Le double rôle de la Chine dans la lutte contre le réchauffement climatique

Depuis le 30 novembre, Paris accueille la 21ème conférence sur le climat. L’objectif annoncé est de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Mais pour y parvenir, il faudra un engagement de l’ensemble des pays. Et notamment de la Chine, 1er pays émetteur de gaz à effet de serre, qui, malgré la multiplication des pics de pollution, freine pour parvenir à un accord.

La situation interpelle : alors que vient de s’ouvrir la COP21 à Paris, rendez-vous majeur pour la lutte contre le réchauffement climatique, la Chine enregistre une succession de pics de pollution élevés. Les images de Pékin engloutie par une brume épaisse sont impressionnantes mais surtout, et cela est plus alarmant, récurrentes. Pourtant, la position de la Chine sur le sujet reste toujours complexe, le pays ne souhaitant pas sacrifier son économie sur l’autel de l’écologie.

Croissance vs écologie

Les formidables taux de croissance de la Chine sur la dernière décennie n’ont pas été réalisés sans sacrifice, notamment du point de vue environnemental. Symbole marquant de l’essor économique chinois, le barrage des Trois-Gorges sur le fleuve Yangtse est un véritable gouffre écologique entrainant des conséquences irréversibles sur tout un écosystème. Plus généralement, la Chine représente 28% des émissions mondiales de CO2, ce qui en fait le plus gros émetteur mondial. En cause, une consommation basée essentiellement sur les énergies fossiles (plus de 70% de l’électricité), Pékin étant en effet le plus grand producteur et consommateur de charbon au monde.

Pourtant le gouvernement chinois se serait bien passé de cette première place, volée aux Etats-Unis en 2007. Parallèlement, il est hors de question de faire ralentir l’économie par des mesures écologiques drastiques alors que cette dernière commence à montrer des signes de ralentissement. Ainsi, en préambule de la COP21, la Chine a tenté de composer avec ces deux variables lors de l’annonce de ses objectifs en matière environnementale. Le pays souhaite faire culminer ses émissions de CO2 mais seulement en 2030 et atteindre 20% d’énergies non fossiles dans son mix en 2030. Egalement, d’ici à 2020, les centrales au charbon seront modernisées, afin de diminuer leurs émissions polluantes de 60%. Ce qui devrait, à terme, permettre d’éviter le rejet d’environ 180 millions de tonnes de CO2 chaque année.

Le double rôle de la Chine au plan international

Au-delà de ses frontières, la Chine est aussi confrontée à un dilemme. Bien consciente du rôle qu’elle a à jouer lors des négociations de la COP21, la deuxième puissance économique du monde souhaite se placer au même niveau que les Américains en tant que « dirigeants du monde », tout en affirmant sa position de leader vis-à-vis des pays émergents.

Aussi le président Xi Jinping a-t-il appelé les pays développés à « assumer leurs engagements », dont le principal : financer les politiques climatiques du Sud. Le chef de l’Etat chinois doute en effet de la volonté réelle des pays riches de financer la transition énergétique (à savoir, un financement de 100 milliards de dollars par an et une promesse de réduction des émissions de CO2 de 25 à 40% d’ici à 2020). Reste à savoir dans quel camp il entend réellement se placer.

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