Et si l'on riait un peu ?

                            Je sais, ce n'est peut-être pas de très bon goût, mais j'en ai plus qu'assez des nouvelles accablantes dont nous sommes abreuvés à longueur de journée. J'essaie bien d'y échapper, dans la mesure du possible, mais vous savez comme les choses vont - à moins de se boucher les oreilles, de se cacher les yeux, de s'interdire toute sortie pour éviter les titres racoleurs des journaux, de ne voir personne pour éviter que la conversation tourne toujours autour des mêmes sujets, les "nouvelles" finissent toujours à arriver jusqu'à vous, toujours les mêmes d'ailleurs. J'ai donc décidé d'y rechercher quelques perles réjouissantes - ma récolte n'est pas encore terminée, mais j'en extraie quelques unes qui m'ont bien fait rire.

                            De la difficulté à user à bon escient de certains adjectifs - même parmi les plus courants. "2020 une année noire pour les géants du pétrole" - les mêmes géants ne semblaient pourtant pas s'inquiéter beaucoup des marées noires qui venaient souiller nos côtes... "2020 une année blanche pour les stations de sort d'hiver "- elles se plaignaient les autres années de n'avoir pas de neige - des clients et pas de neige, de la neige et pas de clients, une année noire en vérité.

                            En dépit du Brexit, les français pas rancuniers continuent de regarder la langue anglaise avec les yeux de Chimène et de lui emprunter des expressions qui ne s'imposent guère tant notre langue aurait de manières différentes de signifier la même idée. Vous savez ce qu'est un "page turner" ? cela s'applique à un livre de Karine Tuil, Les choses humaines, selon la critique littéraire du journal Elle. Qu'est-ce que c'est que ce truc ? best-seller, je sais - pas d'expérience directe, mais quand même. Page turner ? tourne  page ? ah oui, je vois, une intrigue tellement bien ficelée qu'on tourne les pages à toute vitesse - et alors ? le français est-il à ce point pauvre qu'on ne puisse l'utiliser ? un livre prenant, captivant, envoûtant,  qu'on ne lâche pas jusqu'à la dernière page.... ; une intrigue haletante, diaboliquement construite..., il me semble que cela dirait plus et mieux que l'anglais. Mais quoi, nous sommes devenus à ce point lâches que le Bulletin de l'ENS, Ecole Normale Supérieure, est rédigé en anglais et en français.

                           Pour terminer, cet écho trouvé dans le Monde à propos du Siècle, ce club ultra élitiste etc. ( je gomme les qualificatifs habituels) dont faisaient partie Duhamel et son avocat, qui en ont démissionné pour les raisons qu'on sait. Alain Minc est du Siècle depuis 1980. Ces messieurs et ces quelques dames sont donc assez peu regardants sur la moralité de certains des membres avec lesquels ils acceptent de dîner . Vol et viol s'y côtoient. Mais ces messieurs-dames sont trop bien élevés pour le remarquer. Vol, en l'occurrence plagiat, qui consiste à s'approprier les écrits d'un autre ; viol, qui consiste à s'approprier le corps de l'autre - il y a  bien un lien entre les deux qui est le pouvoir que s'octroient certains de s'emparer du bien des autres sans leur demander leur avis.   

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