2020: A 100 secondes de la guerre nucléaire ?

La majorité des jeunes de 16 à 35 ans craignent que la 3e guerre mondiale éclate de leur vivant. Plus que la moité des 16 288 personnes questionnées pensent qu'un jour ou l'autre les armes nucléaires seront utilisées. Les gouvernants continuent à injecter des centaines de milliards de dollars dans ces armements. Faudrait-il exterminer ces "vieux" pour sauver l'humanité -:) (Réactualisé le 7-3-20)

Les physiciens nucléaires éminents qui ont mis en au point, en 1947, une représentation symbolique du risque de déflagration nucléaire, estiment la situation plus dangereuse que pendant les pires moments de la Guerre froide !

En janvier 2020 leur Horloge de l’Apocalypse (Doomsday clock) est figé à 100 secondes avant minuit. Il y a un an, elle a été à 120 secondes de la guerre nucléaire.

Nos politiciens et autres décideurs regardent ailleurs.

Pire, ils contribuent à augmenter le danger:

« Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 4% en 2019, la hausse la plus élevée depuis dix ans, sur fond de rivalités croissantes entre grandes puissances et de course aux nouvelles technologies, selon le rapport annuel de l’institut britannique IISS (International Institute for Strategic Studies) publié vendredi (14/2/2020) ». « Les deux plus gros budgets militaires mondiaux, ceux des Etats-Unis (685 milliards de dollars) et de la Chine (181 milliards), poursuivent leur trajectoire exponentielle, avec une hausse de 6,6% dans les deux pays en 2019 par rapport à 2018. »

Hasard du calendrier ? La Croix rouge internationale publie les résultats d'une enquête, menée auprès de 16 288 personnes âgées de 20 à 35 ans dans 16 pays, sur leur perception de ce danger mortel.

Une majorité « pense qu’une troisième guerre mondiale aura lieu de leur vivant, et plus de la moitié estime que des armes nucléaires ont toutes les chances d’être utilisées quelque part dans le monde au cours des dix prochaines années. » Pourtant, « la 'génération Y' est majoritairement opposée à l’utilisation d’armes de destruction massive en toutes circonstances, qu’il s’agisse d’armes nucléaires, biologiques ou chimiques. » (Résumé de l'enquête de la CICR par l'IDN, voir ci-dessous).

En réalité, cette guerre peut éclater à tout moment, par un accident technique, une attaque terroriste, à cause de la cybercriminalité. (Voir le dossier A deux minutes de la guerre nucléaire ?)

Pourtant, les puissances nucléaires continuent à injecter des centaines de milliards de dollars dans leur armement. De surcroit, cette industrie et ses retombées appartiennent aux activités les plus désastreuses pour l’environnement.

Quand l'Horloge se mettra sonner, il sera trop tard pour les réveiller.

Sources:

Croix rouge: https://www.icrc.org/fr/document/pour-la-generation-y-les-guerres-devastatrices-representent-un-risque-bien-reel-et-des

Comité des physiciens nucléaires, Domsday clock https://thebulletin.org/wp-content/uploads/2020/01/2020-Doomsday-Clock-statement.pdf

IDN - Initiatives pour le Désarmement Nucléaire de Paul Quilès, la Revue de presse du 24 janvier 2020. http://www.idn-france.org

Dossier A deux minutes de la guerre nucléaire? : https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/010318/deux-minutes-de-la-guerre-nucleaire

Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 4% en 2019 https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/140220/les-depenses-militaires-mondiales-en-hausse-de-4-en-2019  Vous pouvez lire aussi: Macron, la « bombe » https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/090220/macron-la-bombe

Bruit de bottes nucléaires : Iran, Russie, Lituanie, États-Unis, Chine, Inde, Pakistan

Le Centre pour l'action non-violente, Suisse romande. Le Centre pour l'action non-violente, Suisse romande.

 La Lituanie craint une »blitzkrig » nucléaire russe

Janis Garisons, haut gradé du ministère letton de la Défense, a exprimé ses craintes vis-à-vis d’un scénario de « blitzkrieg » nucléaire contre les Etats baltes. Il affirme ainsi que des forces russes sont entraînées à une invasion d’une des anciennes républiques soviétiques fondée sur l’utilisation d’armes nucléaires tactiques de faible puissance. L’utilisation de ces armes permettrait d’orchestrer facilement et rapidement une invasion sur le modèle de la Crimée en 2014, tout en évitant l’implication des alliés de l’OTAN (tenus d’intervenir au nom de l’article 5 du Traité transatlantique) qui, ne disposant pas d’armes nucléaires tactiques sur le terrain, ne se résoudront pas à utiliser leurs équivalents stratégiques qui mèneraient fatalement à l’apocalypse nucléaire. Face à cette possibilité, l’OTAN a tenu à rassurer les Etats baltes de la solidarité de l’Organisation, et les Etats-Unis développent actuellement des armes nucléaires tactiques qui pourraient être déployées le long de la ligne Est-Ouest.

