La décroissance humaine peut-elle être humaniste ?

Sommes-nous trop ? Si question est souvent mal posée, la réponse est encore plus mauvaise. Problèmes écologique et sociaux se rejoignent autour de la masse d'êtres humains. Pourtant un tabou et un passif historique empêchent de traiter la question avec le recul critique suffisant pour aboutir à changement culturel nécessaire, aussi planétaire et universel que les droits de l'homme.

Dans quelle mesure nous ne serions pas nous-même une ressource écologique à comptabiliser, à mesurer, comme les autres ?

Jusqu'où notre expansionnisme commun veut-il encore aller ? Si la masse humaine tend, a développer son expansion sous sa forme actuelle, en revanche, l'individu humain, lui, tend a exprimer d'autres besoin a son échelle, compatibles avec ceux de la planète qu'il a toujours habité.

L'impact de la masse humaine est important sur notre consommation des ressources planétaire. La terre ne semble plus prête à supporter notre masse et sa croissance. Cette masse a augmenté autant qu'a augmenté ce qu'elle a produit et consommé non plus pour la nourrir mais tenter de la satisfaire, engendrant un épuisement croisé exponentiel a la fois des ressources et de chaque individu à son échelle locale.

L'impact démographique est tout aussi important sur notre propre écologie humaine.

Une masse n'est pas une somme d'individus. A l'inverse, un individu n'est pas la sommes de ses rôles et places dans une masse. Ces différentes échelles se completent mais ne se confondent pas et ne se remplacent pas l'une et l'autre pour comprendre l'humain.

Si les masses humaines semblent se coordonner et se stabiliser dans les rapports qu'elles entretiennent via une gestion politique globale très contrôlée, en revanche, l'humain-individu à sa micro échelle ne semble plus prêt non plus a se supporter lui-même : le respect, le temps, l'attention et l'envie d'être ensemble que nous nous accordons à chacun. Il semble désormais que nous soyons si nombreux que nous sommes peu à peu devenus remplaçables, voir inutile et embarrassant pour chacun. Nous ne sommes plus une découverte, un intérêt, une curiosité, ni une rencontre pour l'autre mais un obstacle ou un moyen ponctuel. La quantité nécessaire à  la masse provoque un effet de stress et de lassitude dès que deux individus se rencontrent.

En conclusion : il faut que nous acceptions d'être moins. Tous, pour que ces deux échelles humaines, individu et masse s'harmonisent a nouveau.

La question, épineuse, est de parvenir à concilier cette conclusion aussi objective qu'implacable avec un humanisme renouvelé : le respect et la valeur de chaque individu vivant aujourd'hui et demain. Il s'agit d'envisager également l'inverse à ce sujet.

Au lieu de miser sur la quantité, il faudrait parvenir à nous accorder pour être moins avec plus de valeur respective, que beaucoup avec peu de valeur commune.

7.5 milliards aujourd'hui, 10 milliards demain. Dans quelle mesure cette ressource humaine, au lieu d'être surproduite et surconsommée par des "ensembles" comme un bétail planétaire, a encore le moindre sens ? Lequel ?

Ne devrait-elle pas être, elle aussi, modérée, raisonnée, pensée autrement. Non par quelques gouverneurs traditionnels, mais par tous, afin de construire grâce à chaque nouvel être humain non plus des masses, mais des individus, eux aussi "bio" sur une planète qui les supporte mieux.

Dans quelle mesure la planète humaine ne s'est-elle pas elle-même réduite à une super multinationale dont les ressources humaines sont gérées par de super-drh ? Sommes-nous seulement la ressource de quelque chose qui nous échappe, ou bien notre propre finalité ? C'est une question collective, mais c'est avant tout une question individuelle, tenant à un examen de conscience de chacun.

Non, nous n'avons pas besoin d'être cette immense masse. Pas a ce point là, surtout pas plus. Pas tant que nous ne savons pas pourquoi nous en sommes arrivé là.

