LES ARTISTES ET LA COMMUNAUTÉ ARTISTIQUE CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES

La saison 2018-2019 fût celle de la banalisation de la violence. 

Le mépris de classe et la violence symbolique des discours du Président Macron, n’était que la première étape. Ensuite vint l’oppression d’État, celle exercée sur les plus pauvres. Depuis les homicides policiers dans les quartiers réputés sensibles, aux violences qui s’invitent dans les rues des grandes villes chaque semaine, nous constatons que les violences policières s’intensifient et deviennent plus visible puisqu’elle touche désormais tout le monde.

Malgré les avertissements des collectifs anti-armement, du conseil de l’Europe et le rapport d’Amnesty International concernant les dérives policières en France ces derniers mois, le gouvernement n’entend rien. Rien n’a changé et il continue de nous mettre en danger.

Au-delà de la tétanie provoquée par l’information brutale, nous constatons l’absence des artistes et de la communauté artistique de ces débats actuels importants. 

Quel est le rôle de l’artiste, quand l’art n’est plus un contre-pouvoir ? Comment rompre avec cette impuissance qui est aussi une violence passive ?

Notre système de l’art est lui même inégal, il est certain qu’il est un miroir de notre société.

Au delà du succès d’estime des oeuvres et des manifestations d’appart, une infime partie de la communauté artistique se trouve économiquement et socialement privilégié tandis qu’une grande majorité subit la précarité. Nous nous sommes habitué·e·s à cet état de fait et nous acceptons trop souvent la dévalorisation financière du travail artistique et intellectuel et les inégalités de notre milieu.

Cette précarité nous disperse et nos rythmes de vie et de travail morcelés sur-ajoutent à la difficulté de se réunir et de se fédérer. 

Au delà de ces justifications, nous avons conscience des privilèges de notre domaine d’activité et il n’est plus possible de regarder les révoltes actuelles depuis notre tour d’ivoire. Nous n’acceptons pas l’infantilisation, voire la directe criminalisation par l’État, des manifestations politiques actuelles qui portent la voix des opprimés de notre pays.

Artistes, designers, autrices et auteurs de toutes les classes sociales, nous vous appelons à disposer des forces littéraires et d’action pour faire valoir nos droits et porter les paroles et revendications de ces personnes sur lesquelles l’État exerce une violence policière et sociale : les femmes isolées aux très faibles revenus, les habitant·e·s de villes et quartiers défavorisé·e·s et exclu·e·s, les migrant·e·s et personnes en difficultés de logement, les auto-entrepreneurs·euses précaires du système ubérisé.

Nous parlons avec elles et eux pour revendiquer un système de gouvernance plus juste, plus social et une meilleure répartition des richesses en France.

En l’honneur des victimes d’homicides policiers et des centaines de manifestant·e·s qui ont perdu la vue ou l’usage de leurs mains ces derniers mois,

NOUS DEMANDONS, PAR CETTE TRIBUNE, LA DÉMISSION DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR MONSIEUR CASTENER, RESPONSABLE DES EXACTIONS DE LA POLICE ET DE L’ESCALADE DE VIOLENCES EXERCÉES AU NOM DU « MAINTIEN DE L’ORDRE », 

NOUS DEMANDONS AUSSI LE RETRAIT DES ARMES SUBLÉTALES UTILISÉES PAR LA POLICE DE NOTRE PAYS (GLI-F4, LBD 40). CES ARMES QUI FONT COULER LE SANG DANS LES RUES DES GRANDES VILLES CHAQUE SEMAINE PROVOQUENT DES BLESSURES DE GUERRES ET CELA FAIT PLUSIEURS MOIS QUE L’OPINION PUBLIQUE ET EXPERTES ALERTENT LE GOUVERNEMENT SUR LEUR UTILISATION ABUSIVE. 

Notre positionnement public arrive certes tardivement mais, nous l’espérons, ouvre une nouvelle saison, celle de l’engagement. Nous estimons qu’il est toujours urgent de se questionner, d’agir sur ces problématiques et de parler d’une seule voix. 

Nous croyons en la convergence des luttes sur ces sujets, avec, en exemple, l’important travail de fédération théorique et de terrain des collectifs Vérité pour Adama, Gilets Jaune, Désarmons les…

Par la même, nous appelons aussi les autrices et auteurs, artistes plasticien·ne·s et designers à s’allier aux collectifs déjà présent sur le terrain pour grossir les rangs des prochains rassemblements.

Nous vous donnons rendez-vous à la prochaine mobilisation parisienne du 21 septembre. Celle-ci, par sa convergence des sujet sociaux et climatique, s’annonce historique. 

Pour l'honneur de ces victimes policières, le futur de nos enfants, et la beauté de notre unique planète, sortons massivement dans la rue !

 

Pour co-signer cette tribune, vous pouvez envoyer votre nom et prénom à l’adresse mail : artistecontrelesviolencespolic@gmail.com

 

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