[Start-up & SEO] Les nouvelles entreprises ont-elles leur place sur Google ?

La visibilité web est un point clé du développement d'une entreprise, cependant, quand on est une jeune entreprise en plein lancement, peut on espérer se faire au place au milieu des leaders du secteur ? Les start-up françaises peuvent elles conquérir Google, ou bien ce dernier les condamne-t-il à l'oubli ?

L'importance actuelle des activités de SEO et de SEA, évoquées dans un précédent article, témoigne de la volonté des marques à être visibles sur le web. Et cette priorité peut se comprendre : si un site web n'est pas trouvable par les internautes, comment peut-il espérer générer de l'argent ?

En France, être visible sur internet, c'est être visible sur Google, le moteur de recherche leader (95% de parts de marché). Mais vous allez le voir, ce dernier a des exigences qui peuvent sérieusement remettre en cause la possibilité, pour une start-up, de se faire voir. Etonnant, surtout que cet "effet de bord" est assez paradoxal avec le laïtmotiv du moteur de recherche américain.*

* Seul le secteur du SEO (référencement naturel) sera évoqué ici, mais il y aurait fort à dire sur AdWords et la publicité en ligne de Google.

Quelles sont les attentes de Google ?

Pour comprendre la problématique que rencontrent les jeunes entreprises, il faut saisir ce que recherche Google. Ce dernier veut de la qualité. Il veille attentivement à proposer à ses utilisateurs les résultats les plus qualitatifs possibles, c'est-à-dire les plus pertinents par rapport à leur recherche. La réponse au "pourquoi ?" est assez simple : s'il ne fournissait plus des résultats assez bons, les internautes cesseraient de l'utiliser pour rechercher des informations. Plus d'utilisateur, plus de publicité, plus de revenus.

Google fait donc très attention à la qualité des contenus qu'il propose, et pour cela, il impose des critères aux sites qui cherchent à être positionnés.

Par ailleurs, toujours dans cette logique, le moteur va logiquement chercher à mettre en avant des sites de référence, des sites avérés comme qualitatfis, en qui il a "confiance". Par exemple, des acteurs comme Darty ou La Fnac peuvent être jugés comme des références lorsqu'un utilisateur effectue une recherche pour acheter une télévision. Bien.

Ce qui est important de saisir ici, c'est que pour avoir une idée de la crédibilité d'un site (s'il est ou non un leader, autrement dit), Google va prendre en compte sa popularité. Cette popularité, elle se traduit pour le moteur par le nombre de personnes qui "parlent" du site et donc qui publient des liens vers lui (sur des forums, des blogs, dans la presse numérique,...).

Et c'est là que les choses se compliquent.

Pourquoi l'exigence de Google peut nuire à la visibilité des start-up ?

Pour Google, si un site est de qualité, les internautes le partageront d'eux-mêmes. Ils iront ici et là sur le web évoquer son nom, donner un lien vers un produit qu'ils ont acheté, etc. Mais dans cette logique se pose un problème : comment les gens peuvent-ils parler de votre site si ce dernier n'est pas visible ?

Si le site n'est pas accessible via un moteur de recherche, car trop loin dans les résultats, comment peut-il attirer du trafic ? Sans trafic, personne pour en parler. Et nous touchons du doigt un vrai problème pour les start-up. Dans le fonctionnement de Google, vous pouvez avoir le meilleur site au monde, proposer les plus beaux produits aux prix les plus attractifs, si personne ne parle de vous, si vous ne récoltez  pas de liens, vous ne serez jamais visible.

Voilà qui est fâcheux. Mais alors, il suffit d'acquérir une notorité autrement que par Google. De cette façon, le public qui sera exposé au nom de site pourra s'y rendre et ensuite en "parler", ce qui aboutira aux liens tant recherchés. Sauf que, comment gagner cette notoriété ? En faisant de la publicité, quelle qu'en soit sa forme. Et la publicité n'est pas gratuite.

Donc, une strat-up, pour être visible sur internet, va devoir plus ou moins massivement investir dans d'autres canaux pour acquérir un semblant de notoriété. Le problème, c'est que cela va nécessiter un investissement supplémentaire, et quand on est une jeune entreprise, multiplier les dépenses n'est pas toujours facile. D'autant plus que, si on veut bien faire, les ressources allouées au SEO ne peuvent être détournées pour irriguer d'autres formes de publicité, car il doit être travaillé en même temps que les opérations marketing on & offline. 

Google cherche-t-il à cacher les "petites" entreprises ?

Puisque Google se base sur les références des différents secteurs pour juger si les nouveaux sites sont ou non pertinents, il prend le parti d'être moins objectif. Si pour lui est légitime un site d'électroménager avec autant de produits, d'avis, de liens et d'autorité que Darty, par exemple, alors une majorité des sites ne sont pas crédibles à ses yeux. Car ils sont peu à être aussi développés que Darty.

La logique est la même avec des enseignes pure-player. Là où Darty possédait notoriété et crédibilité avant de posséder un site web, que dire des sites comme Amazon, Zalando, Sarenza... Eux n'ont aucune boutique physique (passons sur le fait qu'Amazon vient d'ouvrir sa première librairie) : toute leur notoriété s'est basée sur leur communication. Et ils font autant office de référence pour Google. Sauf que pour une strat-up vendant des chaussures, avoir autant d'articles que Zalando s'annonce compliqué dès son lancement...

Donc, en suivant cette idée, une jeune entreprise, forcément mois imposante, moins armée, que les leaders de son secteur, a déjà perdu la course à la meilleure position avant de l'avoir commencée...

Reste-t-il un espoir ?

Oui, aujourd'hui si vous êtes une start-up et que vous êtes décidé à investir en SEO, foncez ! C'est à l'heure actuelle (et certainement pour un moment encore) le moyen d'acquisition le plus rentable à long-terme. Mais il est important d'être réaliste.

Petite société sépcialisée dans la ventre de t-shirts recyclés, vous n'irez jamais concurrencer Zalando ou La Redoute sur des termes génériques comme "t-shirt", "t-shirt homme", etc... Par contre, vous pourrez cibler les niches, les expressions spécifiques sur lesquelles vous êtes plus légitime que les géants, trop généralistes.

A moins de créer une entreprise avec des moyens conséquents et à grand renfort de publicité multicanale, qui permettra de rapidement jouer dans la cour des grands, le SEO des start-up est affaire de stratégie souvent plus fine et audacieuse, aux challenges généralement plus grands.

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