Les « super-mafias »

Friedrich Hayek, l’un des inspirateurs de l’école de Chicago dont les élèves les plus actifs conseillèrent Augusto Pinochet, affirme qu' "une dictature peut être (temporairement) un système nécessaire". D'après Lord Lewis Mumford "La civilisation moderne n’est plus qu’un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sans cesse accélérée" qui va dans le mur.

Les « super-mafias » d'empires financiers, de multinationales et d’appareils état.

La mafia classique utilise des tueurs à gage pour forcer des femmes à se prostituer, pour tenir les réseaux de drogue et pour voler aux commerçants 10% de leurs recettes. En général les États ne lui permettent pas de trop dépasser ces limites.

La mafia classique accumule l'argent pour les membres de sa « famille » qui est sa valeur sacrée. Personne et rien d'autre ne compte.

Mais il y a d'autres mafias qui arrivent à soumettre les assemblées de législateurs, accaparer la police, l'armée et la justice, en partie ou entièrement. En s'appuyant sur ces forces et en asservissant les médias et même les sciences, ces « super-mafias » d'empires financiers, de multinationales et d’appareils d'état peuvent avoir des ambitions bien plus vastes que la mafia classique.

Elles se parent de dénominations nobles et prétendent agir dans l'intérêt commun mais, comme les mafias classiques dont elles ont assimilé la "morale", poursuivent uniquement les buts égoïstes de leurs cadres - de leur "famille". Le reste du monde peut « crever la gueule ouverte ».

La richesse de la mafia classique atteint des dizaines de millions d'euros, celle des super-mafias s'évalue en dizaines de milliards.

Au bout d'un certain temps, elles deviennent tellement puissantes qu'elles ne s’embarrassent plus de faire semblant de respecter l’intérêt public. Elles faussent les élections des représentants du peuple, corrompent les membres influents des appareils d'état, parfois fomentent des coups d'état et se transforment en dictatures ou en régimes totalitaires.

Le « libéralisme » dictatorial de Friedrich Hayek

L’économiste Friedrich Hayek, qui fut l’un des inspirateurs de l’école dite de Chicago, dont les élèves les plus actifs, surnommés les Chicago Boys, furent les conseillers du Chili d’Augusto Pinochet, prétend » qu' « il y a dictature et dictature."

"Ainsi, déclarait-il en 1981 à un journal chilien, donc après le coup d’État de 1973, l’assassinat du président Allende et des milliers de morts et de torturés : 'Je dirai que, comme institutions pour le long terme, je suis complètement contre les dictatures. Mais une dictature peut être un système nécessaire pour une période transitoire. Parfois il est nécessaire pour un pays d’avoir, pour un temps, une forme ou une autre de pouvoir dictatorial'. "

Extrait d'un échange de commentaires de https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100319/quinn-slobodian-le-neoliberalisme-est-travaille-par-un-conflit-interne.

Un Lord clairvoyant:

 « La civilisation moderne n’est plus qu’un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sans cesse accélérée. Ce véhicule ne possède malheureusement ni volant, ni frein, et le conducteur n’a d’autres ressources que d’appuyer sans cesse sur la pédale d’accélération, tandis que, grisé par la vitesse et fasciné par la machine, il a totalement oublié quel peut être le but du voyage. Assez curieusement on appelle progrès, liberté, victoire de l’homme sur la nature, cette soumission totale et sans espoir de l’humanité aux rouages économiques et techniques dont elle s’est dotée. L’homme, qui s’est assuré une domination incontestable sur toutes les espèces animales d’une taille supérieure à celle des virus et des bactéries, s’est avéré incapable de se dominer lui-même. » Lewis Mumford "La cité à travers l’histoire", 1964.

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