Dialogue (fictif)

              Dialogue (fictif) entre un homme et une femme :

- Pour commencer, tu la fermes, ne dis rien, surtout ne dis rien, dès que tu ouvres la bouche c'est pour dire une connerie - même en anglais - alors en français ...

- .......

                             (quelques jours plus tard, les mêmes)

- Maintenant, tu peux parler, il y a même urgence à ce que tu le fasses, le temps presse.

- Mais tu avais dit que je ne disais que...

- J'ai changé d'avis. Peut-être ai-je eu tort d'avoir voulu être le seul à parler. C'est une erreur, j'en conviens, je vais même le dire, devant tout le monde, "j'ai commis des erreurs" - toujours utile de reconnaître une petite erreur.. A condition, bien sûr qu'on en reste là.

- Et qu'est-ce que je vais dire ? Et à qui ? A mon confesseur ? A un journaliste ?

- Ton confesseur, tu délires, tu peux lui raconter ce que tu veux, je n'en ai rien à faire. Je vais proposer à un journaliste de te rencontrer, je vais appeler, tiens, au hasard..., je vais lui dire que tu as hâte de dire ta vérité, que tu n'en peux plus de voir tous ces gens parler de toi et t'accuser - parce que c'est toi qu'on accuse, pas moi, moi j'ai toujours dit que j'avais confiance en toi ; jusqu'à ces idioties que tu as  cru pouvoir débiter devant un journaliste anglais quand j'avais le dos tourné -, tu n'en peux plus de ces gens qui parlent de toi, qui parlent pour toi, à ta place,  sans prendre même la peine de venir te demander si tu te reconnais dans tout ce qu'on dit de toi.

- Et qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur dire que tu n'aies pas déjà dit ?

- Tu vas dire exactement la même chose que moi. On ne peut pas faire autrement. Fais attention. Au mot près. Et que tu m'aimes, et que tu crois en moi, et que tu es mon égérie, celle qui me répète, tous les matins, pendant que je me  rase,  et quand je ne lis pas les notes que tu as préparées pour moi (de qui Monsieur X est-il le fils ? Et Madame Machin a-t-elle divorcé ? Et qui est ce salaud qui fait chier son cabot devant laporte du jardin ?) que je dois y aller et jusqu'au bout... Que c'est bon pour toi, pour moi, pour tout le pays, pour le monde même

- Tu n'as pas peur que ça ait l'air un peu préparé, un peu cousu de fil blanc ?

- S'il y a du fil, je veux qu'il soit bleu-blanc-rouge.

                                              (Rideau)

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