Carnet

Lundi 15 Juillet 2019 : Nîmes

 

Chaleur et mistral.

« Chez nous, quand le vent souffle et secoue le Midi,
Il bleuit tant le ciel que c’en est incroyable.
Mais il peut par moments être si redoutable
Qu’on en est effrayés : l’on se sent tout petits. »

 

Ce vent m'angoisse dans cette période estivale où je me sens délaissé, démuni, mal dans ma peau, comme cela m'arrive fréquemment. Je fais mienne la première phrase de « Bonjour Tristesse », de Françoise Sagan ; « Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. »

Comme chaque été, je rêve d'une île Grecque cosmopolite du Golfe Saronique : Spetsés, ou l'île aux jasmins, aux vues étourdissantes de bleus sur la mer...

Il faudra bien qu'un jour je m’enfuis..., pour mieux revenir.

 

J'aime cette poésie de Louis Calaferte :

J'aime les arbres bleus
j'aime les âmes blanches
les têtes qui se penchent
noyées dans les cheveux

Un et un qui font deux
les matins des dimanches
les demoiselles blanches
avec des rubans bleus

La morsure du feu
à l'écorce des branches
le ciel de nos nuits blanches
et la mort peu à peu

J'aime le vert brumeux de ses yeux à piment.

Je viens d'entamer le dernier bouquin d'Arturo Pérez-Reverte : « Falco ». Espagne, automne 1936. Sous le commandement de Franco, l’armée s’est soulevée pour renverser la République. Les services secrets franquistes chargent Lorenzo Falcó, ex-trafiquant d’armes et espion dénué de scrupules, d’une mission impossible : pénétrer en zone rouge et organiser, avec l’aide d’un groupe de miliciens, l’évasion du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, détenu par les républicains dans la prison d’Alicante. Un homme et deux femmes – Ginés Montero, sa sœur Cari et l’énigmatique Eva Rengel – seront ses compagnons, et peut-être ses victimes.

Je suis un inconditionnel de Perez-Reverté...

Pour le reste, tout est calme. Les oliviers balancent sous le mistral, la piscine m'attend. Aucune raison de tristesse estivale, quand même, même sans Spetsés...

Le DJ et cuisinier Danièle de Michèle aime associer musique et cuisine. Il est profondément attaché à celle du sud de l'Iitalie, comme la Parmigiana alla Salentina jazzy, l'un des plats de sa grand-mère, dégustée tous les 15 août en famille sur la plage d'Otrante, son village, une variante ultra- riche des lasagnes d'aubergines, associée à un air de john Coltrane. : trois étages d'aubergines frites, de la mozzarella, des minuscules boulettes de viande, de la sauce tomate, de l'oeuf dur, de la mortadelle et des feuilles de basilic. « . C'est tellement bon que quand on commence, on ne peut plus s'arrêter, et c'est tellement lourd qu'après, on est obligé d'aller se coucher. En écoutant A love Supreme, de Coltrane, bien sûr.

2ème réalisation de ce plat, je confirme...

C'est l'été quand même, même sans Spetsés...





Photo : Jean-Lou Sieff

 

 

 

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