GIVORS (69) VILLE MAUDITE... L'ELECTION DE MOHAMED BOUDJELLABA ANNULEE !

Le Tribunal administratif de Lyon vient d'annuler l'élection municipale de Givors. Mohamed Boudjellaba reste toutefois maire et le Conseil d'Etat aura le dernier mot. Dans ce dossier le rapporteur public a été désavoué, une décision assez rare. Les oppositions reprennent des couleurs.

Un juge qui revient sur les orientations du rapporteur public ? C'est rarissime et c'est ce qui vient d'arriver à Givors, les élections étant annulées pour des incidents présumés dans deux bureaux de vote du quartier populaire des Vernes. L'élection avait fait grand bruit puisque Mohamed Boudjellaba avait pris une mairie aux mains des socialo communistes depuis 67 ans. Il devenait ainsi le premier maire issu de l'immigration maghrébine dans une ville paupérisée, jusqu'alors clientéliste et très politisée. 

L'annonce du Tribunal administratif a donc fait l'effet d'une bombe hier en fin d'après-midi. La partie est toutefois loin d'être perdue pour la nouvelle équipe municipale, l'avocat du maire faisant appel et laissant donc au Conseil d'Etat de dire s'il confirme ou revient sur la décision prise hier.

Dans l'entourage de Boudjellaba on espère qu'il ne s'est agit que d'un moment d'égarement d'un juge. Un colistier ironisant "Sans doute ne savait-il pas qu'il était atteint de la Covid. Et les premiers jours, le discernement est quelquefois altéré".

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D'autres se posaient des questions sur une ville politiquement maudite. "Une élection municipale offre en principe une prime aux sortants. Alors quand il s'agit de 67 ans de mandat la prime devrait être énorme. Pourtant l'ex maire a perdu la moitié des voix de son parti en seulement trois ans. Pour le score le plus faible du PC dans l'histoire des élections locales" constate un sympathisant du maire.Lequel se pose des questions légitimes allant même à se demander si ce n'est pas sa personne qui a été jugée. Sur des critères non avouables ? D'autres y voient d'éventuelles connections idéologiques.

Aujourd'hui, en tant qu'élu, le maire ne peut que respecter la décision de la justice. Et envisager les différents scénari.

 POUR L'INSTANT 

L'appel est suspensif. Le maire poursuit ses actions normalement. Et comme son équipe est allée vite en besogne la Ville continuera a voir les changements pendant au moins quelques mois.

LE CONSEIL D'ETAT VALIDE L'ELECTION

Le mandat peut se poursuivre normalement.

LE CONSEIL D'ETAT CONFIRME L'ANNULATION DE L'ELECTION

Les Givordins devront retourner aux urnes. L'élection se fera en deux tours. En raison de la pandémie les élections régionales ont été reportées à juin. On pourrait penser que la Municipale pourrait se disputer le même jour. Toutefois la campagne de vaccinations ne sera sans doute pas finie. Serait-il possible de programmer un vote en exposant la population ? Régionales et municipale pourraient alors être programmés en septembre. Soit un an et demi avant le premier tour en 2020.

QUID DE LA CAMPAGNE 

- La maire vient de dire qu'elle serait partante. Avec un siège à la Métropole on aurait pu penser qu'elle renonce à une nouvelle participation, son demi-mandat ayant été pour le moins fatigant. De plus il y aurait débat au sein du PC. Certains seraient favorables au retour de Martial Passi. Des affaires étant encore en instruction concernant des élus de l'ex Majorité municipale, en cas de victoire, le mandat pourrait à nouveau être compliqué et pas forcément centré sur la population.

- Une certitude, Antoine Mellies, le candidat du RN serait à nouveau partant. Plus qu'en 2020 ce serait le candidat le plus dangereux pour Mohamed Boudjellaba. Il n'avait pas pris le temps d'enlever son nom sur son ex-local de campagne. Il attendra sans doute le conseil d'Etat pour le faire. 

- Laurent Decourselle, difficilement qualifiable sur l'échelle politique devrait à nouveau revenir à Givors pour retenter sa chance. Proche d'une partie de l'ancienne Majorité municipale il se positionne comme le Monsieur agents municipaux. Mais Martial Passi pourrait se retrouver sur la route de son ami ou ex-ami ?

- Alexandre Couchot. Un mariage blanc avec Decourselle au second tour dont il s'est émancipé et l'on voit mal l'assistant parlementaire de Jean-Luc Fugit repartir en campagne. 

- Razika Dali. Une campagne courte pour cette Givordine qui avait surpris son monde et qui flirta avec les 5%. Elle en restera sans doute là.

- Une incertitude avec la droite traditionnelle du Défi givordin qui pour des raisons personnelles de sa "cheffe" Michelle Palandre avait renoncé. La nature a horreur du vide et l'un des piliers de Decourselle lorgne sur le leadership. Jamais élu mais ambitieux il a aussi des vues sur les Régionales. Peut-être beaucoup pour un débutant.

UNE CERTITUDE 

Les oppositions sont au moins sur la même ligne sur un point, le fait de ne plus être vues en ville depuis la fin des élections. Du moins le sentiment des Givordins qui entonnent le couplet "On ne les voit qu'au moment des élections...". Les habitants pourraient donc les revoir. 

UN ESPOIR LEGITIME  

Les opposants à Boudjellaba ont légitimement repris espoir hier. Principalement dan s le camp de Christiane Charnay, l'ex-maire qui avait intenté le recours. Et comme en politique, même municipale, tout est possible ils auront droit de rêver jusqu'à la décision du Conseil d'Etat. Et peut-être même après. 

 

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