POURQUOI LA SOCIETE A T'ELLE TUÉ SAMUEL PATY

Comme la famille du patron décapité à Saint-Quentin Fallavier a été oubliée, celle de Samuel Paty le sera aussi. Ne pas trop brasser. La Police savait, l'Education nationale savait, les enseignants savaient, le Renseignement savait... Et un fiché "S" était reçu en grandes pompes.

Neuf jours déjà. Quatre jours déjà après l'hommage national. Bientôt oublié ? Il nous semble que non. Et pourtant. Qui se rappelle du nom de ce prêtre, de ce patron décapité à Saint-Quentin Fallavier (Isère), de cet héroïque gendarme, voire même des dessinateurs de Charlie.

Pour ne pas exploser nos cerveaux se soulagent de quelques noms, persuadés que, de toute façon, d'autres compléteront la liste. Cela ne pourra pas être pire, en matière d'ignominie que l'exécution primaire de cet enseignant ? Dont on connait encore le nom: Samuel Paty. Allons savoir, ce sont les terroristes qui mènent le jeu, nous, nous subissons. Ils choisissent la date, le mode opératoire, l'arme et leur revendication.

La famille de Samuel Paty ne pourra pas être préservée. Un jour ou l'autre, sans doute elle tombera sur la photo du corps mutilé de cet enseignant. De leur mari, fils ou père. Et si ce n'est pas le cas un soumain (sous-être) prendre plaisir à lui la poster.

Il fallait tenir jusqu'à l'hommage national quitte à saouler une veuve, de rendez-vous, de visites, de messages de sympathie. Que la vérité n'éclate pas trop vite.

OUI C'EST LA SOCIETE, NOTRE SOCIETE QUI A TUE L'ENSEIGNANT 

Tout d'abord des ignorants. Des incultes. Cette gamine menteuse ou son père menteur. Sans doute les deux. Un homme reçu en grandes pompes par la Police nationale, par la hiérarchie de l'Education nationale. Accompagné d'un fiché S. Le Canard enchaîné a publié (ci contre) un document qui glace les sangs. Ne pas en parler avant l'hommage. Ne pas en parler après. Bref c'était inespéré que pratiquement tous les services soient au courant des faits. 

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Même les deux pieds nickelés sont passés à travers le radar. 14 et 15 ans. Ceux qui ont passé deux heures avec le terroriste avec la moitié de l'argent promis et sans comprendre les intentions du barbare. Des ignorants eux aussi ? Des non élevés ? Ils regrettent nous dit leur avocat que, visiblement, ils ne sont pas allés chercher dans le meilleur cabinet français. S'il parle à la barre comme à la TV il n'est pas près de faire acquitter un accusé. Et pour le coup c'est bien.

On ne peut pas être mort pour une cause légitime. Dire qu'il est mort pour avoir présenté des caricatures est quelque part faux. Il est mort parce que d'autres refusent la liberté d'expression de notre République. Si un boucher est tué pour avoir servi du cochon, ni le boucher, ni le cochon ne seront en cause. 

Le 16 octobre ce n'est pas par hasard que le bourreau attendait le professeur. Ces collègues non plus n'avaient pas pris la mesure. Le raccompagner à sa voiture. 

Mais quand la Police, la Justice, le Service central du renseignement, l'Education nationale sont au courant comment culpabiliser d'autres enseignants.

Ce drame pourrait devenir un cas d'école. Il était plus difficile de rater l'assassin que de l'attraper. 

J'ai moi-même, hier, signalé une valise posée sur parking dans un quartier de ma ville. La Police est arrivée...51 minutes plus tard. Mais avait-elle les moyens de faire autrement. Si je n'avais pas prévenu et que la valise ait explosée mon nom ferait le tour des chaines d'infos en ce moment. Sans être responsable des effectifs de la police qui doit faire des impasses.

Comme ce fut le cas à Conflans Sainte-Honorine

La société c'est aussi nous. Pour le meilleur et pour le pire. 

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