l'année 2 000,  près de 9 000 Palestiniens ont été tués et 75 000 blessés par les forces israéliennes. Ces chiffres proviennent tant des Nations Unies, de la chaîne britannique BBC  que des organisations humanitaires israéliennes. Depuis ce 11 mai, en quelques jours,  ce sont plus de 150 morts et 600 blessés du côté palestinien et 6 morts du côté israélien. Quand cette macabre comptabilité prendra t-elle fin?

L'infrastructure de Gaza - écoles, hôpitaux, centres de soins, entreprises, réseau d'adduction d'eau, habitat urbain - constitue la cible des bombardements. Les Nations-Unies informaient en 2015 que 50 % de la population active se trouvait désormais sans emploi et 108 000 personnes n'avaient plus de toit. L´Organisation Mondiale de la Santé estimait que 20% de la population de Gaza avait besoin de soins dans le domaine de la santé mentale. Le directeur du programme d'assistance de l'ONU pour les territoires palestiniens, Roberto Valent,  estimait au cours d'un entretien avec le correspondant de l'Associated Press qu'il faudrait au moins 30 ans pour reconstruire les bâtiments détruits par l'armée israélienne depuis la précédente offensive (2014). Peu d'immeubles ont été reconstruits depuis lors, compte tenu du blocus exercé sur les importation de ciment par Israël et, depuis l'arrivée au pouvoir du maréchal Abdel Fattah Al Sissi, par l'Egypte. "Gaza est une énorme prison. Toute activité industrielle y a pratiquement cessé", selon Paz Fernandez, chargé des relations extérieures de l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA selon le sigle anglais) pour laquelle les Etats-Unis ont  réduit substantiellement leur financement sous la présidence Trump. Le Produit Intérieur Brut per capita annuel à Gaza est de moins de  2 000 dollars; il est près de 40 000 dollars en Israël. Le bouclage de Gaza depuis 2007  et les bombardements israéliens ont eu pour conséquence la quasi-disparition du tissu industriel et manufacturier. La Conférence des Nations-Unies pour le Développement estimait  en juillet 2015 que la bande de Gaza ne serait plus viable économiquement en 2030. Qu'en sera t-il après la présente offensive israélienne?

Quel est le sens de la conférence organisée au  Caire en octobre 2014 au cours de laquelle une aide internationale avait été décidée pour reconstruire les équipements détruits de Gaza si ces équipements, en admettant qu'ils aient été reconstitués sont à nouveau détruits  par Israël en toute impunité? On se souvient de l'aéroport international de Gaza  dont la réalisation avait coûté 90 millions de dollars aux donateurs internationaux, inauguré par Yasser Arafat et le président Bill Clinton en novembre 1998, et détruit en 2001 et 2002 par les bombardiers et les bulldozers israéliens. Sans mentionner les quelque 200 centres humanitaires édifiés sur financement de l'Union européenne et détruits par l'armée israélienne en 2013 et 2014, selon les révélations de l'agence des Nations-Unies pour la Palestine, sans qu'aucune indemnisation n'ait jamais été exigée.

