Tabac & Cigarette électronique : une année 2016 trop chargée ?

En 2016, buralistes et vendeurs de cigarettes électroniques n’auront décidemment pas eu la vie facile. A grands coups de « protection de la Santé Publique », les marchés du tabac et de la e-cigarette ont vu s’appliquer en mai dernier la Directives des Produits du Tabac (DPT) voulue par l’UE.

Un marché du tabac déjà bien ciblé

Pour les moins de 30 ans, « Fumer tue » a toujours été inscrits sur les paquets de cigarettes. Et pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Mais aujourd’hui et depuis de nombreuses années, le marché du tabac est soumis à une législation exigeante… et pour cause, la toxicité des cigarettes n’est hélas plus à prouver.

Campagnes de sensibilisation, messages et images choc sur les paquets, hausses consécutives des prix (que l’OMS considère d’ailleurs comme la méthode de dissuasion la plus efficace), beaucoup de choses ont été envisagées pour éviter aux jeunes et moins jeunes, hommes et femmes de fumer.

La DPT va plus loin, puisqu’à partir de novembre 2016 seront mis en place les paquets de cigarettes neutres, sans logo ni packaging aguicheur. Tous se ressembleront pour éviter la tentation (notamment chez les jeunes) et fabricants et buralistes ont encore quelques semaines pour écouler les stocks. D’ici 2020 disparaitront également les cigarettes aromatisées, créant elles-aussi trop de tentation.

Mais la grande question de fond, derrière ces réglementations en cascade, reste celle de leur efficacité. Peut-on dissuader le public de fumer ? Les données semblent se contredire. Les hommes fument moins, mais les femmes davantage. Après plusieurs années de baisse, les ventes de cigarettes remontent. Et d’après le dernier rapport KPMG pour la Confédération des buralistes, la part du marché parallèle du tabac ne cesse de croître…

La cigarette électronique non épargnée

Loin de se limiter à la vente de cigarettes à tabac, la DPT s’attaque également au marché de la cigarette électronique, cette alternative réputée moins nocive (de nombreuses études vont dans ce sens, sans toutefois de résultats faisant l’unanimité) remplaçant le tabac par une batterie.

Depuis son essor en France amorcé en 2013, le marché est entré dans sa phase de maturité et a, tout au long de sa croissance, provoqué les débats. Et niveau législation, rien de formel non plus…

La publicité interdite et l’e-cigarette interdite aux mineures, voilà les deux grandes mesures prises par la France avant l’entrée en vigueur en mai dernier de la DPT. Car, même sans tabac, la cigarette électronique est soumise à la Directive. Cette dernière introduit tout un tas de règles relatives à la vente de produits aux publics, que le responsable du site Nicovip.com résume : « Il s’agit à la fois de normes sur la production et le conditionnement, pour certaines déjà acceptées par le marché depuis plusieurs mois, comme la limitation de nicotine à 20 mg/ml dans les e-liquides. Ce que les marques sérieuses respectent déjà. »

Mais le gérant du site Internet rajoute que « d’autres mesures sont beaucoup plus inquiétantes, comme des exigences techniques que les produits fabriqués aujourd’hui ne peuvent pas suivre, sans parler de l’obligation de déclarer la création d’un nouveau produit 6 mois avant sa commercialisation ».

Plus fort encore, la DPT autorise le gouvernement français (et les autres états européens) à interdire la vente de cigarettes électroniques en ligne sans justification. On comprend l’inquiétude de sites comme Nicovip, dont la viabilité est suspendue à l’humeur du gouvernement… Et là encore, se pose la question de l’efficacité.

 

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