Carnet

Vendredi 17 Mai 2018 : Nîmes

 

Le mois de Mai s'étire. Le doux mois de Mai, humide et venteux :

De fleurs roses et fleurs blanches,

Vibrant au vent léger,

En secouent joliment leurs branches.

 Le lilas embaument les jardins,

Et les violettes les chemins.

 

Le lilas s'est déjà délicatement retiré retiré. Drôle d'impression de fin d'été,

ce matin gris.

Et l'on vote dans presque une semaine. Quand j'interroge autour de moi, hormis les militants sectaires, ceux qu'aujourd'hui je fuis comme la peste, quatre personnes sur cinq, pour ceux qui ont décidé d'aller voter, ne savent pas encore pour qui. Pour ma part, mon choix est quasiment fait. J'appartiens depuis toujours à la gauche de la Gauche. Depuis les présidentielles, par une suite de stratégies hasardeuses, et aujourd’hui collant au train de ce qui reste de jilets jaunes « militants » -qu'elle rejetait à son début- sans que je comprenne la stratégie ainsi recherchée, la France Insoumise que je soutenais a complètement gâché son potentiel électoral. Jean-Luc Mélenchon m'insupporte. C'est comme çà. Les idées politiques, je les caresse en faisant mienne totalement cette pensée de Nietzche : « Ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou ». Je retrouverai donc la France Insoumise plus tard et apporterai ma voix, comme Ada Colau, la Maire de Barcelone, à la liste, superbement menée par Ian Brossat, en souhaitant que ma voix lui permette de dépasser 5%, ce qui lui donnerai quatre députés. J'irai voter communiste, simplement, comme on va à la fontaine, et ce retour aux sources me convient parfaitement, dans ce contexte particulier d'un nouvel avenir pour l'Europe.

Je viens de terminer « Crépuscule », de Juan Branco, l'un des avocats des Gilets Jaunes, qui explique que « Ce texte vise à légitime la colère qui s'est déployée. Comprendre ce qui s'est joué. Il donne assise et raison à ceux qui se sont mobilisés. Il permet de démontrer – le mot est fort, il est justifié – qu'ils ont eu raison. Par les faits, loin de toute idéologie, il montre la nécessité d'un mouvement qui fait craindre à ceux qui possédaient, qu'ils pourraient perdre ce qu'ils avaient gagné ».

On disait déjà cela en Mai 1968 où l'on a fait trembler la bourgeoisie, qui s'est rapidement ressaisie...

C'est une enquête circonstanciée et juvénilisée qui, pour ceux qui s'intéressent à la politique depuis toujours, n'apporte rien de plus que ce qu'ils savaient déjà.... Si les intéressés en tirent profit, l’essentiel est aussi ailleurs, dans la domination non pas d’une bande, d’un groupe, d’individus, mais dans la logique d’un système qui s’appelle le capitalisme, avec les idéologies et les formes de conscience qu’il produit. Le Macronisme est un projet politique au sein de cette logique. Cette dimension manque un peu à un livre utile qui, sinon, se dévore avec, disons-le, une certaine gourmandise, si l'on est en quête de réponses.

Côté cuisine, je suis parti, une fois n'est pas coutume du côté de la Toscane pour préparer des gnudi, raviolis simplifiés en gardant la farce mais en supprimant la pâte , à base de ricotta et d'épinards, que l'on peut remplacer par du cresson ou des blettes, cuisinés dans un beurre de sauge ou tout simplement à la sauce tomate. Cette recette permet d'obtenir de jolies boulettes qui résistent à la cuisson dans l'eau bouillante sans se défaire et sans une grosse quantité de farine qui aurait tendance à changer la texture de nos gnudis.

C'est ce que j'appelle une recette élégante, et j'aime l'élégance. Vous la retrouverez sur le net  facilement sous la rubrique : gnudi à la ricotta et aux épinards, sauce tomate, et vous serez plongés sous le charme de cette merveilleuse Toscane.

Et j'ai très envie de partir un peu, au soleil.

 

 

 

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