Re-combine nucléaire : L’hydrogène oublié par l’UE et le Figaro.

Le Figaro en date du lundi 1er octobre à 19h15 précise, se vantait d’une information exclusive, voir explosive ! Si l’on se fiait à la simple lecture du titre accrocheur du journal Dassault. Pensez donc, il faut tout d’abord attirer le client, le pro tout comme l’anti, car si pour certains, il y a le poids des mots et le choc des photos, pour le Figaro Dassault, l’important est dans le tire au titre canonique : « Nucléaire : les 19 centrales françaises épinglées par l'UE ».

Le Figaro en date du lundi 1er octobre à 19h15 précise, se vantait d’une information exclusive, voir explosive ! Si l’on se fiait à la simple lecture du titre accrocheur du journal Dassault. Pensez donc, il faut tout d’abord attirer le client, le pro tout comme l’anti, car si pour certains, il y a le poids des mots et le choc des photos, pour le Figaro Dassault, l’important est dans le tire au titre canonique : « Nucléaire : les 19 centrales françaises épinglées par l'UE ».

Je dois bien l’avoué  avoir été pris dans la ligne de mire de ce titre canon, et qu’en moins de caractères qu’il n’en faut, comme par miracle, pour me rendre compte de la duperie journalistique de ce papier. Dépassionné par la suite de la lecture et de l’intérêt réel, qu’il y avait à en retirer du développement réalisé par le duo de journalistes du Figaro, Jean-Jacques Mevel, Fabrice Nodé-Langlois.

Car au bout du compte, si  on se limite à lire ce résumé plutôt rassurant pour l’industrie nucléaire, malgré son titre quasi catastrophique, et selon toutes ces expertises, il en resterait que les travaux de remise à la « norme post Fukushima » des centrales nucléaires situées sur le territoire national, ne serait pas un si grand cataclysme financier ni industriel à supporter. Montebourg va s’abonner. Un document qui en conclusion, nous annonce le cout pour les travaux de l’ensemble du parc européen, pour la mise en « sécurité post Fukushima », évalué dans une plage de 100% à 15% par réacteur ! De la précision atomique ! Extrait  [...//..Pour finir, le document européen évalue entre 10 et 25 milliards d'euros le coût de la nécessaire mise à niveau des 14 pays européens (de 30 à 200 millions par réacteur)...//...]

Les recombineurs d'hydrogène, seraient le bon point pour les centrales hexagonales, selon L’UE et le Figaro qui s’en félicite. Extrait : [...//...Un bon point pour les centrales hexagonales: toutes sont équipées de recombineurs d'hydrogène, un dispositif qui aurait, selon les experts du Commissariat à l'énergie atomique notamment, évité les explosions d'hydrogène à Fukushima si les réacteurs japonais en avaient été pourvus. Ces équipements manquent aux réacteurs espagnols et britanniques, pointe le rapport européen...//...]. Le cocorico français est donc de mise, les gaulois en avance sur les britanniques, pensez-donc ! Le chant du coq sans le refrain couteux, de nous rappeler ou de préciser, si celles du groupe énergéticien British Energy, la filiale de EDF à 15 milliards d’euros, sont elles aussi dépourvues de ces outils relativement nouveau dans ce domaine.

Les recombineurs sauveurs ? Pourtant, cette technologie « d’effacement » de concentration d’hydrogène (un explosif s’il en est) dans les enceintes des réacteurs nucléaires est toute récente. Des efforts en R&D qui ont été mis en œuvre et développement par l’IRSN, seulement à partir de 2002, pour des phénomènes chimiques connus depuis les années 1975 selon les documents accessibles et publiés par l’IRSN. Des contres mesures devenues indispensables, à la foi des experts, et suite aux accidents, de Three Mile Island, puis de celui de Tchernobyl en 1986. C’est dire de la réactivité, car la réalité est bien cruelle à dire et à constater, en ce royaume atomique de France, c’est que ces équipements,  ont  été mis en œuvre dans les centrales françaises, seulement  à partir des années 2007 et suivantes.  Et ne satisfait que partiellement aux exigences de sécurité, très loin de ce que décrit le Figaro.

Extrait du document IRSN : [...//...Ainsi, malgré les performances des recombineurs, les études réalisées, notamment dans le cadre des études probabilistes de sûreté de niveau 2 (EPS2), montrent que la formation d’un mélange hydrogène oxygène susceptible de conduire à des phénomènes d’accélération locale de flamme ne peut pas être exclue en tout point de l’enceinte de confinement et à tout instant et quel que soit le scénario accidentel de fusion du coeur considéré.

Les scénarios pouvant conduire à un risque lié à l’hydrogène sont ceux qui présentent une cinétique de production d’hydrogène en cuve « très importante » en regard de la cinétique de recombinaison par les recombineurs. Pour ces scénarios, les recombineurs améliorent grandement la situation mais la quantité d’hydrogène temporairement présente dans l’enceinte pourrait constituer une menace pour l’étanchéité du confinement. Des dispositions ont été retenues par EDF pour éviter certaines de ces situations, par exemple en arrêtant (pendant une durée limitée) des injections d’eau de faible débit dans la cuve au début de la fusion du cœur (l’eau injectée pouvant temporairement accélérer l’oxydation des gaines sans refroidir le combustible). ...//...]

