Quand les actions menées durant le confinement entrent dans la campagne électorale

Alors qu'à Givors la maire multiplie les auto-satisfactions concernant son action durant la pandémie, ceux de Beauvallon et de Mornant estiment avoir fait leur travail, comme d'habitude. Ceux-ci ont été réélus au premier tour.

Macroniens ou pas les maires sortants peuvent remercier le Président. En autorisant deux procurations par électeur, il a obligé un travail fastidieux, de leurs équipes. Pour la bonne cause. Eplucher les listes d'émargement du premier tour, cocher les non-votants, surtout ceux ayant juré leurs grands dieux qu'ils voteraient pour la liste sortante, laquelle se représentant.

Pourquoi un avantage aux maires sortants ? Parce que seuls les élus de la Majorité municipale connaissent les noms des électeurs, gentiment aidés tout au long des années, par l'équipe en place. Mais ils sont aussi les mieux placés pour avoir les noms des responsables d'associations, aidées elles-aussi. Comme dans la quasi majorité des villes.

Givors (69) LA COVID-19... COMME TETE DE GONDOLE

La prime aux sortants est déjà, en temps normal constatée dans la majorité des villes. Cela n'a pas été le cas à Givors (69) où la maire sortante (communiste) a perdu presque la  moitié des voix depuis 2014. L'abstention ? La même pour tout le monde. Mais, pour se rassurer, les candidats espèrent avoir eu le maximum de soutiens...inciviques. Et donc de bénéficier d'une réserve de voix.

Si la maire, arrivée première, a obtenu un très mauvais résultat, celle-ci est parvenue à valoriser le moindre de ses gestes durant le confinement. Ce n'est pourtant pas la première commune des environs à avoir doté la population de masques. Qu'importe, dans son Vivre à Givors de mai, la première magistrat pouvait difficilement  faire mieux en matière de communication. Propagande, si on ajoute certains de ses tracts, cette fois au nom de sa liste "Givors en grand". 

Jusqu'à écrire deux fois dans un tract "... une maire qui vient d'affronter, avec responsabilité, cette étape de la crise sanitaire...". Christiane Charnay s'attribue aussi des valeurs humanistes dans un document ...où elle fustige le candidat RN, Antoine Mellies, avec des accusations d'une rare violence dans une telle campagne.

A BEAUVALLON ET MORNANT LES MAIRES ONT FAIT LE JOB SANS ARRIERE - PENSEE

Plus étonnant certains habitants ont reçu ces jours, pas tous toutefois, deux masques dans une enveloppe de la mairie. Certains accusent la maire d'avoir glissé dans des enveloppes de la mairie des masques... de la Métropole. Il est vrai que Kimelfeld, son président,   part sur une liste adverse pour la Métropole.... Mais surtout, si c'est le cas, ce serait un énorme coup de pouce pour la maire, mais aussi candidate.

Dans les communes, proches, plus à l'échelle de villages pas de grandes surprises. Fidèle à son habitude, le maire de Mornant (69) a tout fait plus vite que les autres. Les masques mais aussi les tests. 12 000 pour 6 000 habitants. Renaud Pfeffer n'ayant pas levé le pied pendant toute la durée du confinement. Constituant une réserve civique de plus de 100 personnes.

A Beauvallon (Saint-Andéol le château, Chassagny et Saint-Jean de Touslas) le maire Yves Gougne a également réagi vite. A l'instar de son ami Renaud Pfeffer, il a constitué une réserve civique. Et le jour du déconfinement, chaque foyer avait deux masques lavables. Du tissu acheté chez Jumfil et l'attirail nécessaire allaient permettre aux couturières de réaliser les masques. Idée originale que de masquer les militaires de la gendarmerie de masques noirs. Seul petit couac avec l'Association des maires de France qui n'a pas assurée, du moins pour lui. Autre satisfaction, le fait de ne pas avoir eu de mal à ouvrir son carnet médical avec, notamment un cardiologue, dans une commune de 6 000 habitants.

A Mornant, Renaud Pfeffer est passé à autre chose tout en suivant de près le déconfinement. Yves Gougne aussi. Sur leur bilan, les deux ont réélus au premier tour. 

Rajouté le 11 juin

A Grigny (69): Six masques par personne

Le maire de Grigny (69) ne cache pas avoir distribué des masques de la Région. Ni de la Métropole. Il a en fait accepté de s'associer à ces collectivités. Une lutte sanitaire ne peut réussir qu'en multipliant les compétences en laissant ses ego de côté. Ainsi, avec ceux commandés par ses soins dans deux entreprises,les Grignrots ont bénéficié de trois masques chirurgicaux avant le déconfinement. Actuellement une distribution a lieu au pied des immeubles. Ou avec des rendez-vous en mairie. Ainsi les Grignerots en sont à six masques donnés. Xavier Odo a aussi "ravitaillé" ses Ephad, en masques mais aussi en blouses. La Ville est donc parmi celles à avoir été bien loties.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.