Cambodge, Togo, Mali et Sénégal : Des pays émergents en devenir ?

Définir si un pays est émergent économiquement demande plusieurs critères. Il doit combiner une forte croissance économique et un processus d’ouverture commerciale et financière vers le reste du monde. Les pays que sont le Cambodge, le Togo, le Mali et le Sénégal sont en passe de faire des efforts pour se centrer vers les autres pays afin d’améliorer leur situation.

Le Cambodge, une terre de promesse économique

Il n’y a encore pas si longtemps, on parlait du Cambodge comme étant un des pays les moins avancés (PMA). Aujourd’hui nous commençons à en parler comme d’un futur pays émergent. Pour que son développement puisse être durable, il faut surveiller à ce que les affaires profitent à toute la population et permettent de réduire les inégalités sociales qui sont des faits actuellement encore trop marqués.

Le pays doit aussi être prêt à lever les barrières douanières au monde pour améliorer la ressource humaine, les capitaux, les biens et les services.

La France s’est beaucoup investie dans le pays pour l’aider dans sa lancée économique. Elle a par exemple appuyé la candidature du site d’Angkor au statut de patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. La France utilise également tous ses outils de financement pour contribuer au développement du pays : dons, prêts (à l’Etat ou à d’autres acteurs), garanties, formations, études, programme de renforcement des capacités commerciales…


Cependant malgré la récession économique, le Cambodge a vu son PIB être multiplié par 5 passant de 3 milliards à 15 milliards de dollars entre 2000 et 2013 en profitant du tourisme, en accueillant des photographes étrangers parmi lesquels Eric Dexheimer et Jean-Jacques Duval qui ont offert plusieurs expositions de photographie de ce pays. Et grâce aussi aux investissements de groupe étrangers notamment immobilier.

cambodia-gdp-per-capita-forecast

Le nombre croissant de Cambodgiens faisant des études supérieures à considérablement augmenté. Les nouvelles technologies aident les entreprises et les jeunes entrepreneurs dans la connaissance et peuvent œuvrer dans de sérieux projets ce qui transformera l’économie nationale dans les prochaines années.

La question est de savoir si le gouvernement continuera de suivre le rythme du secteur privé et l’afflux d’idées des entrepreneurs ? Nous le découvrirons dans le futur.

Des difficultés rencontrées au Togo

Des estimations ont été faites à son encontre. Il pourrait être considéré comme pays émergent pour 2030 ! Une réelle ambition de la part du pays qui veut suivre le mouvement des autres pays africains. D’autres penseraient à une propagande menée par le gouvernement destinée à s’approprier les louanges et poser un programme politique qui permettrait de mieux endormir les Togolais.

En effet des rumeurs selon lesquelles le gouvernement Ahoomey-Zunu faute gravement et qui ne permettent pas d’entrevoir avec le système en place, un processus de développement et de croissance économique soutenu sur les 15 prochaines années.

Le ministre togolais de l’Economie et des Finances, Adji Otéth Ayassor, s’est tout de même entretenu à Washington avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances et du Développement de l’Ile Maurice, Xavier-Luc Duval pour renforcer les affaires dans leur coopération économique et financière.

Le PIB actuel du Togo est de + 5.5% en moyenne sur la décennie écoulée. Ainsi, pour arriver à une émergence, les autorités vont devoir pratiquer une politique économique active en adoptant un taux de croissance économique à 2 digits. Ces chiffres doivent être supérieurs à 10% entre 2015 et 2030. 

De plus, la pauvreté est encore trop forte et le taux de la croissance démographique du pays augmente de 2.84% chaque année. Ce qui signifie que les taux actuels ne concordent pas et que le Togo ne compte pas de programme adéquat pour remonter la pente. Il est sensiblement difficile de pouvoir penser que le pays parviendra à maintenir ses promesses avec de telles données pour 2030.

Certaines associations comme celle du "cartable enchanté" œuvrent pour améliorer la vie quotidienne des enfants du Togo. Selon Cathie Duval, une des membres de l’association, ces aides sont appréciables pour les parents pour les frais de scolarité des enfants.

