GIVORS (69) LE LIDL DE BANS DE FARRID TOUATI, PATATE CHAUDE DE MOHAMED BOUDJELLABA

Les socialo-communistes ont maitrisé la communication durant 67 an. Pas les dossiers. L'implantation d'entreprises n'aura pas été leur priorité. Ne pas attirer une classe moyenne peu compatible. Un cinéma programmé en 1998 pas sorti. Le dossier "Lidl de Bans", 12 ans de lutte pour le promoteur Farrid Touati. Le maire Mohamed Boudjellaba se retrouve avec un "boulet" laissé par ses prédécesseurs

Un petit centre commercial vient de commercialiser ses locaux. Les Givordins appellent le site la Plaine Robinson, les autres les Plaines. Un laboratoire d'analyses médicales, un bar, une salle de sport et puis un supermarché ouvert cette semaine. 

Depuis 12 ans, un promoteur, Farrid Touati, essaye, lui aussi, de commercialiser "son" centre commercial au sud de la Ville. Un endroit stratégique à l'entrée de la commune et, donc, à la sortie aussi. Un quartier souffrant d'un manque de commerces. 

UN DOSSIER TRES COMPLEXE A PLUSIEURS MILLIONS D'EUROS

Le dossier est complexe. Il implique la Municipalité mais aussi une société d'économie mixte (Sagim),dirigée trop souvent par des directeurs incompétents issus de l'Administration municipale, sans aucune compétence pour ce poste. Voir même placardisés. 

Actuellement, seul le Lidl tient à peu près debout. Le reste menace ruines alors qu'il n'a jamais été commercialisé. Des fissures énormissimes, des trous, des murs tordus et un lieu désormais squatté. 

Dénoncées dès le départ, ces anomalies font depuis l'objet d'expertises, de contre-expertises, de procédures, de procès, de batailles d'avocats. Plusieurs choses sont certaines. Les locaux sont inutilisables. La décennale est derrière. 

POURQUOI LES COMMUNISTES ONT FAIT TRAINER LE LITIGE DOUZE ANS DURANT ?

Pourquoi une telle situation ? A l'époque, Farrid Touati est un ami du maire Martial Passi. Etre un ami en politique est souvent tout sauf un atout. Ce sera le cas. Les deux hommes passent de l'amour à la détestation. Dès lors, le maire joue sur l'étranglement financier de son désormais ennemi. Ce ne sera pas le cas. Touati vend d'autres biens mais ne lâche pas. Et aujourd'hui il compte bien récupérer le manque à gagner et ses locaux, sachant que le Givordin souhaite également s'installer à l'étage.

Le maire, Martial Passi, condamné par la Justice laisse sa place à sa première adjointe Christiane Charnay en 2017. Elle n'essaye pas plus de régler le problème. Battu en 2020 par Mohamed Boudjellaba, un DVG teinté EELV, celui-ci se retrouve avec un dossier à plusieurs millions d'euros.

Maire depuis les premiers jours de juillet le premier magistrat est arrivé dans une mairie pillée par l'équipe qu'il venait d'écarter. Une élection  retardée comme les autres deuxièmes tours et tombant au début des vacances scolaires. La pandémie, des menaces de morts, des équipes à renouveler, une épée de Damoclès, les élections ayant été annulées par le tribunal administratif et la ville attendant la décision du conseil d'Etat,  et les dossiers non réglés par les communistes à prendre à sa charge.

DES OPPOSITIONS SILENCIEUSES...MAIS QUI AURAIENT DEJA TOUT FICELE

Parmi eux, le Lidl de Bans. Egalement président de la Sagim le maire est pris en otage entre le désir de clore cette verrue et l'éventuelle annonce aux habitants, du montant du chèque. Il pourrait bien sûr rappeler qu'il ne fait que régler un litige que l'ancienne Majorité n'a pas su arrêter à temps. Mais les Givordins l'entendraient-ils ? 

Et que diraient les oppositions. Elles qui ont promis à Touati qu'elles régleraient son dossier dès leur élection. Facile à dire quand les chances de gagner sont faibles. Depuis juillet d'ailleurs pas un seul n'a communiqué sérieusement et avec un chiffrage sur le sujet. Elles ont surtout fait plus de mal que de bien en voulant impliquer Touati durant la campagne électorale. Touati étant tombé dans le panneau. 

En campagne pour une élection aujourd'hui non programmée et qui n'aura peut-être pas lieu, ces oppositions feront-elles la même promesse en annonçant la somme à verser à leurs électeurs ? Pas sûr. 

RIEN NE SE PASSERA AVANT UNE EVENTUELLE ELECTION

Une chose est certaine, le dossier ne sera pas réglée avant de savoir si les Givordins retourneront ou pas aux urnes. Dans le premier cas Touati devra attendre au moins le résultat de cette élection. 

Les Givordins semblant vouloir une stabilité du pouvoir, ne pas avoir un troisième maire en deux ans et enfin une ville transformée, Boudjellaba a toutes les chances de conserver la mairie.

Touati a sans doute sa part de responsabilité quant à la façon d'avoir géré le début du bras de fer. En face les directions de la Sagim étaient bien faibles. Aujourd'hui le patron est un homme nommé par le maire. Mais c'est toujours le pot de fer contre le pot de terre.

Sans oublier le quartier de Bans qui mérite un centre commercial et assez rapidement. 

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