Tous les visiteurs - limités aux journalistes et membres d'organisations non-gouvernementales et sous réserve de l'acceptation des autorités israéliennes, -  qui séjournent dans la bande de Gaza en reviennent choqués et consternés tant le contraste est violent et illégitime, entre la société israélienne nantie et la société palestinienne démunie des plus élémentaires infrastructures et dont la libre circulation, sur son propre territoire, est assujettie aux vexations humiliantes des contrôles israéliens omniprésents. Le chef d´État Major des forces armées israéliennes en 2002, Moshe Yaalon, observait publiquement que les Palestiniens devaient « se convaincre au plus profond de leur conscience qu´ils constituent un peuple défait ». On dénombre plus de 1500 orphelins à Gaza selon l'UNICEF. Quelque 5 000 Palestiniens sont en détention en Israël. Depuis l´occupation, en 1967, le nombre de Palestiniens qui ont été détenus dans les prisons israéliennes avait été estimé à 750 000 par l’ex-envoyé spécial des Nations Unies pour les territoires palestiniens, Richard Falk, soit près de 40 % de la population masculine palestinienne de Gaza et de Cisjordanie. La détention administrative permet en Israël une incarcération pendant 6 mois, renouvelable, sans accusation. Selon l'organisation humanitaire israélienne B'Tselem,  8 000 mineurs palestiniens ont été condamnés par les tribunaux israéliens entre 2 000 et 2 015, pour jets de pierre essentiellement. Sur son site, l'organisation cite les noms de mineurs palestiniens assassinés par des snipers (tireurs d'élite) des forces armées israéliennes pour avoir lancé des pierres à leur encontre . Ellle montre même en juillet 2014 une vidéo dans laquelle un enfant de cinq ans est arrêté et détenu par les militaires israéliens pour avoir jeté une pierre. L'UNICEF a publié un rapport sévère en février 2013 sur les mauvais traitements réservés à ces mineurs palestiniens, qualifiés de "systématiques, généralisés et institutionnalisés". Au mois d´avril 2012, ce sont 1 200 militants pacifistes qui  sont empêchés par Israël de se rendre en Cisjordanie dans le cadre d´une initiative solidaire visant à financer une école internationale dans la ville de Bethléem et des dizaines d´entre eux, y compris des pacifistes israéliens, sont détenus. Une situation qui souligne, après le dramatique arraisonnement du bateau pacifique turc Mavi Marmara en mai 2010 par la marine israélienne en eaux internationales qui se rendait symboliquement à Gaza , l´acharnement israélien à tenir isolée une population humiliée, enclavée, en perpétuelle quarantaine. Celso Amorim, ministre des Affaires étrangères du président Lula, admet au cours d'une entretien accordé à la presse égyptienne en mai 2012 que le Brésil n'est jamais parvenu  à  obtenir, en dépit d'un entretien personnel à cet effet avec  Benjamin Netanyahu, l'autorisation de financer et construire un hôpital  dans la bande de Gaza.

La population de Gaza a particulièrement souffert du coup d´Etat contre le président égyptien, Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013 . On estimait à 1 200 le nombre de personnes qui circulaient quotidiennement entre l´Egypte et Gaza  par le terminal de Rafah avant cette date;  ce nombre a été réduit de quatre-cinquième depuis. Plus de 15 000 palestiniens sont inscrits sur une liste d´attente pour se rendre en Egypte selon l´observatoire des droits de l´Homme EuroMid, y compris des médecins et des étudiants boursiers inscrits dans des universités étrangères. On a peine à croire que la diplomatie française déclare aujourd'hui faire appel au Maréchal Abdel Fattah Al Sissi afin d'intervenir comme médiateur dans le conflit opposant Israël à Gaza. Aveu d'impuissance certes, mais qui vient après une circulaire de politique pénale ayant pour objet les « Procédures faisant suite à des appels au boycott des produits israéliens » adressée en février 2010 par la garde des Sceaux, Michèle Aliot Marie, afin que soient poursuivis tout militant incitant les consommateurs à boycotter des denrées et des produits fabriqués par Israël dans les territoires occupés. Elle est renouvelée par le nouveau Garde des Sceaux, Dupont Moretti en octobre 2020 en dépit de l'arrêt   de la Cour Européenne des Droits de l'Homme  condamnant la France en juin 2020  qui qualifiait cette initiative d' atteinte à la liberté d’expression, protégée par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme. Dans leur arrêt les juges  citent notamment le rapport spécial sur la liberté de religion ou de conviction, remis à l’Assemblée générale des Nations unies du 20 septembre 2019, selon lequel « en droit international, le boycottage est considéré comme une forme légitime d’expression politique, et les manifestations non violentes de soutien aux boycotts relèvent, de manière générale, de la liberté d’expression légitime qu’il convient de protéger". Comment un pays peut-il poursuivre en justice ses ressortissants désireux de faire respecter les résolutions des Nations-Unies et le droit international?  Une attitude qui contraste avec l'autorisation donnée à l' ambassade d'Israël  - ou prise par elle - d' organiser à la Grande Synagogue de la Victoire à Paris avec des officiers  de Tsahal, l'armée israélienne, des recrutements de jeunes français, juifs et non-juifs,  pour participer au programme Mahal  pendant 14 à 18 mois servant dans les Forces de Défense Israéliennes  dans les territoires occupés. Le site officiel de cet enrôlement "Lone Soldiers" enregistre 236 jeunes français en 2013, dont 40% prirent part à l'offensive sur Gaza  en 2014 et l'un d'entre eux y trouva la mort (Jordan Bensenhoum). Le Jerusalem Post rapporte le 14 janvier 2014 les "félicitations" adressées par  l'ambassadeur de France à Tel-Aviv, Patrick Maisonnave, à "ces courageux  jeunes français engagés dans l'armée israélienne" . Quel serait l'engagement le plus légitime: celui d'un jeune français de confession musulmane ou non aux côtés des Palestiniens contre l'extension illégale des colonies israéliennes en terres palestiniennes condamnée par les Nations-Unies ou l'engagement d'un jeune français de confession juive ou non auprès de forces armées d'occupations lesquelles ont été jugées illégales par les Nations-Unies?

