GIVORS (69) QUELLE POURRAIT ETRE LA DROITE DE... MOHAMED BOUDJELLABA

De sensibilité Rem en 2020, aujourd'hui LR, l'ancien colistier de Laurent Decourselle, DVG, Christophe Vandenbroucke semble être le plus actif pour réinventer la droite traditionnelle à Givors (69). Sur la même liste aux municipales, Jérôme Chabrier a la même ambition. Et les "historiques" pourraient donner leur point de vue.

La droite traditionnelle a souvent essayé de gagner la mairie. Mais la ville industrieuse et pauvre a toujours refusé la politique des "patrons", des "nantis", des "autres". Les autres, les non communistes et leurs alliés socialistes plus cautions que véritable force politique. Au profit d'un duel droite-gauche Denis Ribeyre donnait à la droite le meilleur score des mandats du PC avec 41,60%, Passi (PCF) l'emportant avec 58,40%.

Au fil du temps des parlementaires ont tenté le hold up. Pas forcément le bon calcul. A Givors, à l'exception de Camille Vallin, député, sénateur, les "Parisiens" ne sont pas forcément bien vus. Georges Fenech, député, en a fait les frais. Pourtant, lui avait un passé givordin remontant, certes, mais réel. Et bien qu'ayant enlevé sa cravate au fil de la campagne de 2008 l'homme, sans doute trop brillant, récoltait tout juste plus que les suffrages d'un quart des votes des électeurs (25,72 %). Surtout, Passi l'emportait une fois encore au premier tour. 52,61% alors que Boudjellaba s'essayait pour la première fois (10,12%). La droite, elle, s'écroulait.

LA NATURE A HORREUR DU VIDE... QUEL "STYLE" DE DROITE ?

Michelle Palandre (Le défi givordin) lui redonnait de l'oxygène en 2014, en binôme avec Alain Pelosato. Un score très honorable de 17,60% et cette fois, un deuxième tour pour une victoire de Passi (43,43%). Avec cette fois, Antoine Mellies qui pointait le bout de son nez (20,75%) alors que Mohamed Boudjellaba continuait sa progression (15,34%).

Pas de droite en 2020, Michelle Palandre étant empêchée pour raisons personnelles. Pas de remplaçant. Aucun dans le groupe le Défi givordin ne pouvant ou ne voulant reprendre le flambeau. Ses électeurs se sont reportés un peu plus sur Antoine Mellies (25,40%) que sur Boudjellaba (28,88%). L'élection a surtout été marqué par l'arrivée d'un candidat du sud-est lyonnais, Laurent Decourselle, novice en politique et ayant accumulé les erreurs. Un homme de gauche, revendiqué, conseillé en amont par des élues communistes, épaulé par la Rem, et qui aurait bien aimé avoir le soutien du responsable départemental des LR Alexandre Vincendet. La dernière erreur aura été de s'associer à Alexandre Couchot, au soir du premier tour. Contre l'avis de certains de ses colistiers et par manque de stratégie politique, la tête de liste espérait que les deux scores s'ajoutent. Il terminera dernier avec 17,47% loin des 27,96% escomptés. Très rapidement, Couchot quittera Decourselle au conseil municipal reprochant une gestion solitaire de son ex-associé.

ET AUJOURD'HUI ? VANDENBROUCKE OU CHABRIER ?

Un avenir pour Givors a t-il retenu les leçons ? En sommeil depuis l'élection du maire, Mohamed Boudjellaba, le 3 juillet 2020, l'équipe a repris ses activités, sa tête de liste revenant plus souvent à Givors, en raison de l'éventualité d'une nouvelle élection municipale. Durant la campagne, Jérome Chabrier, lui aussi nouveau en politique, expliquait vouloir reprendre en mains la droite. Et se montrait ambitieux pour 2026. D'où le départ de certains colistiers de Decourselle, revendiquant eux d'être de gauche. L'annonce de cet éventuel scrutin a donc aiguisé les appétits. Au fil des semaines Christophe Vandenbroucke 13ème puis 15ème sur les listes Deourselle, et proche de la Rem en 2020, semble avoir pris le leadership de la droite. Contrairement à Chabrier, lui est encarté aux LR. Ayant choisi le camp d'Alexandre Vincendet, il multiplie les photos avec des élus LR, participe à des visio conférences et fait le tour des Givordins qui pourraient être amenés à le rejoindre. Pas vraiment adoubé par les référents LR de la circonscription de Givors, notamment Roland Segear, Jean Ladent... la droite canal historique, Christophe Vandenbroucke profite du renoncement de Michelle Palandre. La nature ayant, on le sait, horreur du vide.

Mais quid en cas d'élection municipale ? https://blogs.mediapart.fr/patrick-veyrand/blog/060221/givors-69-questionssans-reponse-apres-la-decision-du-tribunal-administratif On voit mal Vandenbroucke partir avec le DV gauche Decourselle au risque de perdre une fois encore les électeurs LR. Qui sera le "chef" entre Vandenbroucke et Chabrier ? https://blogs.mediapart.fr/patrick-veyrand/blog/090421/givors-69-deux-groupes-un-cerveau-dans-lopposition-de-mohamed-boudjellaba Le premier semblant prendre de l'avance. Et il bénéficiera désormais de l'appareil LR. Autre question ? Une guerre d'ego surgira t-elle entre les deux hommes.

Decourselle n'a pas changé sur un point depuis plus de deux ans et demi: il n'accepte pas autre chose qu'une tête de liste. Une chose semble certaine, Chabrier et Vandenbroucke ne pourraient plus être sur sa liste. On voit mal Vincendet accepter que Vandenbroucke soit sur une liste Divers gauche. Celui-ci pourrait-il monter une liste en quelques mois ?

L'avantage de cette annonce d'une nouvelle élection possible aura au moins été de clarifier à droite. 

Alors que la tendance semble plus aller vers le maintien des résultats de 2020. Et donc une stabilité pour la ville. 

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