paul report
Retraité. Ancien magistrat des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel.
Abonné·e de Mediapart

33 Billets

0 Édition

Billet de blog 4 oct. 2021

Présidentielle 2022 : une campagne mal engagée …

La campagne pour l'élection présidentielle de 2022 est désormais engagée mais, une fois de plus, les citoyens n'ont qu'un droit : celui d'écouter beaucoup d'inepties et de subir les opérations médiatiques habituelles de bourrage de crâne médiatique. Les prémisses de cette campagne sont particulièrement décevantes.

paul report
Retraité. Ancien magistrat des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La campagne pour l'élection présidentielle de 2022 est désormais engagée dans les médias ou les maisons d’éditions mais, une fois de plus, sans que les citoyens aient la possibilité d’y exprimer véritablement leurs points de vue, leurs aspirations ou encore leur ressentiment. Leur rôle est d’écouter, rien de plus.

En effet, les candidats, leurs entourages et communicants, outre les journalistes, savent tout de nous, parlent en notre nom comme jamais nous ne pourrions en être capables, connaissent mieux que nous nos vies, nos problèmes, nos difficultés. Aucun média n’invite un citoyen à débattre avec un candidat, aucune maison d’édition d’accepte de publier un témoignage de citoyen considéré, par définition, comme inapte à analyser ou proposer quoi que ce soit. En revanche, toute publication ou interview de ces candidats, aussi creuses et insipides soient-elles, sont les bienvenues : l’important est que leurs discours révèlent clairement une intention, celle de gagner, une volonté, toujours celle de gagner, et une profusion de promesses sans lendemain, pourvu qu’elles soient alléchantes.  Gagner, gagner l’élection : gagner, c'est le maître mot du discours politique ! 

Et nous, spectateurs, encadrés, abêtis puis recadrés comme il faut par des médias de plus en plus timorés, par quelques éditorialistes en vue ou autres chroniqueurs impatients de délayer sur les ondes leurs immuables verbiages, et par des instituts producteurs de sondages approximatifs voire fumeux, n’aurons d’autre alternative, une fois de plus, que celle de supporter en silence ces bavardages au soutien desquels il est vivement recommandé aux candidats à l’élection de ne pas laisser se propager, sous peine de voir leurs rêves de victoire s'effondrer, le moindre bruissement de mépris à notre égard, nous ces précieux spectateurs qui sommes leurs électeurs. 

Eh bien, il faut réagir !

Car une démocratie qui privilégie les monologues sans contradicteurs ou, au mieux, des dialogues stériles entre seuls acteurs de la politique cajolés par des médias complaisants, sombre dans la somnolence et perd vite les attributs qui lui permettent de rester vivante. Le citoyen ne saurait par conséquent être privé de la possibilité de témoigner, d'exprimer une opinion perceptible, et personne, pas même un Président de la République, dût-il s’appeler Emmanuel Macron, n’est en droit de s'acharner à tenter de maintenir ce citoyen, même revêtu de jaune, en état de coma forcé lui interdisant de donner des signes de vie sociale.

Les acteurs politiques de tous bords, y compris à gauche, qui consacrent l’essentiel de leurs efforts à tortiller leurs egos dans les médias pour s’y chamailler en s’époumonant à nous seriner, jour après jour, les noms de ceux d’entre eux qui, en 2022, seront forcément « les meilleurs » candidats et « les sauveurs » de notre pays et de notre République, doivent par conséquent prendre conscience que les frétillements de leurs accès de vanité ne sont plus d’aucune utilité et ne font qu’aggraver les lourdes peines et les souffrances de plus en plus intolérables actuellement infligées au peuple par le pouvoir en place.

Ils doivent comprendre que plupart des français paraissent de plus en plus fatigués par le fonctionnement inconséquent du régime politique auquel ils sont aujourd’hui soumis et qu’ils ne sont pas dupes : preuve en est qu’ils ne vont plus voter, ou si peu. Il est dès lors urgent de leur parler autrement en évitant de les prendre pour des demeurés.

Il faut notamment dépolluer le débat politique, et combattre, sans céder à de misérables objectifs de calcul électoral, les idées de certains aventuristes ambitieux en mal de pouvoir intellectuel ou politique, ces boutefeux experts dans l'art de la manipulation des cerveaux et de la cajolerie collective, amateurs d'une société autocratique et monochrome : force est malheureusement de constater que ce sont eux qui aujourd’hui imprègnent de plus en plus notre vie politique et nos chaînes d’informations de leurs idées, des idées à tel point écœurantes qu’elles en deviennent indigestes !

