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Billet de blog 8 déc. 2021

GIVORS (69) DES PRONOSTICS PAS SI MAUVAIS AU PREMIER TOUR

Durant toute la campagne 2020 certains n'ont eu comme réponses que le refrain "que des conneries". Humblement vu le nombre de posts que nous avons fait nous nous sommes trompés plus d'une fois. Concernant le premier tour nous avions trouvé le résultat de Mohamed Boudjellaba.. Pour les autres listes même un institut de sondage se serait trompé !

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La Givordinité n'est pas un vain mot. L"ancien" givordin en a vu des belles et des pas mûres dans sa commune. Et des élections nous en avons connues des centaines tant dans le Beaujolais que dans le sud-ouest lyonnais. Malgré tout le Ville de Givors est très particulière. Et, pour ne pas le savoir certaines listes du premier tour se sont trompés dans leur positionnement. La lecture du Givordin est logique. Les coups à trois bandes il ne connait pas. Pas assez politique. Estimant, et il a sans doute raison que la vie municipale est plus importante que l'ego des candidats.

@ Christiane Charnay (Givors en grand). L'ex-maire aurait sans doute été inspirée de ne pas se représenter. Et sortir par la grande porte. Contrairement à son analyse au micro de Lyon Mag ce sont bien les affaires de son prédécesseur qui ont été prédominantes dans son résultat. Elle aura durant la campagne caché certains soutiens de Martial Passi qu'elle aura aussi soutenu dans un exercice de victimisation. Les Givordins voulaient savoir si l'ex-maire était derrière elle, ou non. S'il jouait un rôle dans la campagne ou non. Le dire était sans doute moins risqué que d'entretenir un flou que le "peuple" a fait payer. Dire qu'elle n'a pas payé l'usure du pouvoir est toute aussi faux. Il eut été plus honnête et plus porteur de dire "Nous nous sommes trompés quelquefois et nous allons faire mieux". De fait les "affaires" minimisent son échec.

@ Fabrice Riva (Givors fière). Lui aussi a perdu des électeurs en naviguant entre droite et extrême droite, entre soutiens d'Antoine Mellies, mais aussi de Roland Segear et Vincent Guérin comme cautions LR. Certains, par héritage familial, auraient pu aller à une droite borderline mais pas à l'extrême-droite. Or des propos qui ont été jusqu'à choquer certains de ses soutiens ont eu la couleur, l'odeur et le résultat de pensées zemmouriennes. La ville française annoncée a marqué la campagne, celle du premier et celle du second tour. Une erreur, à nos yeux, étonnante pour ce Givordin "pure souche" qui a aimé à rappeler la mémoire de ses aïeux, et son attachement à Givors. Des propos qui ont, en quelque forte, créé une forme de solidarité entre Maghrébins et Européens se sentant immigrés, alors que sa cible était moins large. Pour une première, Fabrice Riva n'a pas à rougir de son score perdant des points sur Mellies mais à l'occasion d'une campagne particulièrement courte qui ne l'avantageait pas.

@ Si nous avons trouvé le score de Mohamed Boudjellaba (Construisons ensemble) c'est, à l'opposé, grâce à la lisibilité de sa liste. DVG - EELV comme pour les deux tours en 2020. Pas de tromperie sur la marchandise. Si l'on ajoutait le travail réalisé pendant 15 mois et la prime au sortant on arrivait tout naturellement autour de 40%. Même si, secrètement, certains espéraient plier l'élection au soir du 5. Dans un ballotage plus que confortable, sans alliance irréaliste et avec un effort soutenu de son équipe l'ex-maire devrait retrouver son fauteuil. La Ville une certaine quiétude après une grosse année de "chienlit". 

@ Sébastien Berenguel (Givors terre d'union), bien que déçu, ne doit pas forcément l'être. Auteur d'une campagne propre il a mis un pied dans la politique municipale et se pose en reconstructeur d'une gauche plus moderne. Il a pris de nombreuses voix à Charnay qu'il n'a pas l'intention de lui "rendre" au second tour, ne se prononçant pas, une décision que ses électeurs pourraient prendre comme un message. 

@ Alors que la tête de liste de Givors en commun avait tutoyé les 5% en 2020 l'alliance avec Laurent Decourselle n'a pas plus fonctionné que celle de celui-ci avec Couchot au second tour de la précédente élection. Le candidat très ambitieux pour qui seule la place de maire était en jeu occuperait sans doute aujourd'hui la place de premier adjoint s'il avait répondu aux appels du pied de Christiane Charnay, toujours en 2020. Laquelle aurait conservé sa fonction de première édile. Après deux ans et demi de campagne, la plus longue de tous les candidats il n'aura apporté qu'un ou deux points pour s'être perdu, dans un multi-positionnement qui ne passe pas à Givors.

@ Mohamed Benoui a sans aucun doute été lâché par des soutiens avant même la campagne du premier tour. Son alliance avec la néo-droite se revendiquant quelquefois des Républicains ne pouvait pas fonctionner. Abandonné Mohamed Benoui n'a pas pu mener une liste, encore moins deux avec la gauche et la droite en ordre de dispersion. S'il s'était agi de mettre en difficulté Mohamed Boudjellaba c'est raté. Par contre les ambitieux qui voulaient bâtir une nouvelle maison à droite devront patienter très longtemps.

@ Une victoire n'est jamais acquise même si elle est bien engagée pour Boudjellaba. Sans alliance il prendra des sympathisants de Berenguel qui voudront sanctionner une nouvelle fois Charnay alors que Riva n'aura de réserve que de nouveaux électeurs. La triangulaire est claire. Les Givordins auront un large choix. A moins de 60% dimanche ce serait un échec pour Boudjellaba. Dont il se satisfairait. 

@ Nous avions trouvé le premier et son score, la liste en dessous des 5%, les deux en dessous des 10%. Notre plus grosse erreur a été notre analyse du PC. Nous avions additionné les scores de Charnay et Berenguel pour arriver à 22%, score qui nous semblait honnête. Et nous avions vu Fabrice Riva plus haut. Nous avions pris une marge de 3%. Nous avions pris des grands témoins pour valider nos prévisions.

Pour le second tour ? Nous vous donnerons notre pronostic après. 

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