Pourquoi j'irai voter à la primaire socialiste, pourquoi je voterai Aubry, et pourquoi je vous invite à faire de même

Pourquoi j'irai voter à la primaire socialiste, pourquoi je voterai pour Aubry, et pourquoi je vous invite à faire de même.

Certes, nous sommes bien d'accord, il faut que Sarko se casse !

Qu'il se casse, enfin, est une condition indispensable au devenir durable de notre démocratie.

Mais ce n'est en aucun cas une condition suffisante à un véritable renouveau de celle ci.

Je vais donc aller voter à la primaire socialiste.

J'irai parce que, non seulement il nous faut choisir un candidat crédible, capable de mettre à la porte ce président de la honte,

mais de plus, il nous faut porter à la tête de notre pays un homme ou une femme capable de tracer un chemin, de donner un sens, d'avoir une vision...

pour nous Français, pour nous Européens, mais aussi pour nous Citoyens de la planète.

Nous sommes dans un moment de notre histoire où tout un système arrive à bout de souffle. Nous ne sommes plus dans une simple crise conjoncturelle, mais dans LA crise structurelle profonde qui remet en cause les fondations de tout notre système économique et démocratique.

Or si l'on se retourne sur le passé, le capitalisme a toujours été chercher la résolution de ses crises dans des épisodes violents, dont la dernière guerre mondiale...

Nous sommes donc dans un moment de notre histoire où, sincèrement, nous ne pouvons pas confier les commandes à n'importe qui ;

la démocratie et la paix durable, telles que nos générations actuelles les ont toujours connues, sont en jeu.

Crise de la dette, vis à vis des peuples qui depuis 200 ans, sous la contrainte, ont alimenté un véritable transfert de richesse vers nos pays et ont financé notre développement.

Notre rapport au monde, à l'immigration, aux révolutions en cours...

Crise de la dette écologique, chacun sait aujourd'hui ce qu'il en est, et constate l'incapacité de ceux que l'on a élu a apporter des solutions crédibles.

Notre rapport au toujours plus, notre rapport à la technologie et au progrès, notre rapport à la nature...

Crise de la dette financière, cela se passe de commentaire, tant le spectacle est lamentable

Notre rapport à la démocratie, aux lieux de pouvoir, aux véritables choix, à la démagogie...

Si nous ne sommes pas capable de régler aujourd'hui ces dettes, ce seront, nous même ou nos propres enfants qui la régleront dans la violence, le sang, et la régression...

Aujourd'hui, ce qu'il s'agit de préserver avant tout, est tout simplement notre "savoir vivre ensemble, en paix, durablement"

Cela passe par la solidarité...

 

Cela passe par l'éducation...

 

Cela passe par la simplicité et la sobriété...

 

Cela passe par un approfondissement de notre démocratie, et l'exemplarité morale de nos leaders...

Cela ne passe pas par la dictature du court terme (dictature des sondages, des finances, de l'effet d'annonce etc...),

Cela ne passe pas par une économie qui n'a comme moteur, et comme étalon de valeur que le taux de profit.

Cela ne passe pas par la limitation de la pensée économique à une nécessaire restriction des prélèvements obligatoires et au jeu du marché ;

après tout si les prélèvements obligatoires atteignent 40, 45 voire 50% de notre PIB, cela signifie juste que l'on affecte 40, 45 voire 50% de notre richesse au vivre ensemble : éduquer nos enfants, soigner ceux qui en ont besoin, vivre avec une certaine sécurité, nous déplacer sur des routes, dans des transports en commun... Il est temps de dire et d'assumer au rebours de la pensée unique, que cela n'a rien de choquant dans une société dite "développée". Au contraire ce qui est choquant, c'est la remise en cause de toute la qualité de ce vivre ensemble, qui nous est imposée par un rouleau compresseur idéologique et primaire, dont on mesure les dramatiques conséquences aujourd'hui.

Savoir vivre ensemble, en paix, durablement, tout en restant innovant, inventifs, créatifs, ouverts sur l'autre et le monde...

Cela ne passe pas par le "grand soir", l'histoire nous l'a appris.

Mais cela ne passe pas, non plus, par un simple petit toilettage en rose de tout notre système, avec pour leader des gens qui se révèlent être très fort pour naviguer entre 2 eaux, sans jamais prendre vraiment le cap et le tenir.

Nous avons besoin d'un (ou une) président(e) capable de conduire et d'accompagner une véritable mutation de notre société, avec tout le réalisme que cela suppose, mais aussi avec l'intime conviction de la route à suivre.

Confirmer à gauche celui qui, selon les sondages, auraient le plus de chance de battre Sarkozy, c'est regarder à très court terme, et rester dans la non solution.

Il y a un tel discrédit en face, cela nous offre, aujourd'hui, une chance... Nous avons le choix entre plusieurs candidats capables, chacun, de mettre un terme à cette présidence désastreuse.

Ne nous arrêtons donc pas aux sondages, ne nous arrêtons pas au court terme.

Il n'y aurait rien de pire que d'avoir une présidence se disant de gauche, mais qui ne serait qu'un clone d'une ... espèce de nouvelle présidence "Chirac" à l'étiquette plus ou moins socialiste !

très habile politique, mais bien piètre homme d'état,

fort capable de slalomer, de s'appuyer sur tel ou tel (sans être trop regardant),

de s'arranger au moment voulu avec ses principes pour plaire un peu à droite, un peu à gauche...

(exemple à ce jour : la position sur le non cumul des mandats qui est significative de l'importance accordée à un véritable renouveau de notre vie politique, la république exemplaire, il faut en prendre les moyens).

Il n'y aurait rien de pire qu'une présidence "dite socialiste" qui serait décevante, elle ouvrirait la porte à une infâme mayonnaise démagogique, de fric, d'intolérance et de populisme mixant "Copé-Le Pen" pour 2017.

Non, nous n'avons pas besoin d'un habile politicien, mais de quelqu'un qui tienne véritablement la barre, car le gros temps est devant nous et notre démocratie est devenue fragile.

 

Et pour cela, de par les expériences à des postes exécutifs qu'elle a assumées,

de part ce qu'elle a déjà réalisé

de par, les gens dont elle s'est entourée et qui lui font confiance,

de par la probité dont elle est porteuse,

de par la clarté de sa ligne, et la cohérence de ses positions et actions

de part le sérieux et l'efficacité avec laquelle elle a remis en état un parti socialiste, qui fut bien malade à une époque où son leader était tout autre,

c'est à Martine Aubry que je fais confiance.

Philippe

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