Givors (Rhône) Une image exécrable pour ne pas avoir valorisé ses atouts

Le nouveau maire a pris possession de la ville. Avec ses failles mais aussi ses quelques atouts. Pour changer l'image de marque de cette commune il lui faudra faire preuve d'ambition pour les habitants et non plus pour un microcosme

Certains regrettent que la mer n'arrive pas à Givors et oublient le fleuve qui coule sans s'arrêter pour quelques utilisations que la commune pourrait en faire.

Pratiquement tous oublient une situation géographique exceptionnelle sans doute l'une des plus stratégiques, en France et ce, au coeur de l'Europe. La Ville n'a pas grand chose pour plaire. Surtout une mauvaise image de marque. 

LA TÊTE... UN PEU TROP DANS LES ETOILES 

En fait Givors, durant des dizaines d'années, a cherché à faire des premières, du tape à l'oeil. Aujourd'hui sa seule curiosité touristique est le quartier des Etoiles de Jean Renaudie. Seuls les étudiants en architecture viennent y jeter un oeil. A l'origine, ces immeubles devaient être arborés, les terrasses devaient se comporter en jardin, en poumon vert en plein centre ville. Il n'en est rien. La commune voulait faire un cinéma au pied d'un quartier populaire, les Vernes. Réussir une intégration, à travers un projet, que les autres cités ne tentent même pas. Un dossier de 1998, aujourd'hui pas de cinéma dans la ville.

Hormis en équipements sportifs, la ville ne se dote que de petites réalisations. Une énième petite salle dite de congrès et baptisée au nom de Rosa Park, dans une ville où les congrès n'existent pas plus que les entreprises qui pourraient être intéressées. Une ambitieuse Mostra qui n'a que le nom aguichant d'Italie, elle ouverte quelques heures dans la semaine.

ATTIRER DES TOURISTES DANS LA VILLE

Dans les projets des candidats aux Municipales, nous n'avons pas trouvé "la" curiosité touristique qui pourrait tout changer, quant à l'image de Givors. De nombreuses communes sont aujourd'hui connues à travers leur (vrai) musée, leurs vestiges, mais pas dix pierres qui se courent après, leur parc d'attraction, leur spécialité culinaire, leurs initiatives originales.

A Givors, on proposait un mini musée de la résistance n'ayant jamais attiré un touriste, on propose désormais de découvrir une vieille cheminée de verrerie, à prendre en compte de part la lutte d'ouvriers victimes de l'amiante, mais qui ne fera jamais venir quiconque, spécialement. Innover sans proposer un musée sur le passé ouvrier de la ville. Il faut que la Ville se projette dans des initiatives de son temps.

A Givors, il y a plus de vingt ans,  se trouvait le premier point tourisme de France qui n'avait rien à proposer, sinon "vendre" gratuitement le Parc du Pilat pas vraiment Made in Givors, même s'il était vendu à la ville une  soit disante  porte d'entrée du Parc! A Givors le foncier est "offert" à un village automobiles et à des programmes immobiliers se s'arrêtant plus.

150 000 VEHICULES PAR JOUR... 

Quelle autre commune laisserait passer 150 000 véhicules par jour sans tenter de "détourner" trois ou quatre cars de touristes ? Quelle commune n'essayerait pas "d'inviter" les automobilistes à venir chez elle, eux qui circulent sur deux axes fondamentaux: Paris Marseille et Genève Clermont Ferrand ? 

 Quelle commune ? Givors. Par manque d'ambition. 

Quelle stupidité que de faire un village automobiles débouchant sur la... gare. Alors que ce terrain des friches de la verrerie aurait offert l'endroit idéal pour une curiosité touristique. Et, là pour le coup, la gare étant un atout de plus. 

Un jour Ville et Canal n'auront plus un M2 de terrain. Alors les hauteurs seront prises d'assaut. D'autant que certains habitants, sans même aller à Lourdes ont vu leurs terrains devenir constructibles. 

UNE SALLE DE SPECTACLES DE LA METROPOLE DE LYON !

La Ville est à un tournant avec la nouvelle Majorité municipale. Mohamed Boudjellaba, le maire, a déjà fait arrêter deux projets immobiliers. Une bonne décision. Et il faut continuer dans ce sens. Il faut garder du terrain pour des projets bien réfléchis. Des projets "Made in Givors" et non pas une signature sous les contrats de promoteurs. 

Le sud du département manque aussi d'une salle de concert. Une vrai salle. Pas de 500 places. De 1 000 ou 1200 offrant ainsi la possibilité de voir de vrais spectacles. Une salle intercommunale ou "la" salle de la Métropole pour ce sud trop oublié. Et une salle à Givors avant qu'elle ne se fasse à côté.

LA MAISON DU FLEUVE RHONE COMME PRODUIT D'APPEL 

Seul bâtiment au cachet indéniable, le long du Rhône, la Maison du Fleuve Rhône devrait être affectée à un rôle de loisir et de gastronomie, au lieu d'être le siège d'associations.

Plus qu'une question d'argent, la question à se poser est de savoir si la nouvelle équipe souhaite s'ouvrir au monde extérieur ou continuer à vivre sur elle même, dans une forme d'entre soi. Une décision capitale pour faire changer l'image de ce village d'irréductibles gaulois et attirer par la même le monde économique, culturel.

La Majorité municipale n'a aujourd'hui qu'un état des lieux. Elle devra faire avec les grosses erreurs des équipes l'ayant précédée. Par chance les battus n'ont pas emmené le Rhône, ni la situation géographique. 

 

 

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