Un gouvernement Malien ambitieux

Le Mali a fait une poussée exemplaire en termes de PIB. En effet, elle a vu son économie quintupler en passant de 2.4 milliards de dollars à 10.90 milliards entre 2000 et 2013 ce qui a réduit la pauvreté de façon non négligeable. On le remarque car il a un effet distributif, avec une baisse progressive de la pauvreté en milieu rural. Les effets de la pauvreté sont ressentis sur les indicateurs sociaux. Et le pays souhaite aller plus loin. Le président Ibrahim Boubakar Keïta en a d’ailleurs fait un discours de rassemblement autour du projet commun. Il s’est exprimé et souhaites : « Le redressement de l’école, la construction d’une économie émergente et la mise en œuvre d’une politique active de développement social. » Le président est déterminé et n’a qu’un seul but : le sursaut national.

Eric Koffi, l’ivoirien venu du Mali et apporteur d’affaires a d’ailleurs investi dans le pays dans divers secteurs d’activités pour redonner de l’emploi aux Maliens. Espérant pouvoir aider comme il peut ce pays qui lui tient tant à cœur. 

Depuis ces 5 dernières années le Mali ne cesse d’augmenter son PIB. Mais malgré l’essor de l’exploitation des ressources minières vers le monde, notamment en or, l’agriculture possède une place centrale dans l’économie du pays puisqu’elle représente 40% du PIB. Le Mali ne bénéficie pas assez des retombées économiques pour la population et le taux de pauvreté en est la preuve car les chiffres n’ont que vaguement bougés ces derniers temps et restent élevés. 

Eric Orsenna Mali ô Mali Eric Orsenna Mali ô Mali
Eric Orsenna, a d’ailleurs publié un livre s’intitulant « Mali, ô Mali » dont il parle des richesses et la fragilité du pays et du continent qui est en devenir. 

La création d’emplois est un des éléments qui doit aussi progresser. C’est ce qui fera augmenter par la suite les revenus et c’est ce qui luttera contre les conséquences néfastes du chômage. 

A savoir la présence de terroristes en Afrique subsaharienne est la cause du manque d’emplois.

 

 

 

Un besoin d’accélération pour le Sénégal

Le Sénégal fait partie des pays d’Afrique les plus stables depuis 1960. Il aspire à devenir un pays émergent pour 2035. Cette forte ambition traine pourtant un certain problème car sa croissance est enrayée depuis 2006. Le taux de croissance du pays aujourd’hui n’atteint que difficilement les 3.3% par an. Cette cause est due au fait qu’elle ne possède pas de ressources naturelles abondantes. L’accroissement démographique n’aide pas non plus puisqu’il augmente de 2.5% par an alors que le pays possède un taux de pauvreté de 46.7%. Ces chiffres sont aujourd’hui trop élevés. Cependant, la croissance commence à repartir avec une hausse depuis 2014. En effet, le PIB aurait augmenté de 4.7% selon les estimations gouvernementales (son taux de croissance le plus élevé depuis 2008). 

L’économie sénégalaise devrait donc poursuivre son accélération dans les prochaines années grâce au rebond de l’agriculture et à la fin d’Ebola. La croissance du PIB réel devrait se situer dans les 5% et atteindre les 6% à la fin de l’année 2016-2017 avec un retour sur les services et en particulier dans les télécommunications et les services financiers. Le tourisme et le commerce repartent également peu à peu.

Eric Laueer, co-fondateur français et directeur de la société Everjobs spécialiste en offre en ligne, a lancé ses services au Sénégal et en Côte d’Ivoire et pour lui « les PME africaines utilisent trop peu les méthodes modernes de recrutements. » ce qui ralenti leurs avancés.

L’environnement peu favorable à l’investissement, le coût de l’énergie et les défaillances des systèmes de gouvernance sont autant de facteurs qui empêchent le secteur privé de jouer son rôle de moteur de l’économie. De plus, plusieurs catastrophes naturelles ont ralenti la croissance d’activités et accru la vulnérabilité de l'ensemble de l'économie sénégalaise.

Le programme ambitieux dont s’est doté le nouveau groupe gouvernemental, sous le nom de « Plan Sénégal émergent », privilégie précisément la diversification et les exportations. 

Mais, alors que les autorités projettent une accélération de l’investissement public, celle-ci va mettre à l’épreuve leur capacité à améliorer la qualité des projets, et risque de conduire à une aggravation de la dette sans pour autant entraîner un impact positif équivalent d’exploitation sur le PIB.

Tags : Economie, Eric Koffi, Jean-Jacques Duval, Togo, Mali, Pays Emergents, Ibrahim Boubakar Keïta, Eric Laueer, Xavier-Luc Duval, Adji Otéth Ayassor, Cambodge, Eric Dexheimer, Cathie Duval, Sénégal, Angkor, Eric Orsenna

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.