Et puis, en 2022, il faudra impérativement crier : trop c’est trop ! Il faudra en effet dire haut et fort : maintenant ça suffit, cessez d’infantiliser les français, de les tenir en laisse, permettez à notre environnement de souffler, respectez la nature, laissez-nous respirer, laissez l’humain reprendre la main, laissez tomber tous ces argentiers qui corrompent notre société ! Ce sont aussi des mots, mais ce sont les nôtres, des mots qu’il faudra bien qu’entendent enfin celles et ceux qui nous gouvernent ou qui rêvent d’accéder au pouvoir.

Les riens en ont assez, en effet, d’être traités au mieux par l’indifférence et plus souvent par le mépris, je veux parler de ces riens, pourtant fatigués, qui tentent sans grands moyens de forcer les verrous d’une démocratie si sécuritaire qu’elle en devient oppressive, comme pour y percer des ouvertures laissant circuler à nouveau ce puissant courant d’air frais et pur qu’est le vent de la liberté, cette liberté qui permet aussi d’exprimer son ressentiment.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Nouvelle-Calédonie: débats autour du colonialisme français

À la Une de Mediapart

Journal — France
Des militants à l’assaut de l’oppression « validiste »
Ils et elles se battent contre les clichés sur le handicap, pour la fermeture des institutions spécialisées et pour démontrer que, loin de la charité et du médical, le handicap est une question politique. Rencontre avec ces nouvelles militantes et militants, très actifs sur les réseaux sociaux.
par Caroline Boudet
Journal — France
Une peine de prison aménageable est requise contre François Fillon
Cinq ans de prison dont quatre avec sursis, la partie ferme étant « aménagée sous le régime de la détention à domicile », ainsi que 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité ont été requis lundi 29 novembre contre François Fillon à la cour d’appel de Paris.
par Michel Deléan
Journal — France
Au tribunal, la FFF est accusée de discriminer des femmes
Neuf femmes accusent la Fédération française de football de les avoir licenciées en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. Mediapart a recueilli de nombreux témoignages mettant en cause le management de la FFF. Son président Noël Le Graët jure qu’il « n’y a pas d’atmosphère sexiste à la FFF ».
par Lénaïg Bredoux, Ilyes Ramdani et Antton Rouget
Journal — France
« La droite républicaine a oublié qu’elle pouvait porter des combats sociaux »
« À l’air libre » reçoit Aurélien Pradié, député du Lot et secrétaire général du parti Les Républicains, pour parler de la primaire. Un scrutin où les candidats et l’unique candidate rivalisent de propositions pour marquer leur territoire entre Emmanuel Macron et l’extrême droite.
par à l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Militer pour survivre
Quand Metoo à commencé j’étais déjà féministe, parce qu’on m’a expliqué en grandissant que les gens étaient tous égaux, et que le sexisme c’était pas gentil. Ce qu’on ne m’avait pas expliqué c’est à quel point le sexisme est partout, en nous, autour de nous. Comment il forge la moindre de nos pensées. Comment toute la société est régie par des rapports de forces, des privilèges, des oppressions, des classes sociales.
par blaise.c
Billet de blog
Penser la gauche : l'ubérisation des militant·e·s
Les mouvements politiques portent l’ambition de réenchanter la politique. Pour les premier·e·s concerné·e·s, les militant·e·s, l’affaire est moins évidente. S’ils/elles fournissent une main d’oeuvre indispensable au travail de terrain, la désorganisation organisée par les cadres politiques tendent à une véritable ubérisation de leurs pratiques.
par Nicolas Séné
Billet de blog
Escale - Le cinéma direct, un cinéma militant qui veut abolir les frontières
Briser le quatrième mur, celui entre cinéaste et spectateur·rices, est un acte libérateur, car il permet de se réapproprier un espace, une expérience et permet d'initier l'action. C'est tout le propos de notre escale « Éloge du partage » qui nous invite en 7 films à apprendre à regarder différemment.
par Tënk
Billet de blog
Un jour dans ma vie militante : l’Etat réprime impunément des familles à la rue
[Rediffusion] Jeudi 28 octobre, soutenues par Utopia 56, plus de 200 personnes exilées à la rue réclamant l’accès à un hébergement pour passer l’hiver au chaud ont été froidement réprimées. L’Etat via son organe répressif policier est en roue libre. Bénévole au sein de l’association, j’ai été témoin direct de scènes très alarmantes. Il y a urgence. Voici le témoignage détaillé de cette journée.
par Emile Rabreau