Carnet

Jeudi 21 Février 2019 : Nîmes

 

Tout respire le printemps. Les oiseaux, les bourgeons, la qualité de bleu du ciel, mon verre de whisky, la tendresse et l'esthétique. Dans cette période si tendre, en apparence, jamais les actes, jamais les mots n'ont jamais été aussi violents, l'antisémitisme ressurgit des souterrains :

Les rats sortis la nuit
pour souiller Simone,
Simone,
Le visage de la France.
Ne cédons jamais.
Jamais.

Et, entourant le CRIF, beaucoup de monde, une conscience si précieuse, mardi soir, à Nîmes, devant Carré d'Art, pour dire NON à l'antisémitisme. :
Une Marseillaise rare, enclose, murmurante, douce, chaleureuse, fraternelle.

Et il nous faut, inlassablement, continuer...

Et je reçois, via Messenger, un message glaçant, acéré ce matin : « Mon cher Philippe, tu es un tout petit joueur. Vois tu de toi je n'aurai jamais cru...Ainsi va la vie comme quoi il n'y a pas qu'en politique, la trahison... »

 

"Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu'il a été créé. » (Albert Einstein).

 

Si j'ai au moins une qualité dans la vie, c'est de ne jamais avoir trahi personne... Ce n'était, certes malheureusement, pas un jeu. Celui qui a trahi n'est pas celui qu'on croit...

Envie de propreté, au propre et au figuré. Dans ces moments là, je pense à mon fils, la haut, au calme du petit cimetière d'Aiguilles, sous le grand ciel bleu du Queyras :

« Par un jour d'octobre mon fils et moi

nous sommes montés sur la Tour Eiffel

dans la clarté nous laissant emporter par l'ascenseur dans une cage d'air

Quitter Paris la Seine si sereine

et ses jardins endormis d'arbres gris

Atteindre enfin à l'étage aérien

et s'approcher du bord en hésitant

puis envoyer des bulles de savon

pour le plaisir de les voir s'envoler... »

 

Et je continue ma, première, lecture de Jean-Michel Houellebecq : « Sérotonine ». Les phrases sont plus longues que Marcel Proust. Et oui. Mais on les digère tout à fait facilement. Comme une continuité naturelle. "Sérotonine", le nouveau et mélancolique roman de Michel Houellebecq, est dans la droite ligne de toute son œuvre, pour ceux qu'ils l'on lut, mais en plus épuré, plus désespéré encore, et en même temps, plus tendre, habité par une folle humanité et par le désir inaccessible d’aimer encore dans une société suicidaire, ultra-libérale et individualiste.

 

Et puis, dans un contexte pas évident, mon assiette prend les couleurs de l'Italie en suivant pas à pas cette recette concoctée par le Chef Ignazio Messina : penne rigate aux gambas. Pour un repas à la fois convivial et sophistiqué,un savoureux plat de penne rigate. Une sauce aux gambas et au pesto de pistache enrobé délicatement les pâtes cuites "al dente". Quelques gambas entières légèrement poêlées, du persil plat pour la fraîcheur et il n'y plus qu'à savourer.

D'un n père et d'une mère siciliens, Ignazio Messina naît et grandit en Sicile. C'est sa grand-mère qui l’initie dès son plus jeune âge à l'art de la cuisine. Elle lui transmet son amour pour la gastronomie et la richesse du mélange des saveurs. La Sicile, nourrie d'Histoire et d'influences, a su conserver la variété et le goût des aliments, ainsi que le savoir faire de ses nombreux occupants. Étrusques, grecs, romains, byzantins, normands, arabes, espagnols, italiens... livrent désormais leur combat dans les assiettes de l'île.

 

Un homme qui n'aime pas l'Italie est toujours plus ou moins un barbare.” (Félicien Marceau)

 

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Photo : Ferrante Ferranti

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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