Louis de Mon Désir 45Razafisambatra: une crise politique plus chaotique plane sur Madagascar

D’après RAZAFISAMBATRA Louis De Mon Désir, une crise politique plus chaotique plane sur Madagascar.

Rien qu’entendre l’ex président de la République, Marc Ravalomanana, au cours de son intervention téléphonique au Magro disqualifiant son épouse à l’éventuelle fonction de premier ministre en cas de victoire du candidat Jean Louis Robinson, il est impensable de croire que l’ex PDG de Tiko va changer complètement son tempérament agressif et imprévisible ; le bon sens et la psychologie moderne nous permettent de ne pas oublier que tout être humain peut rectifier son défaut et non son état d’esprit ; plusieurs comportements et exemples concrets pendant son mandat nous poussent à confirmer que le président déchus est dans ce dernier cas de figure.

En outre, la réconciliation nationale est devenue un sujet tabou pour des raisons bizarres et incompréhensibles ; par ricochet, des magistrats qui n’ont jamais bougé le petit doigt pour lutter contre les biens mal acquis et combattre pour la réalisation de la déclaration de patrimoine ont été injustement et « miraculeusement » nommés à la Cour électorale spéciale.

Par ailleurs, l’opinion publique dans les juridictions où ils ont travaillé n’a pas été du tout consultée pour savoir s’ils n’y ont pas favorisé la corruption et entretenu la culture de l’impunité ; alors qu’une pareille enquête sociale les concernant a dû être faite pour connaître le degré de leur honnêteté intellectuelle ; autant dire, aucun indice ne nous aide pas à défendre l’intégrité et la sincérité des membres de la Cour électorale spéciale ; dans l’hypothèse et au pire des cas où ils étaient habitués à soutirer simultanément de l’argent aussi bien aux défendeurs qu’aux demandeurs dans tout procès, comment imaginer facilement la possibilité de la sincérité des résultats du scrutin présidentiel validés par ces soi disant professionnels de la justice avec un grand J.

De plus, les « deux frères ennemis », Marc Ravalomanana et Andry Nirina Rajoelina, ont déclaré officiellement leur soutien à leur candidat respectif ; or, comme nous le savons, ces deux hommes sont irréconciliables ; de même, la disqualification ou non du candidat du président de l’autorité de transition envenimera le climat de haine quasi pathologique entre ces deux personnalités. Craignant perpétuellement la vengeance de l’autre, chacun d’eux ne vas pas certainement reconnaître la défaite de son candidat.

Enfin, voulant toujours séduire l’électorat malgache, encore obnubilé par la politique du cœur chaud et très perméable à l’imaginaire du « fihavanana », par des discours purement émotionnel et trop politicien (au sens péjoratif du terme), aucun candidat n’a revendiqué un débat de fond. S’y ajoutent des coalitions de circonstance et de diable pour le 2ème tour. Par là même, le vote ne sera pas de raison

Tout cela pour conclure que la majorité de la population malgache sombrera encore dans la misère dans les prochaines années ; ce qui justifie une fois de plus l’impératif d’un dialogue national avant l’élection présidentielle pour orienter le paysage politique vers de véritables politiques de fond.

Je tiens à rappeler à certains politiciens mal intentionnés l’adage : « qui rit vendredi, pleurera dimanche ». En parvenant à tromper pour le moment le peuple malgache, vous êtes en train d’entretenir le spectre d’une situation politique plus critique, susceptible de déclencher une vraie révolution citoyenne dans quelques mois au plus tard. Et faites attention parce que les portes de l’exil se ferment progressivement pour les voleurs et les pilleurs de leur pays.

 

Paris, le 15 novembre 2013

RAZAFISAMBATRA Louis De Mon Désir

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