Non ce n'est pas non plus naturel. Nous n'avons pas le besoin naturel se sentir ensemble autant, plus. La limite de société naturel du primate est au plus de 300 individus, au delà le stress et l'agressivité apparaissent. Aucune espèce mamiphere ni la nôtre, ni une autre, n'a ce comportement de regroupement naturellement. Si la reproduction est bien un fait naturel, la culture humaine a fait de cet instinct sa propre caricature.

La nature animale semble, de façon générale, vouloir assurer seulement une croissance modérée, équilibrée et compatible avec la croissance et la régénération de son écosystème. Elle se moque de compétitions entre peuples, nations et religions qui n'existent pas, qui sont des écosystèmes artificielles. Les exemples sont nombreux, les contre-exemples rares.

La nature et l'instinct semblent donc œuvrer pour une régularisation, par eux-mêmes sans contrôle, comptabilité, gestion.

Il n'y a donc peu de chances que notre espèce soit une exception et ai une vocation exceptionnelle à se reproduire de façon aussi frénétique à l'état naturel, par un instinct qui ne serait pas déformé par autre chose.

Ce comportement est devenu si prégnant que nous éprouvons des difficultés à définir, expliciter et à prendre conscience.

Une cause inscrite dans notre propre culture nous échappe, de trop. Aujourd'hui, elle déborde, elle envahi.

Ce résultat humain est sans doute le fruit d'une déformation symbolique et culturelle qui nous touche tous : notre nature réelle, universelle, a été déréglée, perturbée collectivement par autre chose.

Par avance, à ce sujet, on peut balayer d'un trait les stéréotypes qui toucheraient tel ou tel continent, telle ou telle population en particulier. Toutes les religions, toutes les nations ont encouragé la surpopulation de la même façon. Toutes ont fait de la reproduction une valeur, un rôle et un devoir pour un peuple donné en compétition avec l'autre. Au lieu d'un plaisir, d'un désir et d'un besoin intimes et simples, à micro-échelle, auquel elles se sont progressivement substituées pour en faire un code.

Les enfants sont devenus des devoirs et des ordres. Des réflexes d'ordre culturel, obligatoires.

On entend, pour protéger la question, que le sujet est si intime, si important, si personnel que chacun fait a sa guise. C'est bien ce qu'on déclare. En réalité, les comportements se ressemblent et se conforment énormément.

La valeur accordée aux garçons au détriment des filles qui n'a aucune cause objective. Ensuite le nombre de garçons engendrés est inscrit dans nos comportements comme une mesure de la valeur et de la dignité d'un parent qui ne repose sur absolument rien de naturel. Le distinction, voir le discrimination des personnes qui n'ont pas d'enfant, qui ne peuvent pas comprendre et participer ou partager ce "grand secret". Enfin l'orgueil que l'on peut lire parfois chez certains parents à l'être, eux-mêmes en compétition parentale les uns les autres, comme quelque chose qui les situeraient enfin au sein de quelque chose. Être parent devient une gloire, une connaissance, une passion centrale.

Parce que faire un enfant de plus, quel que soit le contexte, l'environnement, est l'une des choses les plus valorisée. Elle défini, dans les postures quotidiennes de chacun, l'adulte accompli, le patriarche et la matriarche, versus l'enfant, tout du moins celui qui préserverait une part d'irresponsabilité inutile à la collectivité.

Nous nous comportons bien, en masse, comme ça, bien que des individus qui sont dans d'autres repères et d'autres valeurs ne se comportent pas comme ça. Mais nier la culture de masse a ce sujet revient à été complaisant avec ces scènes et a entretenir le présupposé culturel qui les sous-tend.

Derrière cette sacralisation de la parentalité et cette gloire de la natalité, on retrouve des besoins de conquêtes militaires et d'échange de propriété. Père géniteur, travailleur et combattant. Mère ventre, nourrissière, soigneuse et protectrice. Au fait, où est le réel danger, concret, présent, qui motive l'investissement de ces rôles d'Épinal aujourd'hui ? Contre quoi se bat-on encore autant pour fabriquer toujours ce type de famille-forteresse ?

Jusque dans les lois explicites on voit la construction codifiée de cela. Des besoins propres aux compétitions entre minorités favorisées qui ont ruisselé sur les masses, dont les intérêts et les causes étaient différents mais dont elles ont fait les leurs.

