Gabon: Brice Paillat, un ministre sans pouvoirs

Promu il y a encore quelques mois comme ministre des Transports, Brice Payat, originaire de la province de l'Ogooué Lolo, broie du noir depuis sa nomination.

 

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Mains liés, le nouveau "patron" du ministère des Transports est depuis demeuré dans l'inaction. 

Pour s'en convaincre, il serait judicieux de considérer les difficultés auxquelles ce proche de Guy Nzouba Ndama, l'ancien président de l'Assemblée nationale est confronté. 

 

D'abord, Brice Paillat est squatteur au 3e étage à Arambo, le ministère de l'Economie. Institution dans laquelle il occupe provisoirement depuis sa nomination, le bureau du ministre délégué à l'Économie. 

 

Ensuite, ce membre du gouvernement partage la salle des réunions avec l'inspection générale des services de la même institution. 

 

Enfin, le logovéen n'a toujours pas réussi à faire nommer son cabinet. 

 

Depuis sa promotion, le membre du gouvernement, utilisé comme marionnette par Rose Christiane Ossouka Raponda pour faire la promotion du Coronavirus, va jusqu'à être privé d'un secrétaire général. Une situation consécutive déjà à l'éclatement du ministère des Travaux publics et des Transports. 

 

Un état de fait préoccupant, qui embrasse les agents du ministère des Transports et plombe très durement le bon fonctionnement de l'appareil administratif. 

 

Il y a urgence que Rose Christiane Ossouka Raponda, patronne de l'administration gabonaise, autorise son collègue à nommer un secrétaire général même si intérimaire, et procéder ainsi à la correction des nombreuses irrégularités, lesquelles participent à ce jour à la paralysie du ministère des Transports. 

 

Du fait de sa technicité, l'institution abrite à elle seule de nombreuses directions placées sous une double tutelle, avec des conventions à l'international. La direction de la marine marchande, régie par la convention du golf de Guinée ; la direction de la météorologie, la direction ferroviaire, la direction de l'aviation civile, sans oublier les agences, toutes désormais prises dans une inaction inimaginable. 

 

De l'avis de nombreux observateurs à Libreville, Brice Paillat serait puni pour entretenir des relations très étroites avec l'ancien président de l'Assemblée nationale. Qu'il assurerait un intérim... simplement. 

 

Des coups tordus en politique, cautionnés par la première ministre, qui dans une profonde mesure fragilisent les institutions du pays et bloquent le bon fonctionnement de l'appareil de l'État. 

 

Si Brice Paillat ne tient pas le bon profil pour diriger le ministère des Transports, pourquoi l'avoir nommé ? Mieux, pourquoi continuer à l'y maintenir? 

 

Par Pencil Rémi

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