Le philosophe et l'appel au meurtre

               Mais si, je vous l'avais bien dit. Luc Ferry est le philosophe dont notre monde a besoin. Lui a aussi besoin de la philosophie pour arrondir ses fins de mois et achever de payer son bel appartement parisien - c'est pour cela qu'il donne des leçons de philo pour les nuls sur Radio classique et tout autre support accueillant - mais c'est un détail, encore qu' une retraite de ministre plus une retraite de sorbonnard, ça commence à chiffrer et à valoir son pesant de Gilets Jaunes. Ce n'est plus ça qui m'indigne - je commence à avoir l'habitude.

                Ce qui m'indigne c'est ceci que la presse répercute  :  sa dernière intervention - sa toute dernière intervention, j'espère - ; elle montre à l'envi à quelle hauteur de pensée celui qui fut ministre de l'Education nationale, si si souvenez-vous...et amant de Carla Bruni (ça je ne suis plus sûr, il est vrai qu'il y en a eu tant...) - celui qui traduisit (mal) Kant en recopiant beaucoup des traductions précédentes et en sautant les passages difficiles, oublieux des propos de Kant sur la paix perpétuelle, trouve la solution , la seule, à la crise que nous connaissons : tirez dans le tas, mais tirez donc, et si vous (les policiers) n'avaient pas le courage de le faire qu'on en appelle à l'armée (qui serait beaucoup plus utile sur le territoire français qu'au Sahel où elle ne tue pas beaucoup de djihadistes), elle est - ce n'est pas lui qui le dit, mais il signerait et contresignerait l formule, c'est un obscur ministre giscardien - , "le dernier rempart de la société libérale.

               Atterrant ! se draper de l'habit du philosophe pour sortir des saloperies de ce type ; oser se servir d'un titre usurpé pour en appeler au meurtre - il ne manque décidément plus que l'Académie à ce monsieur pour compléter son indignité. 

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