Canicule, panicule...

                       Il n'y a pas que la chaleur qui me fait suer, il y a l'exploitation éhontée d'un épisode certes peu banal, en ce début d'été - mais dont il y eut des précédents. Exploitation par les médias dont certains annoncent des températures avoisinant les 50° "ressentis", alors que d'autres tentent de raison garder en ne donnant que des conseils de bon sens, mais le font à longueur de journée - ce qui finit par avoir l'effet contraire - pas de panique, surtout pas de panique, meilleur moyen pour la créer. Exploitation par le gouvernement trop heureux de pouvoir montrer combien il est soucieux de la santé de ses concitoyens - mais c'est à double tranchant parce que l'urgence climatique se heurte aux problèmes des urgences -, des gamins qui voient repousser les épreuves du brevet qui risquent de devenir trop éprouvantes pour nos chers petits, mais pas les oraux de français - elles ne durent que 20 Minutes, à peine le temps d'un coup de chaud, les examinateurs, eux, devront s'éventer pendant des heures avec les instructions ministérielles et les projets de réforme. Pas de panique, déclare-t-on à longueur de journée, le pire est à venir - en attendant buvez de l'eau (pas celle du robinet, elle a mauvais goût mais celle des multinationales de la flotte ) et achetez des ventilateurs ou des climatiseurs (en oubliant que faire du froid augmente la chaleur...) - cela aura des retombées sur les chiffres de la consommation...

                      Le nombre des morts va augmenter mais pas celui du personnel soignant. Les voitures vont rester à l'arrêt, mais les transports en commun  ne seront pas mieux pris en compte. Dès que le thermomètre redescendra, on continuera à bétonner à tout va, à déforester pour une agriculture intensive dévoreuse d'eau, à polluer les rivières et la mer pour ne pas faire de peine à la grande distribution, à tolérer la multiplication des piscines privées (même au bord de la mer !) mais à ne pas accorder des crédits bien généreux aux piscines publiques

                    . Jusqu'à la prochaine tempête, la prochaine canicule, les prochaines températures polaires.... où l'on nous promettra que l'on va s'attaquer aux causes du dérèglement climatique comme on le fait en de pareilles  circonstances - promettre et remettre à plus tard.  En attendant la catastrophe, il est urgent de ne rien faire ou de s'agiter pour faire croire que l'on fait quelque chose. Avec le calcul secret que l'on peut recueillir  quelques bénéfices secondaires, comme par exemple faire porter sur les simples usagers une part de la responsabilité de la situation actuelle ou désigner quelques boucs émissaires qui ne se soucient que de leurs revendications catégorielles (enseignants, personnels soignants) alors que le temps est à l'unité nationale - tous contre les coups de chaleur, luttons contre l'insolation ......

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