Quant à l'Union européenne, elle a  perdu toute influence en refusant de reconnaître la victoire électorale en janvier 2006 du Hamas – parfaitement légale – et son rejet de tout dialogue avec ses dirigeants même lorsque ceux-ci se sont modérés (accord de La Mecque, sommet de Riyad, État palestinien dans les frontières de 1967). L´Union européenne qui aurait dû s´efforcer de réconcilier les Palestiniens, rapprocher Gaza de la Cisjordanie et s´engager davantage dans les réalités locales ( y compris la reconnaissance du Hamas particulièrement populaire dans la bande de Gaza ), invitant toutes les parties au respect des règles du droit international, n' intervient aujourd’hui que dans l´ombre des États-Unis, en tant que sous-traitant de l’aide humanitaire. Les nouvelles mesures adoptées le 28 juin 2013 destinées, dans un cadre strictement bilatéral, à prévenir tout financement sur le budget de l´Union européenne en faveur d`une  coopération ou d´échanges avec des institutions israéliennes sises dans les territoires occupés depuis 1967, sont marginales au regard d´un commerce avec Israël de 40 milliards de dollars, facilité par un accord dit d"association" signé en 1995, et interpelle lorsque l'on sait que l'Union européenne signe avec Israël en juin 2014 un accord généreux de recherche et d'innovation (programme Horizon 2020) avec un budget de l'ordre de 70-80 milliards de dollars qui bénéficient  aux industries de défense et de sécurité qui fabriquent leurs composants dans les territoires occupés (Motorola, Aeronautic Defense Systems, Israël Aerospace Industries). Quant à l'aide auprès de l'Autorité Palestinienne d'un montant  de 16 millions d'euros en faveur de l'immobilier en Cisjordanie, elle reste marginale au regard du budget alloué chaque année par Israël pour l'extension de ses colonies (5 000 colons israéliens en 1981; 350 000 aujourd'hui dans les territoires occupés et 250 000 à Jérusalem Est).

Le Hamas dispose d´un réseau efficace d´associations caritatives au sein d´une population humiliée et désemparée. Sa victoire aux élections de 2006 est inséparable de la radicalisation de la société palestinienne face à l´occupation et au blocus israéliens, comme le fut sa création, en décembre 1987 au début de la première Intifada. Cofondateur du Hamas, Ahmed Yassin, en fut le chef spirituel – paraplégique depuis l´enfance et quasiment aveugle - jusqu´à son assassinat par Israël le 22 mars 2004. Un assassinat condamné par le Conseil de sécurité, mais auquel les États-Unis opposent leur veto. Son successeur Abdel Aziz al-Rantissi est également assassiné. L’actuel, Khaled Meschal, est victime en 1977 en Jordanie d’un empoisonnement commis par des agents israéliens et ne doit son salut qu’à la réaction énergique du roi Hussein et du président Clinton qui exigent de Tel-Aviv l´antidote. Salah Shahade, un des leaders de la branche armée du Hamas ( brigades Izz ad-Din al Quassam),  succombe dans un attentat  ciblé  israélien le 22 juillet 2002 contre sa maison à Gaza causant la mort de 15 personnes de sa famille dont 7 enfants et 150 blessés dans le voisinage. Le numéro deux du Hamas, Adnan Al Ghoul,  est  assassiné à Gaza par un drône israélien en octobre 2004, après l'assassinat de ses deux fils. Mahmoud al-Mabhouh, l´un des leaders du mouvement, est assassiné le 14 juin 2010 dans un hôtel de Dubai par des agents du Mossad détenteurs de passeports européens usurpés, appartenant à des citoyens israéliens doubles-nationaux. Ahmed al-Jabari, haut-fonctionnaire du Hamas, détenu pendant 13 ans dans les prisons israéliennes, engagé dans des négociations avec l' Administration israélienne avec le concours du pacifiste israélien Gershon Baskin, est assassiné en novembre 2012. Mohammed Deif, leader de l'aile militaire du Hamas, est la victime en août 2014 d'un attentat ciblé  avec son épouse, son enfant de 8 mois et trois autres enfants avec leur mère. Son successeur, Bassem Issa, est tué le 11 mai dernier avec d'autres dirigeants du mouvement au cours du bombardements aériens ciblés.   Le chef de l´Armée de l´air israélienne (2000-2004). Dan Halutz, se targuait devant la presse d´avoir supervisé entre 80 et 100 assassinats ciblés, extra-judiciaires, avec « un taux de réussite de 90% ».

