L’inquiétante situation des femmes enceintes et des nouveau-nés au Népal

Cela fait maintenant quatre mois qu’un séisme a secoué le Népal mais les conséquences directes de cette catastrophe continuent de toucher la population. C’est particulièrement le cas des nouveau-nés et des femmes enceintes. Les infrastructures, à commencer par les maternités, sont en grande partie détruites et malgré l’aide des ONG présentes sur le terrain, la situation continue à s’aggraver avec l’arrivée de la mousson.

Cela fait maintenant quatre mois qu’un séisme a secoué le Népal mais les conséquences directes de cette catastrophe continuent de toucher la population. C’est particulièrement le cas des nouveau-nés et des femmes enceintes. Les infrastructures, à commencer par les maternités, sont en grande partie détruites et malgré l’aide des ONG présentes sur le terrain, la situation continue à s’aggraver avec l’arrivée de la mousson.

Accoucher au Népal est redevenu très dangereux. Alors que le pays avait réussi à réduire sa mortalité maternelle, l’une des plus élevée au monde, de 55 % entre 2000 et 2013, le séisme d’avril dernier vient de remettre en cause cette avancée. Après avoir fait plus de 8 700 victimes, la catastrophe a également détruit la majorité des infrastructures népalaises. Au total, près de 70 % des cliniques ont été purement et simplement rayées de la carte.

Pour accoucher, les femmes népalaises doivent donc se contenter de campements de fortune et d’assistance médicale gérés par des ONG, où se trouve le minimum vital nécessaire à un accouchement tels des antibiotiques et des instruments chirurgicaux. Cependant, pour accéder à ces dispensaires, il faut emprunter des routes qui n’existent plus, elles aussi détruites par le séisme, ce qui est notamment le cas dans les régions les plus reculées du Népal.

Cela a pour conséquence une augmentation du nombre d’accouchement en dehors des lieux de santé. Et donc une augmentation du risque de mortalité maternelle. Pour tenter de lutter contre ce phénomène, les ONG distribuent des kits de santé reproductive contenant les médicaments et le matériel de base pour aider en cas de complication dans les régions les plus isolées du Népal.

La mousson pour tout compliquer

Cependant, ces efforts restent infimes face aux besoins actuels. Selon plusieurs ONG, le nombre de femmes enceintes qui vont accoucher en dehors des maternités devrait augmenter de près de 30 %. L’exemple donné par l’Unicef est particulièrement éloquent : chaque jour, 90 femmes ont besoin d’une césarienne pour accoucher et il est aujourd’hui impossible de les réaliser.

Mais le pire n’est sans doute pas encore arrivé. Avec le début de la mousson, les conditions vont devenir extrêmement difficiles. La reconstruction va être ralentie avec les glissements de terrain. Au niveau sanitaire, autorités et ONG craignent la multiplication des infections dues à la détérioration de l’état de l’eau dans les populations les plus fragiles, nourrissons et femmes enceintes en tête.

Si les dons continuent d’affluer en direction du Népal, le processus de reconstruction sera encore très long. L’économie, là aussi l’une des plus faibles au niveau mondial, est sérieusement touchée dans son ensemble : agriculture, tourisme, réseaux de communications, tout est à rebâtir. Avec une mortalité infantile accrue, le pari s’annonce complexe.

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