La bêtise n'a décidément pas de limites

         Vidéos privées - première litote -vidéos intimes - là ça commence à devenir croustillant -, vidéos sexuelles - enfin, c'est dit et ça laisse la possibilité à chacun de gamberger. En fait, "tout le monde", c'est-à-dire les gens avertis (non pas invertis, manquerait plus que ça !), savait de quoi il retournait. Et c'est le branle-bas (hum !) de combat , dans le parti au pouvoir, directement concerné, dans la classe politique plus largement, par un simple réflexe d'esprit de corps : on parle de démocratie en péril, de scandale qui enfonce un peu plus encore un président de la République qui avait tenté de prendre de la hauteur du côté de la Mer de glace ("Dieu que l'homme est petit devant la mère de glace", in Le voyage de monsieur Perrichon), de viol de la vie privée, d'outrage à l'intimité...etc. J'en passe et de meilleures.

         Le scandale me paraît être celui de la sottise d'un homme qui a l'ambition de servir le bien commun - oh ! ces termes frisent l'obscénité - et n'a même pas compris que les réseaux dits sociaux,  dont on doit bien commencer à comprendre qu'ils sont tous sauf sociaux, représentent un danger réel qui risque de piéger tout un chacun, une opportunité magnifique pour flanquer la pagaïe dans les relations entre les hommes, qu'ils soient politiques ou non. Monsieur Griveau n'est pas le seul à oublier qu'on peut être filmé, enregistré dans des situations où l'on ne se montre pas vraiment à son avantage (j'entends bien qu'il pensait tout le contraire et croyait se montrer dans une position avantageuse) - d'autres avant lui l'ont été et chaque fois ça n'a pas été glorieux . Comment peut-on être à ce point dépourvu de jugeotte qu'on se laisse prendre comme le premier ado venu qui met sur le réseau la vidéo de ses conneries ou de ce qu'il croit être ses performances et s'étonne qu'on puisse s'en servir comme preuve pour le mettre en tôle.

         Mais quand même, faut-il être nul - et je ne parle pas de l'hypocrisie du bonhomme, qui fait de sa vie familiale un argument de vente, qui démissionne pour la protéger - un peu tard, je trouve - faut-il être nul pour faire preuve d'une telle immaturité. Je ne parle même pas de morale, et pourtant... C'est confondant, du simple point de vue politique. Exit, le dit monsieur, et c'est tant mieux.

         Est-ce que cette bouffonnerie servira de leçon ? j'en doute et c'est tragique.

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