Un billet pour nous mettre en jambe

Bonjour, bienvenus, asseyez-vous, assieds toi ami, je vous en prie.

Lorsqu'on se présente à un endroit, on ressent tous cette forme d'angoisse caractéristique de la rentrée scolaire. Nous pourrions comparer cet exercice aux césars, la gloire et les applaudissements en moins, la peur de déplaire et la charge de l'annonymat en plus. C'est ce qui m'arrive en ce moment même, où ne sachant ni à qui ni à quel propos j'écris, ne pouvant considérer moi-même comme un sujet à part entière, je tourne et vire mes doigts sur le clavier. Un narcissisme tour à tour manquant puis étouffant ne m'aide pas, pas plus que le maniaco-dépressif n'est aidé par ses élans de témérité suivis de terrassements sous le niveau de la mer.

Bref, ou presque, de certaines bouches, bien trop amicales pour être honnêtes, il paraitrait que je sais comprendre, écouter, lire et écrire. C'est parfait, c'est bien. En dehors de ce que ça a de rassurant à l'égard d'un moi-je déjà surdéveloppé, c'est tant mieux pour ce que nous avons à faire ensemble par ici. Des occasions et des sujets, avec un s, il y en aura. Mais, finalement, comme nous le savons tous, peu importe le sujet lorsque le plaisir de la rédaction et celui de la lecture se joignent dans une rencontre unique, quoique éphémère, faite de riches échanges de mots et de sens (elle était facile celle là). A l'instinct, avec ma sensibilité personnelle, je tenterai parfois de me lancer dans l'une de ces longues diatribes envolées qui me caractérisent, et qui atterrissent on ne sait où comme une sorte de gifle dont on ne saurait suivre la cynétique exacte afin de l'éviter. Le tout sera agrémenté d'un style propre, dans le sens de personnel, un peu épais, un peu surfait, très volubile et trop souvent piquant. Comme chez toutes les personnes qui cuisinent mal, avec moi, vous aurez triple portion de ce que vous ne voulez pas et ça vous restera sur l'estomac. Constipés, en revanche, passez votre chemin dès à présent, vous risqueriez d'être pliés en deux, mais rarement de rire. Parfois ce mini-style est aussi légèrement dérappant sur le plan du champs lexical et sémantique. On ne sait pourquoi, on voit survenir derrière un paragraphe, au petit matin chantant, lorsque la rosée du matin perle, un vocabulaire vulgaire sauvage, voir un propos clairement grossier à dos cendré ou parfois même une métaphores graveleuses des bois. Néanmoins, il (le style) l'est beaucoup moins (tout ce que je viens d'énumérer) depuis que je me relis, car j'ai fais beaucoup de progrès depuis la lecture d'une méthode. Tranché et tranchant, le propos morcelé comme mon âme, j'ai choisi de vider ma prose ici en prenant soin de fermer le loquet tout en lisant attentivement mon journal, dont l'abonnement est trop cher (si). Après quoi, une fois dans les tuyaux, la parole qui sera tombée sur leurs pompes appartiendra aux autres, si ça leur plait ou l'inverse. Ah si, mon principal défaut d'un point de vue littéraire est d'enchainer de multiples et récurrentes fautes d'orthographe, de syntaxe, grammaire, conjugaison et ponctuation, de tout, comme mes origines prolétaires assez marquées me l'ont consciencieusement inculqué dès mon plus jeune âge, c'est à dire il y a très longtemps (eh oui, je suis vieux). Ce n'est pas bien, non, mais comme disait le facteur cheval à propos de son oeuvre spontanée marquée par le même défaut maîtrisé, je m'en fout complètement (sauf que lui n'a jamais dit ça mais moi si). J'ai très peu écouté au CE2, je m'en mords les doigts, c'est comme ça. J'aimerais donc, si possible, afin de ne décevoir personne, qu'il n'y ai justement personne qui me lise ou bien uniquement des gens assez peu lettrés de façon à ce que je puisse continuer briller, d'un feu somme toute pâle, fébrille à l'odeur acre de fumée de sapin, certes, mais néanmoins suffisament flatteur. Oui, je frime petit, oui, je tiens à ce RSA d'une gloire éphémère du net, cet acte miroir qui me donne l'impression d'exister et de participer à quelque chose comme un jeune militant plein d'entreint et de vigueur dévolus à une cause quelconque. Même si c'est totalement faux, comme le savent tous les vieux militant. Oui, je veux que personne ne me lise et ça sera le cas puisque sans avoir à le préciser, ne nous faisons aucune illusion, personne ne me lira. En ce moment même, vous pensez me lire, mais vous ne me lisez pas. En tout les cas, c'est certain, vous ne me comprenez pas, je peux vous l'assurer sans même vous connaître : j'érpouve moi-même du mal à me suivre la plupart du temps. En revanche, je vous autorise, non à faire à votre guise ça serait trop beau, mais à me lire dans l'unique cas où se serait dans le but louable d'ajouter quelques flagorneries à l'égard de ma personnalité de paon déplumé...ou de grosse pintade on peut aussi dire, au choix de chacun. Meme si vous n'y croyez pas, n'allons pas jusque là, ça resterait sympa.

Merci d'avance. Au plaisir. Cordialement. PB.

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