Et ce n’est pas tout ! Car ce que nous dit également le document texte publié par l’IRSN en juillet 2011, du frais (joint en PDF), n’est qu’un sparadrap atomique, un autre comme dans bien des domaines techniques liés au nucléaire. En effet, si cette technologie de recombineur d’hydrogène apporte une sensible « amélioration », un progrès technique néanmoins limité et tardif,  mis en chantier en France au bout de trente ans de réflexion, et de l’évidence de ce risque majeur révélé depuis les années 1970. Ce qui est malgré tout, toujours selon l’IRSN,  un apport technologique loin  de pouvoir prétendre à annihiler à 100% ce risque de concentration d’hydrogène dans les enceintes des réacteurs. Et que la méthode envisagée en plus de ces appareils catalyseurs, ce pour pallier aux concentrations lors d’un accident majeur , afin d’éviter l’explosion; consiste tout simplement par le rejet de cet hydrogène explosif radioactif à l’extérieur des enceintes.  Des rejets toxiques, qui seraient de fait livrés aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires, dans un premier temps, des gaz transitant au travers de filtre à l’efficacité de filtration des iodes gazeux en cas d’éventage, dont les recherches sont toujours en cours, pour capter la pollution induite par ce gaz, en cas de tels accidents.

Extrait du document IRSN : [...//...Le comportement, la conception et la mise en œuvre de ces dispositifs d’éventage vont en tout état de cause faire l’objet d’un réexamen approfondi à la lumière de l’accident de Fukushima. Cet examen complétera les demandes déjà formulées par l’IRSN en vue d’améliorer l’efficacité de filtration des iodes gazeux en cas d’éventage.

La conception du réacteur EPR de Flamanville ne prévoit pas de dispositif d’éventage-filtration. Comme pour les autres réacteurs français, la stratégie choisie pour le réacteur EPR pour éviter une déflagration d’hydrogène combine l’existence d’une enceinte de grand volume et l’installation de recombineurs autocatalytiques passifs.

Exemples d’actions en cours sur les risques liés à l’hydrogène dans les enceintes de confinement (avant l’accident de Fukushima)

Les principales dispositions de réduction du risque associé à l’hydrogène sont détaillées ci-dessus (installation de recombineurs et dispositions supplémentaires de gestion des appoints d’eau). Le risque de défaillance d’une enceinte de confinement par explosion d’hydrogène apparaît beaucoup plus faible aujourd’hui qu’au début de l’exploitation du parc de réacteurs à eau sous pression, mais fait cependant encore l’objet de travaux de recherche. Les travaux menés par l’IRSN portent par exemple :

- sur la cinétique de production d’hydrogène, notamment lors d’une injection d’eau dans la cuve au cours de l’accident (amélioration de l’outil de simulation d’accident ASTEC, réalisation du programme expérimental PEARL visant à mieux apprécier l’effet d’une injection d’eau),

- sur l’effet d’une aspersion dans l’enceinte sur le risque de déflagration (expérimentations menées en collaboration avec le laboratoire ICARE du CNRS Orléans et prise en compte des résultats dans les outils de simulation),

- sur les recombineurs pour compléter les connaissances sur leur comportement et leur efficacité ; étude de l’effet des panaches de vapeur sortant des recombineurs sur l’accumulation d’hydrogène dans une enceinte (projet OCDE/SETH II et projet européen ERCOSAM), sensibilité de l’efficacité de la recombinaison à l’emplacement des recombineurs, étude de la possibilité d’inflammation2 des gaz présents dans l’enceinte de confinement par les recombineurs et des conséquences en cas d’explosion, étude des performances des recombineurs dans des situations particulières (effet d’un déficit en oxygène par exemple), étude de la recombinaison du monoxyde de carbone produit lors de l’interaction entre le corium et le béton (en cas de rupture de la cuve),

- sur l’amélioration des outils de simulation d’accident ; l’IRSN vise une amélioration significative de ses outils de simulations pour pouvoir réaliser des calculs très détaillés de la distribution et de la combustion d’hydrogène dans le cadre de ses études de sûreté, indépendantes de celles menées par les exploitants (l’objectif de l’IRSN en la matière est de rester au niveau de l’état de l’art et, autant que possible, de le faire progresser). ...//...]

Recombineur ! De sacrés inventeurs de mot ... à nous la combine..

Extrait nouvel Ob [ ...//... "De 100 à 200 millions d'euros par centrale"

"Je ne peux pas parler pour tous les pays, mais pour la France, le coût de ces investissements sera de l'ordre de 100 à 200 millions d'euros par centrale", avait annoncé un de ses représentants, le Français Philippe Jamet, lors d'une audition en juin devant le Parlement européen. ...//...]


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.