Les sectes religieuses voulaient toutes de petits adeptes. Les adeptes de sont accomplis a leur en donner. Les nations conquérantes voulaient de petits citoyens. Les adeptes de leur nation leur en ont offert. Les nazis, les fascistes et les communistes en compétition voulaient de petits nazis, fascistes et communistes. Les adeptes leur ont en donné.

Engendrer des familles nombreuses est devenu ce moyen de protection et de conflit, une valeur acquise justifiée dans un contexte particulier de sous population, de risque, de défense. Effectivement, c'est utile d'être nombreux dans ce genre de situation. Mais ça ne tient plus a rien aujourd'hui, dans la majorité des cas, selon un autre contexte, une autre ère et un autre siècle.

Elle était un enjeu tel durant des millénaires, qu'elle est devenu un mode de vie, un droit, une récompense, un privilège pour celui qui avait la liberté sur celui qui était vaincu. Elle était l'une des principales récompenses de celui qu'on obligeait à se battre et a gagner.

Elle était un interdit de l'esclave, puis du serf contraire a celui du maître et du noble. L'enjeu de la reproduction compétitive fût l'objet de tant de conflits, que ses réflexes sont restés en nous jusqu'à présent comme un fantôme culturel dont il serait impossible de se défaire.

Au bénéfice de qui aujourd'hui ? Personne. Qui fût plus heureux de naître puis mourir sans choix de vie autre que le destin qu'on lui a déjà pré-attribué ? Le goût de la vie de trouve dans la liberté, le choix, la construction de soi-même, non dans la masse a laquelle on appartient.

Si un système politique ou culturel impose a l'individu d'obtenir des enfants pour trouver puis préserver sa place, sa parole, sa liberté, sa prospérité, son bien être et sa sécurité alors il faut changer ce système, non le nombre d'enfants que l'on a par la plus libre de ses décisions intimes.

En étant moins, il ne s'agit pas de déformer a nouveau, d'interdire, de bloquer mais au contraire de redonner forme et réalité équilibrées, en refondant la culture d'un autre choix collectif.

Les systèmes les plus progressifs à ce sujet l'ont déjà compris, avec des résultats concrets : là où la parentalité, la naissance et l'enfant ont pris une autre valeur, moins centrale mais de meilleure qualité, les êtres humains se remettent progressivement à avoir des enfants par désirs, par choix propres, a sortir de l'hygiènisme, de la programmation et de la correction des politiques et traditions natalistes ne menant qu'à perturber l'équilibre naturel de la vie.

Si la culture et la société, la loi, se sont immiscés dans l'intimité de chacun jusqu'à l'enfant, il ne s'agit donc pas de s'immiscer encore plus, mais de se retirer, de rendre a l'individu ce qui lui revient de sa propre sphère, en lui offrant tous les choix, dans une laïcité absolue.

Le propre de la laïcité reste effectivement de protéger l'individu du social, en définissant et en distinguant ce qui tient d'une sphère ou de l'autre, sans en renier aucune. En en faisant un complément, non un supplément en compétition.

Il ne s'agit donc pas de calculer, féconder, castrer ou stériliser en allant toujours plus loin dans la dictature et la dilution de l'individualité. Mais de trouver tous ensemble une solution respectable, digne, en déterminant et en reconnaissant sa cause racine, présente en nous tous. Rendre a l'individu tout son choix, par une place sociale garantie, sable, acquise dès sa naissance, sans rien a gagner, a vaincre ou a mériter par cette voie là. De garantir son bien-être et son devenir sans le mériter par des figures trop imposées. Notamment sans le programmer, sans lui imposer depuis la plus tendre enfance soit de faire des enfants, soit d'en faire peu ou aucun pour avoir le droit naturel d'exister de façon digne.

Un homme ou une femme qui n'a pas d'enfant vaut celui qui en a. Une petite famille vaut une famille nombreuse, un couple qui vaut une famille, avec une expérience différente mais équivalente. On est pas meilleur père ou meilleure mère, meilleur homme ou meilleure femme par rapport a son nombre d'enfant. Qu'il soit zéro ou dix. On est un individu pour soi-même, non pour ce qu'il est en mesure de produire ou reproduire. Son identité et sa valeur propres ne situent pas dans cette sphere-là.

