Eclats de rentrée

 La rentrée n'est pas simple - pour tous ceux qui vivent dans la précarité la plus absolue, pour tous ceux qui redoutent d'y tomber, pour ces pauvres riches qui ne savent plus vers où s'évader, pour tous ceux qui sont déçus par les déboires de la "majorité", par le manque d'imagination des oppositions, pour ceux qui voudraient ne pas mourir empoisonnés par les pesticides, les tambouilles de l'industrie agro-alimentaire, pour ceux qui ont peur de changer de système de production, pour ceux qui rêvent encore d'être accueillis en France, pour ceux qui les accueillent et que la police poursuit...La rentrée n'est pas simple, non, vraiment.

La rentrée n'est pas simple pour cette élève de la banlieue parisienne à qui ses résultats permettent de postuler dans un grand lycée parisien - histoire de montrer qu'on n'est pas raciste et que les meilleurs auront toujours une place dans les lycées de l'élite.... elle s'y étonne d'y être accueillie par un discours du type : et maintenant, vous allez en baver, finies les sorties, fini de perdre du temps à la cantine, finis les week-ends ; c'est à ce prix que vous ferez la preuve que vous êtes dignes d'entrer ici. Ca décoiffe ! mais moins que cette phrase : il va falloir vous habiller autrement, "style vieille France" et la constatation que les classes sont uniformément ou presque "blanches". Elle est revenue daredare dans son lycée de banlieue .

Mais la sortie ne l'est visiblement pas non plus : pour Onfray sommé de laisser la place à France Culture à d'autres "sensibilités" et qui, du coup, abandonne l'université populaire de Caen (on le comprend, il perd quelques milliers d'auditeurs, il ne va pas continuer à se crever pour quelques  centaines de retraités caennais  - on dit  ça vraiment ?). Ni pour Collomb qui tient absolument à garder un job qui ait de l'avenir ou qui, du moins, lui assure un traitement décent et que le Président, qui commence à se sentir bien seul, aurait voulu garder auprès de lui encore un peu de temps.

Il n'y a qu'Aznavour qui tire son épingle du jeu et sa révérence avec un dernier spectacle qui ne manquera pas de susciter un de ces élans unanimes qui font oublier les querelles, les soucis, les dangers présents et à venir qui sont notre quotidien.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.