Bixente, le Petit Basque qui a joué en bleu.

A écouter ou à lire les propos de Bixente Lizarazu sur les ondes, à la TV ou dans la presse, on pourrait croire que l’arrière des bleus de l’épopée 1998 aurait endossé le brassard de capitaine ! Avant lui, il n’y avait rien, avec lui c’était l’excellence, après lui le désordre !

Heureusement que Bixente a joué au Bayern pendant 7 ans, ça lui a permis de rester en équipe de France aussi longtemps.  Mieux vaut s’exiler que de jouer en France pour aller en équipe de France, les exemples sont légions, comme quoi, on peut être Indispensable en équipe de France et seulement titulaire dans un club prestigieux.  La légende est tenace et difficile à déloger surtout lorsqu’on est basque et fier de l’être. Etre basque est déjà un gage de notoriété certain, mais Bixente veut davantage que sa signature identitaire : champion du monde avec les bleus, c’est  pas rien quand même doit-il se dire tous les 5 jours en se rasant ?  Au risque de se faire oublier, il se fait désirer dans les émissions de TV, à la radio et dans les magazines people, on le montre tel qu’il voudrait être perçu réellement : mental de révolutionnaire au physique de lutteur tchéchène, sauf qu’il est habillé de haut en bas par des marques de surf et baigne dans le microcosme Parisien. Bixente était un footballeur, mais il explique qu’il aurait pu être Rugbyman ou surfer professionnel comme son frère  Peyo qu’il admire tant, car bien plus authentique que lui.  Peut-être est ce parce qu’il a toujours joué arrière gauche au football qu’il  a engrangé autant de frustration ?  N’est pas buteur ou numéro 10 qui veut pourrait t’on conclure !

La surexposition de Bixente dans les médias (parfois tout nu) n’est pas en proportion de son talent ni de son aura, Zinedine Zidane gagne plus a rester en Espagne, Cantona à parler cinéma, quand a Lillian Thuram, hommage peut lui être rendu pour avoir investi d’autres champs autrement plus humanistes et progressistes que le sport.  Lillian est l’anti Bixente, l’un est révolté, l’autre est conformiste.

Le drapeau basque est un label de confiance et de respect certes, mais  lorsqu’il est hissé en arrière plan par Bixente, il est un élément de Branding, une franchise sans saveurs ni odeurs.  Comment dans ces conditions a-t-il pu s’exprimer à la une de Midi Olympique sur un sport qu’il a effleuré étant jeune, jurant au passage qu’il aurait certainement été « adroit » aux pieds s’il avait poursuivi la pratique du ballon ovale.  Trop point n’en faut de choix qui lui ont été présentés de devenir professionnel dans une bonne dizaine de sports, il faut parfois rester en arrière plan même en famille.  Le devoir de conscience qui habite Bixente l’empêche pourtant de trancher : à la question au sujet du top 14 « êtes-vous pour Bayonne ou Biarritz » ?  Il répond qu’il est de San Sebastian, donc pour les deux, mais il ne peut au passage s’empêcher d’écorcher le Président du club de Bayonne :

 « Le marchand de lunettes qui est venu au rugby par opportunité » Comme si Serge Kampf ou Jacky Lorenzetti étaient à l’opposé des purs produits du terroir et soucieux de préserver les valeurs sportives et fraternelles.  Quelle maladresse et naïveté de la part de Bixente, une de plus !

En fin de compte, Bixente n’est que le produit médiatique de son temps, n’en déplaise à Michel Montaigne lui aussi originaire du Sud-ouest, esprit libre qui savait que la liberté n’était pas un confort. A défaut de juger Bixente sur ses opinions, on peut le juger sur ce que les opinions ont fait de lui.  Avoir été bien éduqué, s’être levé tôt tous les matins pour faire son jogging ou sa musculation est certainement un gage de confiance individuel mais dépouillé d’autorité morale.

Bixente ne semble pas satisfait d’être un petit basque ayant joué en bleu, au ballon rond !

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