La «victoire» de Copé soulève de nombreuses questions – et pas seulement sur la régularité du vote. La plupart des commentateurs se demandent ce qu'il va advenir de l'UMP – scission, explosion, implosion, déchirure – les mots reviennent et impliquent tous une recomposition de l'espace politique. Et pas seulement à droite. Que deviendront les militants qui ont soutenu Fillon s'il apparaît que la droite décomplexée dont se revendique Copé ne voit aucun inconvénient à reprendre les thèmes de l'extrême droite et à s'allier avec elle ? Vers Borloo et son centre droit ? Mais, celui-ci n'a de chance de jouer un rôle que s'il trouve des appuis à gauche, s'il apparait, du moins, qu'il est sincère dans son refus de toute compromission avec les "idées" lepénistes.

            Et c'est là que Bayrou peut voir se confirmer l'idée qu'il a toujours défendue d'une France qui serait gouvernée au centre. Il ressortirait alors de cette élection pour la présidence de l'UMP, de ce qui s'appelle encore, mais provisoirement, l'UMP,  que le véritable vainqueur n'est pas Sarkozy - il est très peu probable que Copé s'efface devant lui après un aussi rude combat dont la finalité est bien de se placer en pole-position pour les prochaines éléctions présidentielles de 2017 -, mais celui dont on prophétisait la disparition définitive des radars, François Bayrou. Il faudrait des voix de gauche pour que cette hypothèse prenne quelque vraisemblance, direz-vous ? mais qui peut assurer que la majorité actuelle sortira indemne de l'épreuve du pouvoir ?

           La discussion est ouverte. Comme tout exercice de prospective politique, celui-ci risque fort d'être démenti par les faits. Mais il y a fort à parier que je ne suis pas le seul à m'y livrer - qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore.

 

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