Pour un Conseil mondial de la Résistance

Monique Chemillier-Gendreau avait donné la primeur de ce texte à Mediapart, il y a quelques semaines, déjà. Le voici publié aux Editions Textuel qui ont su montrer une réactivité formidable devant l'intérêt des analyses de Monique Chemillier-Gendreau : il y avait urgence à les  faire connaître à un maximum de gens et à ne pas attendre la rentrée de septembre. C'est donc chose faite.

Quelques pages ont été ajoutées pour préciser le cheminement de Monique Chemillier-Gendreau et montrer que les idées qu'elle développe dans ce texte sont le fruit d'une longue réflexion et d'expériences multiples dans le domaine du Droit international. Le constat dont elle part est sans appel - l'Onu ne remplit pas le rôle qui aurait dû être le sien, elle est bloquée par le droit de veto que les grandes puissances se sont octroyé dès le début - son impuissance est manifeste, malgré les qualités des Secrétaires qui s'y sont succédé.

Devant la crise du capitalisme, devant sa responsabilité avérée dans les épreuves que nous avons traversées, dans l'accroissement de la misère et dans la ruine de la planète, devant son incapacité à changer de logiciel - on le voit avec les réactions des multinationales qui profitent de la crise pour avancer toujours dans la même direction : recherche du profit, privilège des actionnaires au détriment des travailleurs, poursuite de l'exploitation criminelle de hommes et de la nature.

Que faire ? sinon créer un  cadre international nouveau pour que les relations entre les hommes et entre les hommes et la nature soient fondées sur la justice et le droit. Cette vision a un nom : cosmopolitisme. vieux terme, depuis les Stoïciens, être citoyen du cosmos, c'est pour eux montrer l'unité qu'il y a entre l'homme et le cosmos, soumis l'un et l'autre au même ordre rationnel. Lorsque Kant reprend ce terme, il lui donne, pour la première fois je crois, un contenu politique : les conflits entre les hommes, les sociétés seront  surmontés par l'établissement d'une société cosmopolitique - principe régulateur qui indique ainsi la finalité des organisations humaines. Pour Monique Chemillier-Gendreau, le cosmopolitisme doit naître d'une législation internationale qui, prenant acte des dangers mortels que court l'espèce humaine, en dessine les cadres précis.

Utopie, diront certains. Monique Chemillier-Gendreau sait, après Miguel Abensour, quelle est la force prospective des maîtres-rêveurs.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.