Ces poncifs ne le sont pas tant que ça dans nos comportements, propos et réflexes inconscients. Non, on ne se comporte pas de la même façon avec un homme ou une femme qui a aucun enfant sur celui où celle qui en a 3 ou 4. On accorde pas la même attention, pas le même crédit, pas la même responsabilité aux gens en fonction du nombre d'enfants qu'ils ont eux. Le regard, le respect, en grande partie surfaits, injustifiés, ne sont pas les mêmes. Pour la même place à la même table, un n'a pas de chaise, l'autre se voit obligé de s'assoir sur un trône qu'il n'a pas demandé.

La personne est déjà un individu qui ne se réduit pas a ses propriétés audibles et visibles.

Pour préserver une valeur qui disparaît au profit de la masse, la valeur humaine individuelle, hors de l'idée de participer a la construction d'un "peuple", on a besoin de mieux repartir d'autres ressources sur moins d'individus. C'est un fait objectif, neutre. Mais on a aussi besoin que l'individu redevienne moins consommable, moins remplaçable, moins banal par un autre.

Nous sommes devenus si nombreux qu'un individu peut être consommé, usé, maltraité et supprimé à volonté, il sera oublié et remplacé immédiatement, dans l'indifférence quasi totale. Il est réduit a celui qu'il peut remplacer, au rôle et a la fonction qu'il peut occuper ou non, pour un ou un million. Ce qui réduit drastiquement sa différence, sa propriété, son intimité donc son choix et sa liberté propres. J'allais il n'existe au niveau collectif pour lui-même, pour sa propre forme, sa place, mais ce qu'il rempli, une forme, un creux, un vide prédéfini.

Dire qu'il faut être moins ne suffit donc pas. Il peut y avoir le pire comme le meilleur dans cette idée. Il s'agit d'abord de savoir comment et pourquoi. En abandonnant l'idée qu'être toujours plus est le seule façon de respecter et protéger la vie.

D'abord préserver la valeur humaine, l'individu, le contraire de l'annuler complètement, noyé dans une masse à comptabiliser en positif ou en négatif. Le nombre dépend d'une valeur collective attribuée a chacun, non l'inverse. Plus le nombre est élevé plus la valeur unitaire est faible.

Il y a deux façon d'aborder cette question : mettre en compétition les individus pour attribuer une valeur différente, les hiérarchiser et les éliminer. Oublier la compétition cause de la surpopulation et reconnaître une valeur égale a chaque individu, importante, qui annule toute hiérarchie, toute sélection et toute élimination, donc qui impose de reconnaître la question telle qu'elle est en faisant autrement, l'inverse exact.

La solution ne passe donc pas par gérer, contrôler ou faire des lois répressives. Encore moins des crimes de masse, encore moins abandonner les individus, qui ne comptent plus, de facon cynique, a une sélection contre-naturelle : aucune nature n'impose autant de combat, de reproduction-elimination inutiles que l'être humain.

Ca ne signifie donc pas donner un droit de vivre et de se reproduire aux plus puissants et stériliser les plus humbles.

Être moins, ce n'est pas éliminer et sélectionner des hommes comme des boulons, des tomates ou des chiens. Ni les mettres dans une arène pour qu'ils se sélectionnent par la violence.

Pétri d'une culture conquérante et guerrière, on a toujours envisagé être moins comme un péril, un tabou ou une défaite qui passe par un drame, une guerre ou une élimination de masse. Une idée carnassieres de sélection naturelle et de fauves.

Le même concept peut être inverse repris a ceux qui l'on volé et déformé. Ça peut être constructif et productif d'être moins. Ça peut être un signe de paix, d'apaisement et de soin de chacun. De respect.

Ça peut donc passer par changer progressivement de culture et prendre un recul individuel, chacun, comme détenteur de la culture présente : vouloir redonner a chacun un réel choix intime sur sa descendance, son intimité et sa reproduction, où rien de social ne peut plus entrer là où ce n'est pas son domaine : dans l'intimité.