La Revue de presse de L'Initiative pour le Désarmement Nucléaire (IDN) de Paul Quilès du 7 mars 2020: résumé de l'article https://www.washingtonexaminer.com/policy/defense-national-security/nuclear-blitzkrieg-nato-ally-latvia-fears-russia-will-stage-swift-invasion-using-small-nukes du 5/3/2020.

Inquiétude de l’AIEA sur le nucléaire iranien

Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a exprimé ses inquiétudes à propos de l’avancée du programme nucléaire iranien. L’Iran est ainsi accusé d’avoir largement dépassé les limites de stock d’uranium enrichi imposées par l’Accord de 2015, avec 1510 kg d’uranium enrichi UF6 pour seulement 300 kg autorisés. Le taux d’enrichissement effectif est également supérieur à la valeur autorisée par l’Accord (4,5% contre 3,67%), même s’il reste largement inférieur au taux requis pour une utilisation nucléaire. Mais les inquiétudes de l’AIEA concernent avant tout une installation non référencée et située à Téhéran, dénoncée par Israël, où ont été découvertes des traces d’uranium d’origine humaine, ce qui signifie qu’il existerait au moins un site iranien échappant aux contrôles de l’AIEA et produisant de l’uranium à l’origine et à la destination inconnues. Rafael Mariano Grossi explique ainsi : « La politique, c’est une chose. Avec les inspections, on ne joue pas. Il faut respecter les responsabilités vis-à-vis des inspections ».

Résumé de l'article de Ouest-France du 3/3/2020 https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-l-aiea-s-inquiete-du-manque-de-transparence-de-l-iran-6762838

La Chine, pour l'instant, jure de ne menacer personne

Dans son dernier livre blanc de la défense, paru en juillet dernier, la Chine a réitéré sa promesse de « no-first-use policy » (NFU, non-usage en premier), ce qui signifie qu’elle s’engage à ne jamais attaquer en premier une autre puissance nucléaire avec son propre arsenal atomique, et à ne jamais attaquer de la sorte les Etats non dotés d’armes nucléaires. Cette position particulière au sein du club nucléaire continue d’étonner les spécialistes, persuadés que Pékin allait finir par adopter une posture plus agressive vis-à-vis de son concurrent américain, par exemple. Il semble pourtant que les stratèges chinois considèrent bel et bien leur arsenal nucléaire uniquement dans une optique de dissuasion et de représailles, et non dans l’optique d’une guerre potentielle avec d’autres puissances nucléaires (il n’existe ainsi pas de missiles nucléaires chinois « non-stratégiques »). Cependant, en raison du refus historique des Etats-Unis de promettre la même chose à l’égard de la Chine, cette dernière reste décidée à améliorer son arsenal sur le plan technologique, afin de le rendre toujours dissuasif vis-à-vis d’éventuelles offensives nucléaires américaines.

Résumé de l'article https://nationalinterest.org/blog/buzz/can-we-trust-chinas-promise-never-use-nuclear-weapons-first-129497 du 5/3/2020 qui relate les déclarations chinoises de juillet 2019..

Inde – Parkistan – danger de guerre nucléaire

Le site nucleardarkness.org détaille et illustre les conséquences humanitaires et environnementales des possibles guerres nucléaires, notamment la plus probable entre l’Inde et le Pakistan, durant laquelle pourraient exploser 100 bombes nucléaires de la puissance de celle d’Hiroshima – ce qui ne représente pourtant qu’une infime fraction de la puissance de destruction de l’arsenal nucléaire mondial. Cette guerre nucléaire locale pourrait soulever jusqu’à 5 millions de tonnes de poussière dans la stratosphère, qui auraient des conséquences encore plus graves que les 20 millions de morts directes dues aux explosions nucléaires. Les deux principaux contrecoups seraient la diminution de la température due à l’obscurcissement de l’atmosphère et la destruction d’une grande partie de la couche d’ozone de l’hémisphère nord, réduisant sensiblement les périodes propices à l’agriculture et amenant les pays producteurs à se recentrer sur leurs propres besoins, condamnant à la famine les pays dépendant de l’importation de céréales par exemple. La

Revue de presse d'IDN du 20 décembre 2019: résumé de l'article http://www.nucleardarkness.org/warconsequences/fivemilliontonsofsmoke/

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Pour lire les autres dossiers de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance, la littérature, le rire :  ouvrez https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog  et voyez l'article  Sommaire.

 

 

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