dm456
Abonné·e de Mediapart

20 Billets

0 Édition

Billet de blog 2 mai 2016

Les avancées démocratiques en Birmanie et l’amnistie de centaines de prisonniers

Le nouveau gouvernement birman pourrait prochainement amnistier les 452 derniers prisonniers politiques du pays. Un acte fort qui traduit la volonté des autorités à une certaine ouverture mais aussi l’impact de l’arrivée d’Aung San Suu Kyi en tant que conseillère d’État spéciale. Pour l’heure 83 prisonniers ont déjà été libérés à l’occasion du Nouvel an, le 17 Avril dernier.

dm456
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le changement serait-il définitivement en marche en Birmanie ? Alors que la junte militaire s’est auto-dissoute en 2011, laissant la place à un pouvoir semi-civil, la dernière décision du nouveau gouvernement birman montre une nouvelle évolution démocratique, certes symbolique, mais non négligeable. En effet, les 535 derniers prisonniers et opposants politiques du pays devraient être prochainement amnistiés.

Et cette mesure tient à une seule et même personne : Aung  San Suu Kyi. Devenue ministre des Affaires étrangères, porte-parole de la Présidence et conseillère spéciale de l’État, la lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 a fait de cette libération sa première décision politique et symbolique. Cette volonté s’était d’ailleurs traduite dès sa première directive officielle dans laquelle « The Lady » a expliqué « qu’elle allait œuvrer pour la libération immédiate des prisonniers politiques, des militants politiques et des étudiants poursuivis en justice pour des raisons politiques ».

Un vrai test pour le gouvernement

Cette décision est un véritable test pour le pouvoir en place. Si le gouvernement en place prépare une transition démocratique pacifique, les militaires contrôlent encore plusieurs ministères et notamment l’Intérieur en charge de l’administration pénitentiaire. C’est notamment pour cette raison qu’il faudra tout de même être attentif au devenir de l’entière application de cette décision.

En attendant, à l’occasion du Nouvel an, le président Htin Kyaw a déjà amnistié 83 prisonniers politiques et prisonniers concernés par des affaires politiques, et notamment les cinq journalistes d’Unité, condamnés pour avoir rédigé un article accusant l’armée de fabriquer des armes chimiques.

Actuellement il reste donc encore 452 opposants politiques qui devraient profiter de cette amnistie. Toutefois, leurs situations ne sont pas similaires. En effet, plus d’une centaine d’entre eux sont des condamnés qui effectuent leurs peines dans les prisons birmanes et tout autant sont incarcérés en attente de leurs procès. Enfin, cette décision s’applique aussi auprès de 300 prisonniers en liberté surveillée, comme l’était en son temps Aung San Suu Kyi, eux aussi en attente d’une décision judiciaire.

Mais c’est surtout le profil des individus qui les rapprochent puisqu’une grande partie d’entre eux sont des étudiants qui avaient manifesté il y a maintenant plus d’un an, en mars 2015, contre la réforme de l’éducation. Ils avaient été directement interpellés puis incarcérés sans avoir été jugés.

Il faut noter que ce pas en avant démocratique à destination des prisonniers politiques n’est pas une nouveauté. Lors de l’arrivée du nouveau gouvernement en 2011, après l’autodissolution de la junte, des dizaines de prisonniers politiques avaient été libérés. Ce qui n’avait donc pas empêché ce même gouvernement de continuer à arrêter arbitrairement plusieurs années après. Il faudra donc attendre avant d’annoncer que la Birmanie est définitivement sur la voie de la démocratisation mais il est évident que cette décision symbolique va dans le bon sens.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
En Pologne, le calvaire des exilés
Dans notre émission ce soir, reportage aux portes de l'Union européenne, où des migrants et des migrantes sont toujours retenus dans des conditions inhumaines. En plateau : Anaïs Vogel, qui a fait cinq semaines de grève de la faim pour dénoncer le traitement des exilés à Calais, et Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche émérite au CNRS. 
par à l’air libre
Journal — France
La candidature de Zemmour prend une mauvaise tournure
L’ancien éditorialiste de CNews et du Figaro a officialisé, mardi, sa candidature à l’élection présidentielle dans un clip reprenant toutes ses obsessions identitaires. Sur le terrain, sa campagne est devenue particulièrement compliquée.
par Lucie Delaporte
Journal — France
Pour Pécresse et Bertrand, une campagne aux airs de pénitence
Après avoir claqué la porte du parti Les Républicains, ils ont repris leur carte pour obtenir l’investiture présidentielle. Pendant des mois, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont remis les mains dans le cambouis partisan et arpenté les routes de France pour convaincre.
par Ilyes Ramdani
Journal — France
Les macronistes s’offrent un rassemblement de façade
Divisée avant d’être officiellement unie, la majorité présidentielle s’est retrouvée, lundi soir, pour tresser des louanges à Emmanuel Macron et taper sur ses adversaires. Un exercice poussif qui ne risque pas de « marquer l’histoire ».
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
Les Œillades d'Albi : « Retour à Reims (fragments) » de Jean-Gabriel Périot
Autour de l’adaptation du livre autobiographique du sociologue Didier Éribon « Retour à Reims », Jean-Gabriel Périot avec l’appui de nombreuses archives audiovisuelles retrace l’histoire de la classe ouvrière de 1950 à nos jours.
par Cédric Lépine
Billet de blog
« Ailleurs, partout » : d’autres images des migrations
« Ailleurs, partout », d’Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter, sort le 1er décembre. Le documentaire offre une passionnante réflexion sur les paradoxes de la géographie contemporaine, entre fausse ubiquité du cyberespace et vrais obstacles aux migrations. Rencontre avec les deux réalisatrices. (Entretien avec Nashidil Rouiaï & Manouk Borzakian)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
La nullité pollue
Il y a peu, vautré devant un énième naufrage filmique d’une plateforme de streaming, j'ai réalisé que ces plateformes avaient entrainé une multiplication délirante des navets qui tachent à gros budget. Fort bien. Mais quand va-t-on enfin parler de l’empreinte écologique démente de ce cinéma, cet impensé dont on ne parle jamais ? Ne peut-on imaginer des films plus sobres -tels ceux de Carpenter ?
par Mačko Dràgàn
Billet de blog
Get Back !!!
Huit heures de documentaire sur les Beatles enregistrant « Let it Be », leur douzième et dernier album avant séparation, peuvent sembler excessives, même montées par Peter Jackson, mais il est absolument passionnant de voir le travail à l'œuvre, un « work in progress » exceptionnel où la personnalité de chacun des quatre musiciens apparaît au fil des jours...
par Jean-Jacques Birgé