Les ventes massives d´armes dans la région, l'aide militaire américaine à Israël, (premier récipiendaire mondial avec 38 milliards de dollars pour la décennie 2019-2028), les exécutions sommaires dont sont victimes les leaders du Hamas ne vont évidemment pas dans le sens d´un apaisement. Seuls un gel des contrats d´armement et l´association du Hamas à des pourparlers exploratoires  seraient de nature à créer les conditions préalables à une négociation. Après tout, les organisations sionistes Irgun Zvaï dirigée par Menahem Begin et Eitan Livni  et Lehi  de Avraham Stern et Yitzhak Shamir, le Congrès national africain de Nelson Mandela, l´Armée provisoire de la République irlandaise de Martin Mc Guiness et de Gerry Adams, l´Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat, les tupamaros parmi lesquels se distingue José Mujica, détenu quatorze ans dans les geôles militaires uruguayennes, président élu de l´Uruguay de 2010 à 2014, avaient été catalogués comme des organisations terroristes avant d´être considérés comme des interlocuteurs incontournables. Nelson Mandela ne sera ôté de cette liste qu´en 2008.

Israël a trop longtemps voulu éluder la question palestinienne comme l´illustrait le slogan fallacieux « une terre sans peuple, un peuple sans terre » (en 1948, 750 000 palestiniens sont expulsés et 500 villages sont détruits). Trop longtemps Israël a voulu nier l´existence d´un mouvement national palestinien, qualifié d´organisation terroriste. Il finira par négocier avec le Hamas, comme il l´a fait avec l´Organisation de libération de la Palestine. La meilleure garantie de la sécurité d´Israël est la dignité recouvrée des populations palestiniennes et non comme le déclarait le ministre de l´Intérieur du gouvernement Netanyahu, Eli Yishai, lors du bombardement de la frange de Gaza en 2014 de «  renvoyer Gaza au Moyen-Âge ». Mais, Benny Gantz, qui commandait les forces israéliennes lors de cette offensive, aujourd'hui ministre de la Défense, déclare ce 13 mai : "Gaza brûlera. Il n'y a pas d'autre équation". On n'a pas avancé d'un pas en sept ans.

 La résolution de la question palestinienne dépasse très largement le cadre du seul conflit israélo-arabe : le terrorisme islamiste procède et s´alimente dans une large mesure de la question palestinienne. Elle concerne toutes les Nations. C´est « la mère de tous les maux » selon l´expression du professeur franco-américain Scott Atran. Il serait opportun que les autorités françaises en prennent conscience, dans un pays où 10 à 15% de la population est de confession musulmane et où le pourcentage des musulmans dans l'univers carcéral serait quatre fois plus élevé. L'interdiction  de manifestations de solidarité à Paris et dans les principales villes de province en faveur des Palestiniens lors de cette dernière offensive militaire israélienne contre la zone de Gaza décrétée par le ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, invoquant le "caractère anti-sémite" de ces manifestations, prouve combien la question palestinienne est encore escamotée alors qu'elle est présente en chacun de nous et, sans le moindre doute, au coeur de nos mosquées et de nos périphéries urbaines. Il ne faut pas confondre l'effet et la cause. L'antisémitisme dans ses expressions les plus violentes  est né  essentiellement en Europe au sein de l'Eglise et des mouvements d'extrême droite dont l'Inquisition, les expulsions, les pogroms et l'énorme tragédie qu'a constituée la Shoah sont les exemples les plus révoltants. Il est aujourd'hui le fait principalement de jeunes immigrés ou d'enfants d'immigrés désormais citoyens français, généralement en provenance d'Afrique du nord  et de terres d'Islam, comme en témoignent les drames et attentats récents survenus en France depuis 2006. Est-il inséparable de la répression dont sont victimes les populations palestiniennes depuis plus d'un demi-siècle et ne procède t-il pas de l' humiliation dont ces populations souffrent au quotidien?

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