Des larmes au rire

            Ce n'était qu'une bribe d'émission entendue pas hasard, hier, sur une chaîne d'information continue. Je n'ai pas retenu les noms des intervenants. Il s'agissait, puisque l'actualité les mettait sur la sellette, - deuxième ou troisième manifestation des retraités – de parler du niveau de vie des retraités. Il y avait là un représentant d'une association de défense des retraités, et un représentant de la majorité (fifre ou sous-fifre ? Je ne sais pas, en tout cas, il avait appris sa leçon).

            • Il y a des gens qui touchent 800 euros par mois, disait l'un, comment voulez-vous qu'ils vivent ?

            • 800 euros, mais ce n'est pas possible, concédait l'autre – ah ! (triomphant) Mais ça ne s'explique que parce qu'ils n'ont pas travaillé toute leur vie. Bien fait pour eux, z'avaient qu'à bosser...Et puis, vous savez, ils ne disent pas tout ; ils ont certainement d'autres sources de revenus

            • Les retraites n'augmentent pas, ou si peu, alors que les revenus des plus riches, eux, grimpent (6%?), dit l'un.

            • Arrêtez de stigmatiser ce prétendu 1% de la population, c'est insupportable – vous oubliez que, parmi eux, il y a aussi des retraités.

          Accablant, non ? Cynisme ? Bêtise ? Les deux, à la fois, sans doute – et quand on pense qu'il y en a un qui trouvait que le gouvernement avait été trop intelligent en pensant que tout le monde comprendrait le bien-fondé de ses réformes... Dans le gouvernement, il y en a qui sont trop bêtes, s'ils croient que leur discours va susciter autre chose qu'un dégoût profond et une révolte qui ne peut que se développer.

 

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                Et parce qu'il faut bien rire, même et surtout quand l'époque s'y prête peu, le philosophe matamore qui conseillait de tirer dans le tas pour disperser la canaille, vous vous souvenez ? Comment s'appelle-t-il déjà ? J'avais émis l'hypothèse, dans un billet d'humeur (très méchante) qu'il ne lui restait plus qu'à se présenter à l'Académie française pour achever de se déshonorer. Bingo ! j'ignorais qu'il avait déjà déposé sa candidature. Eh bien, l'Académie n'a pas voulu se déshonorer et elle l'a très sèchement recalé. Bon, elle avait élu Finkielkraut, quelque temps auparavant. Mais quand même, ce camouflet est sacrément jouissif.

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