CARNET

Lundi 25Septembre 2017 : Nîmes

 

Voilà, subrepticement, nous sommes en automne. Et en ces derniers jours, c'est l'été indien, à Nîmes.

La Féria est derrière nous. Ma fille est descendue de son Queyras et j'ai du la raccompagner. chez elle et chez son frère, propriétaire de leur appartement sur trois niveaux. la porte est toujours ouverte. On ne ferme pas à clef. Veinards. Marnie-chat s'y déplace. Il y a toujours quelqu'un qui débarque. Bar ouvert et table ouverte. Pas de pollution, des copains à gogo. On y partage, largement, le pain et le vin. L'ambiance est rare, les opinions fusent. On y fume ? Oui. Quoi ? I' dont not... Ils me semblent détendus, décontractés, chaleureux, heureux... Et à Gauche. Je ne demande rien de plus.

 

« Tout ici chante la vie de naguère,

non pas dans un sens qui détruit le demain ;

on devine, vaillants, dans leur force première

le ciel e le vent, et la main et le pain.

 

Ce n'est point un hier qui partout se propage

arrêtant à jamais ces anciens contours :

c'est la terre contente de son image

et qui consent à son premier jour. » (Rainer Maria Rilke)

Et pendant ce temps, à Paris, le Parti socialiste a-t-il décidé de mettre en vente son siège, luxueux, de la rue de Solférino, dans le 7ème, tandis que Les Républicains, eux, hésitent encore à abandonner le leur de la rue de Vaugirard., dans le Xvème. Une affaire de finances, bien sûr : si les deux principaux partis politiques français ont en même temps les mêmes états d’âme immobiliers, c’est que leurs élus ont été décimés par cette grande faucheuse qu’ont été les élections législatives. Or, qui dit moins d’élus, dit moins de financements publics. Mais s’il ne s’agissait que de cela ! Ce problème de siège est bien plus encore, pour ces deux partis, un problème de fondement ou de fondations. À la vérité, socialistes et Républicains ne savent déjà plus où ils habitent, c’est-à- dire ce qu’ils sont, ce qu’ils font, à quoi ils servent, ce qu’ils vont devenir. Leurs gamberges immobilières ne sont que l’incarnation prosaïque de leurs états d’âme politiques.

Quand à Macron... J'observe, dubitatif.

Après Meursault contre enquête, je viens de commencer la lecture du dernier roman de Kamel Daoud : Zabor ou Les psaumes, publié chez Actes Sud. Zabor nous plonge dans un petit village isolé d’Algérie. Présenté par le Coran comme l’un des trois livres révélés par Allah avant le Coran, Zabor ici n’est pourtant pas un livre, c'est un garçon d’une trentaine d’année, orphelin de mère, repoussé par son père, dépeceur de moutons, et qui vit en marge du village, sans femme, mais dans la compagnie des livres. Mais chut … Né en 1970 à Mostaganem , Kamel Daoud a suivi des études de lettres françaises. Il est journaliste au Quotidien d’Oran – troisième quotidien national francophone d’Algérie –, où il a longtemps été rédacteur en chef et où il tient depuis douze ans la chronique quotidienne la plus lue d’Algérie. Ses articles sont régulièrement repris par la presse française . Il vit à Oran. Avec son dernier roman "Zabor ou les psaumes", l'écrivain algérien livre une preuve de sa foi en la littérature contre la bêtise humaine et contre l'islam radical. Il procède de la même veine que Tahar Jaout, autre écrivain, poète, romancier et journaliste algérien d'expression française, assassiné par le FIS en Avril 1994. Tahar Jaout à l'admirable parole : « Si tu te tais, tu meurs, si tu parles, tu meurs, alors dit et meurs. Respect.

J'ai entamé ce matin un jeûne de trois jours, après un été arrosé. Peut-être inconsciemment en hommage à Tahar Jaout. Purification physique dont j'avais besoin... ?

Une grande dame s'est éteinte hier à l'âge de 103 ans: Gisèle Casadessus, doyenne des comédiennes françaises. Respect.

 

 

 

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