Les incohérences des précautions

Deux anecdotes. Elles sont assez révélatrices de l'incohérence des réactions devant les protections nécessaires pour éviter la contamination. La première pourrait être confirmée par de nombreux témoignages. Un couple de touristes qui séjournait depuis deux mois en Inde parvient, après de nombreuses péripéties et avoir évité les surenchères des prix des billets pratiquées par de nombreuses compagnies finit par trouver un avion Delhi-Nice. Aucun contrôle à l'arrivée, cohue habituelle pour récupérer les bagages. Dans le train qui les ramène vers Paris : la plupart des wagons sont vides ; celui pour lequel ils ont réservé des billets est rempli. Il faudra une intervention auprès du contrôleur pour que les voyageurs soient éparpillés dans les wagons inoccupés.

La deuxième est quasi surréaliste ; imaginez une vallée pyrénéenne, assez peu peuplée en cette période de l'année, une habitante fait sa promenade quotidienne dans les bois autour de chez elle ; elle ne croise évidemment personne. Sur un chemin découvert, elle lève les yeux alertée par le bruit d'un hélico qu'elle voit soudain descendre vers elle - la peur de sa vie. Dans le même coin, ce sont deux militaires armes au poing qui sortent de leur voiture pour tancer une autre habitante qui s'est un peu éloignée de chez elle. Confinée c'est confinée, restez chez vous ; la prochaine fois, vous ne couperez pas à une amende.

Deux poids, deux mesures ? Pendant ce temps, ça joggue dur dans ma rue qui n'avait jamais vu autant de sportifs, de sportives venues suer sur le bitume inconfortable.

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