Plus il y a d'équité, de justice sociale, de redistribution, moins ce besoin est présent, moins l'enfant devient "social" et "national". Plus il est réel, moins il est symbolique, investi de ce qui le dépasse. Soit le seul espoir et la seule assurance de la génération précédente, soit quelqu'un qui peut prendre une importance prédéterminée dans une logique de peuple unique. Il y a assez d'observations et de mesures a ce sujet pour établir un lien en injustice social et taux de natalité. Y compris le taux de mortalité infantile corrélé a l'état du système de santé publique. Ce devrait être un droit international. Une base des droits de l'homme.

A l'échelle individuelle, quotidienne, ça asse par prendre du recul sur ses réflexes, ses réactions pour regarder celui qui a pas où peu d'enfant autrement. Avec égalité et respect. Ne pas regarder un homme comme un père, ne pas regarder une femme comme une mère. Non, ce n'est pas le plus beau rôle par dessus tout autre, ni la plus belle chose, ni une obligation. D'autres choses forgent la valeur propre de quelqu'un. D'autres plaisirs construisent la vie d'une personne, jusqu'à Paris rendre secondaire sa maternité ou sa paternité. Ce qui ne fait pas de mauvaises mères ou pères mais des gens qui font d'autres choses.

De son côté, l'enfant qui naîtra aujourd'hui portera encore beaucoup trop de rôles, trop de responsabilités, trop de symboles avant même d'exister pour seulement lui-même. Sa charge et sa responsabilité hérités sont énormes. Il est déjà un but et un résultat, un lot de devoirs et de règles espérés aux marges de liberté plus que réduites. Il est déjà ce qu'on lui plaque dessus, un transfert, avant d'être déjà lui-même, une identité et une personnalité propre qui sera à même de s'auto-définir progressivement. Notre seul elle de parent est l'un ou l'autre ?

Ne pourrait-il pas simplement redevenir pour ses parents ou tout autre adulte un individu, conçu pour lui-même, "gratuitement", c'est a dire dont la vie ne doit strictement rien a personne : ni correspondre ni faire plaisir. Exister est un état non un récit de correspondre. D'abord, porteur de rien d'autre que lui-même et de son propre devenir, impliquant son choix, sa propre détermination a construire. Quelqu'un qui n'est pas concu par devoir ou imitation mais pour soi, un réel plaisir intime et libre d'être, de forger sa propre identité et sa propre parole. La seule valeur totale qui vaille et ne se comptabilise jamais.

"Reproduction" est déjà en soi un terme porteur d'un sens très particulier : imiter, prolonger, porter, endosser par un passé, un héritage qui dépasse chacun et non rompre pour s'alléger et s'emanciper. Et s'il n'y avait que peu a reproduire, tout a créer, tout a réinventer, tout a construire ? Pur ça, on a plus besoin de différence brassée, d'individualité, de personnalité plurielle, de rencontre, de multiplicité, de variation et de diversité que de masse quantitative.

Une nouvelle idée de conception d'un nouvel être humain nécessite un réel changement culturel et individuel contre-nationaliste, contre-devoir, contre-frontiere, contre-peuple mais humaniste : ne plus reproduire, par décision trop programmée, trop limité, une ressource pour un besoin hors de l'intimité : un résultat que l'on offrirait à une nation, une société ou une culture par exemple ; ni être porteur d'espoirs trop lourds, être fort ou heureux a la place de familles et parents déçus, frustrés, de leur propre vie d'avoir suivi le même chemin avec désillusion.

L'individu a le droit d'être décevant en général, pour les autres, tout en restant pleinement heureux pour lui-même, en particulier. Tant pis pour les autres qui ont cru en autre chose que lui.

Peut être, reviendrait-on chacun pour chacun a un désir plus naturel, réel et entier d'avoir un enfant, simple, dans l'humilité nécessaire a la sincérité personnelle au lieu d'une fierté-orgueil complexe, collective, d'un besoin symbolique hors-sol inscassiable, cause probable d'une surproduction frénétique qui nous dépasse. Dont nous ne savons plus rien, dont nous ne contrôlons plus rien, jusque là : dans nous-mêmes, l'humain.

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