MUNICIPALE LA FRAGILITE D'UNE EQUIPE ET LA DEFIANCE DE LA CLASSE MOYENNE

Une nouvelle équipe municipale est aux manettes à Givors.Le peuple a fêté la chute d'un bastion communiste... mais la minorité silencieuse craint... l'inconnu. Les uns et les autres devront donner du temps au maire. Les associations, elles, ont la réputation d'être plutôt impatientes.

Dans leurs rêves les plus fous certains colistiers de Boudjellaba ne se sont jamais vus avec une écharpe tricolore autour du cou. D'autres n'auraient jamais pensé siéger au conseil municipal. Surtout dans une ville où les électeurs s'étaient refusés deux fois à voter pour un premier maire issu d'une immigration maghrébine. Signe"particulier" auquel il faudra cesser de faire référence. Aider la tête de liste ? Oui. Mais être élu.

D'abord furent la joie, la fête, les embrassades (?), les remerciements, les félicitations, les rires, les sourires, les auto-congratulations, les cris, les "danses", les checks.

LA JOIE PUIS UNE CERTAINE ANGOISSE

Ensuite fut l'angoisse de certains. En signant pour une position qu'ils pensaient inéligible ils avaient regardé la campagne de loin. Bien sûr que Boudjellaba espérait être maire. Mais ni lui, ni Foued Rahmouni, Cyril Mathey, Dalila Allali, Laurence Fréty Perrier, Azdine Mermouri pour ne citer que les plus en vue les plus en vue n'auraient joué leur voiture sur une victoire. Comment alors mesurer la surprise de colistiers pour la plupart non politiques, non encartés, non engagés. Juste "débutants" comme l'on dirait en sport. Eux qui devront jouer en première division dans six ans. Si possible bien plus rapidement.

Ce manque d'expérience, Antoine Melliès (RN), Laurent Decourselle (DVG - REM), Alexandre Couchot (REM) l'auraient aussi rencontré au lendemain de cette élection. Même Christiane Charnay (PCF) qui, bien que sortante a eu du mal à établir une liste.

A la différence de Christiane Charnay, la tête de liste de Construisons ensemble devra former la plupart des adjoints, remercier des agents aux postes stratégiques, former une équipe en qui il devra avoir confiance. Si dans certaines communes d'anciennes équipes donnent des coups de main aux entrants ce n'est pas le cas à Givors. Or, Boudjellaba bien que maitrisant la politique municipale, n'a jamais été maire. 

S'il a six ans de mandat il sera jugé une première fois à Noël. La "trêve" ne dure jamais plus, après il faut déjà prouver. Sa chance, dans la mesure où cette élection a été organisée trois mois après le premier tour les vacances seront les bienvenues. Pour ceux qui en prendront. Car beaucoup se plongeront dans des cahiers de vacances spéciaux "élus".

Car, à la rentrée les adjoints seront confrontés aux Givordins concernant par des délégations qu'ils découvrent.

A Givors l'une des délégations les plus compliquées est celle des sports. Jean-François Gagneur (PS), Moïse Diop (PC) en ont mesuré les difficultés. Ce sont souvent des rapports brut de pomme, notamment dans les plus gros clubs qui attendent l'adjoint pour savoir sur quel pied danser. Adjoint aux sports sortant Jean-Jacques Routaboul a été très présent sur les manifestations, les matches, les rencontres, les compétitions favorisant les troisièmes mi-temps pour rencontrer les dirigeants et sportifs.

Dans tous les cas ce ne sont pas les adjoints seuls qui ont pris les grandes orientations étant plus dans un rôle très important de représentation.

CES CLUBS QUI "CONSOMMENT" DES ADJOINTS AUX SPORTS

A peine sa délégation annoncée vendredi, l'adjoint aux sports pourra s'attendre à de vives discussions au SOG rugby, aux Sauveteurs de Givors, au SOG Judo et dans quelques autres clubs. Là où Construisons ensemble a le plus souvent brillé par son absence. Il devrait connaitre moins de difficultés à la JSOG, surtout si l'adjoint est un ancien footballeur.

Autres impatients, les commerçants qui n'attendent pas de nouvelles études mais des actes. Cette délégation ne sera pas une partie de plaisir non plus au même titre que l'emploi. Il n'y aura pas un afflux de commerces dans les mois à venir, pas d'emplois à la pelle.

Or, si l'équipe municipale demandera du temps, la moindre des choses, la population attend des résultats depuis si longtemps qu'elle ne fera aucun cadeau.

LA CLASSE MOYENNE EN DEFIA NCE

S'étant dit "choqués", "apeurés", certains annonçant leur départ de Givors (à voir) des habitants ont eu, en quelques minutes, une joie et une crainte. Sortir du joug communiste et passer à un inconnu, toujours source de crainte. 

Qui sont ces Givordins ? Plutôt des gens bien installés si l'on considère qu'être propriétaire de sa maison ou de son appartement en fait des bourgeois.

Le plus souvent ils seraient des électeurs moyens à Brignais ou Mornant, et des pauvres dans le 6ème arrondissement lyonnais, tout étant relatif.

Ces Givordins ce sont des habitants travaillant ailleurs, rentrant le soir pour dormir, consommant mets et loisir ailleurs. On les trouve rarement sur le marché ou sur celui de Vienne. Quelquefois leurs enfants sont scolarisés dans d'autres communes. La définition d'une ville dortoir. Certains fonctionnent comme cela depuis des dizaines d'années. Mais le "groupe" a nettement enflé avec des nouveaux habitants qui, eux aussi, n'ont que leur lit dans la commune. Que faire d'autres ?

Ces habitants ont leurs codes. Ils ont pris l'habitude, eux aussi, de vivre entre eux. Une fracture de plus. 

Ces quelques centaines d'habitants aussi délaissés que les Vernois (Les Vernes, un quartier populaire) ont un point commun, du moins pour la majorité d'entre eux Ne connaitre le maire qu'en photo. Depuis deux semaines ils posent des questions. Quelquefois surprenantes. 

Dégoutés de la politique nationale, de la politique municipale, cette classe dite moyenne dit "je vais à Givors" quand elle va en ville. En ce sens elle rejoint les gens des Vernes se sentant, eux aussi abandonnés.

Le jour où le maire réussira à organiser un événement regroupant toutes les catégories sociales de la commune, celui-ci pourra marquer l'agenda d'une pierre blanche, si l'on peut dire.

 

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